jeudi 31 janvier 2019

HEROES IN CRISIS #5, de Tom King et Clay Mann


Ce cinquième chapitre de Heroes in Crisis permet à l'histoire de dépasser sa moitié et donc de franchir une ligne dans l'affaire des crimes commics au Sanctuaire. Tom King lâche au moins une info décisive tout en en gardant sous le pied, fidèle à son style. Et Clay Mann en profite pour assurer le show grâce à des planches magnifiques.


Blue Beetle a permis à Booster Gold de s'évader du Hall de Justice. Chez Ted Kord, les deux amis réfléchissent au moyen de disculper Michael Carter des meurtres du Sanctuaire tout en piègeant le coupable. Booster a une idée rocambolesque.


De son côté, Batgirl, qui cache toujours à Batman son alliance avec Harley Quinn (l'autre suspecte), convainc son mentor de lui laisser sonder Skeets, le petit robot de Booster Gold pour localiser ce dernier.


Obligés d'informer le public maintenant que l'existence du Sanctuaire est connue de tous, Superman et Wonder Woman donnent une conférence de presse dans laquelle ils expliquent la fonction de l'endroit et ce qui s'y est passé.


Superman fait la promesse que le coupable sera trouvé et que les civils peuvent continuer à faire confiance aux super-héros. Grâce à l'aide menançante de Harley, Batgirl fait "parler" Skeets. Booster Gold piège Flash et lui dérobe son rapport d'enquête sur le Sanctuaire.


En examinant les éléments collectés par Barry Allen, Michael Carter indique une anomalie à Ted Kord sur le cadavre de Wally West. Mais c'est alors que Batgirl et Harley Quinn surgissent dans leur repaire.

J'ai une conviction et elle n'engage que moi : je pense que les lecteurs de BD lisent trop rapidement. Ils se concentrent sur le texte, survolent les images, referment l'ouvrage et passent au suivant. En vérité, ils consomment de la BD plus qu'ils ne la lisent attentivement.

Cela aboutit à des reproches fréquents contre certains auteurs qui écriraient des histoires vite lues. C'est assez savoureux et injuste car les lecteurs réclament des "page-turners" efficaces mais déplorent d'oublier ce qu'ils racontent aussitôt consommés. Et lorsque la narration se fait plus (trop ?) lente, alors c'est le procès de la "décompression" où l'auteur chercherait à gagner du temps au lieu d'aller à l'essentiel (un peu de la même façon que l'abondance de dialogues passe pour du bavardage, même si c'est aussi par ce biais qu'on caractérise les personnages et délivre des informations sur l'intrigue).

La mission des scénaristes devient un numéro d'équilibristes où il faut donc aller vite sans donner l'air de se précipiter, en dire assez sans parler trop, intriguer sans donner le sentiment de jouer la montre. En cela, Heroes in Crisis est une saga qui a valeur d'épreuve car Tom King oblige le lecteur à se plier à son rythme de diffusion d'informations et de dévoilement d'indices tout en proposant un commentaire sur ces events où la mort d'un ou plusieurs personnages n'est pas qu'un rebondissement (l'auteur l'a d'ailleurs récemment expliqué en disant que son but n'était pas de surenchérir dans le spectaculaire, estimant que rien de plus ne pouvait être produit, mais plutôt de manipuler les images pour inviter le lecteur à y réfléchir).

La première page de ce cinquième épisode présente Booster Gold dans le "confessionnal" du Sanctuaire. Il ôte sa visière sur laquelle il y aurait une tâche pour l'essuyer avant d'interroger celui à qu'il s'adresse hors-champ (le lecteur lui-même en fait) sur le fait que sa visière est parfaitement propre. Mais peut-être est-ce seulement lui - ou nous - qui y voyons une tâche.

King est un adepte de ce genre d'astuce : ce petit speech de Booster Gold nous invite à considérer que nous et les héros qui enquêtent sur les meurtres commis au Sanctuaire ont la vue troublée non pas par les faits mais par un écran de fumée. Il faut regarder de plus près. Ou, comme le lecteur, lire moins vite. Pour considérer justement et attentivement ce qui s'est joué. Ce qui a toujours été sous notre nez sans qu'on y ait jusqu'alors prêté attention.

Heroes in Crisis commente alors, subtilement, la différence entre la lecture et la consommation. Si on va trop vite en besogne, si on ne prend pas son temps, l'essentiel risque de nous échapper. Il faut lire moins vite pour apprécier et l'histoire (dans sa globalité) et la situation (dans son détail). Car, c'est bien connu, le diable est dans les détails. Et cela, Booster Gold s'en rend compte quand il observe avec vigilance et opportunité une image prise d'un cadavre du Sanctuaire.

En parallèle, King développe un autre commentaire sur la confiance placée dans les super-héros au moment où le public apprend qu'ils fréquentent un établissement secret pour soigner leurs traumatismes psychologiques. D'abord, peut-on encore compter sur des êtres prétendument infaillibles, surhumains, mais qui suivent des thérapies psychologiques ? Et ensuite, si on choisit de leur faire confiance malgré cela, comment se fait-il que cette clinique secrète ait quand même été le théâtre d'assassinats commis par on se ne sait qui ? La tragédie du Sanctuaire expose les failles multiples des super-héros, qui sont sujets au stress post-traumatique, et qui sont incapables de veiller sur leurs pairs. Ces héros peuvent-ils alors encore protéger les simples humains dans ces conditions ?

Cette partition sensible et profonde requiert un dessinateur remarquable pour exprimer le doute tout en conservant la majesté des acteurs. Et Clay Mann accomplit ce travail avec brio.

A l'exception d'une page (lorsque Clark Kent prépare son discours pour la conférence de presse en compagnie de Lois Lane) dessinée par Travis Moore (dont le style est similaire à celui de Mann, ce qui ne troublera donc personne), la trentaine de pages de l'épisode est bluffante. Qu'il s'agisse de montrer Booster Gold et Blue Beetle complotant dans un appartement négligé un plan à la fois idiot et ingénieux (précisément parcce que son idiotie le rend imprévisible) ou de représenter Superman s'exprimant devant un pupitre, soutenu par Wonder Woman, en tentant de rester maître de lui-même, Mann brille en toutes circonstances.

Il nous gratifie, durant le speech de Superman, de vues sur plusieurs héros en action, "au travail" en somme - ce travail usant et altruiste. Cela donne des images superbes, composées inventivement ou plus classiquement : les héros DC y affichent cette noblesse de demi-dieux typiques en même temps que le texte souligne leur fragilité - le contraste est exemplaire, tout comme la colorisation de Tomur Morey (dont la contribution est essentielle - voir une pleine page comme celle du Shining Knight face au dragon).

Lorsqu'on sait que King va désigner le coupable avant le dernier épisode (où il exposera son mobile), et avec ce qui apparaît discrétement dans ce chapitre, on se dit que Heroes in Crisis n'a pas fini de captiver et de surprendre.
   
La variant cover de Ryan Sook.

lundi 28 janvier 2019

NAOMI #1, de Brian Michael Bendis, David F. Walker et Jamal Campbell


Naomi est la deuxième série estampillée "Wonder Comics", après Young Justice (et avant Wonder Twins et Dial H, à venir en Février). Brian Michael Bendis en est le créateur mais il partage l'écriture avec David F. Walker et le dessin a été confié à Jamal Campbell. Ne vous fiez pas aux apparences : sous ses airs modestes, le titre est ambitieux car ses auteurs veulent en faire le point de départ d'une addition comparable au "Quatrième Monde" de Jack Kirby !


Une petite ville de l'Oregon est le théâtre d'une brêve bataille entre Mongul et Superman, que celui-ci remporte facilement. L'événement met la jeunesse de cette localité en émoi. Sauf Naomi, qui a raté la scène.


Ruminant sa frustration, cette adolescente afro-américaine de dix-sept ans a pourtant droit à une seconde chance quand son amie Annabelle la prévient par texto que l'homme d'acier est de retour. Mais sa visite est plus calme et aussi rapide que la précédente.


En échangeant avec sa psychothérapeute, Naomi confie avoir l'impression d'être passée à côté de quelque chose d'important pour elle, pas seulement par rapport à Superman. Peut-être parce que comme lui, elle a été adoptée et se sent spéciale.
  

Après qu'un camarade du lycée ait mentionné un précédent événement similaire il y a longtemps, Naomi interroge plusieurs adultes, qui jurent ne se souvenir de rien. Mais la jeune fille est certaine qu'on lui ment.


Elle décide alors de questionner l'impressionnant Dee, garagiste. Et lui confirme que la bourgade n'en est pas à son premier choc. Le premier a eu lieu il y a dix-sept ans, un quatorze Mars. Le jour de l'adoption de Naomi.

De tous les projets mainstream qu'il a amorcés chez DC depuis son arrivée, Naomi pourrait bien être le plus important pour Brian Michael Bendis. C'est en tout cas le premier où il affiche clairement sa volonté d'enrichir la continuité de l'éditeur tout en créant un personnage original.

Et il l'assume avec ce qui peut passer pour du panache ou de la prétention car Naomi annonce un secret aussi important que la création du Jack Kirby's Fourth World, qui a donné les New Gods, Mister Miracle, Darkseid, Apokolips, New Genesis, etc. Tout ça en partant d'une ado de dix-sept ans dans l'Oregon.

Selon qu'on sera bien disposé ou pas, l'entreprise a de quoi intriguer et accrochera (ou pas). En partageant l'écriture avec David F. Walker (sans doute selon le schéma suivant : Bendis et Walker conçoivent l'intrigue ensemble, puis Walker rédige le script que Bendis valide et corrige le cas échéant), Bendis a quand même sans doute dû céder à un emploi du temps déjà bien chargé et délégué.

Mais ce premier épisode, essentiellement introductif, ne trompera personne : les éléments sont "Bendisiens" au possible, avec une jeune héroïne métisse, adoptée, apprentie détective, bref un mix entre Miles Morales et Jessica Jones. Superman fait deux apparitions aussi. Et les dialogues occupent une place essentielle (c'est donc "bavard" selon les critères des grincheux qui, apparemment, souhaiteraient lire des comics muets).

La partie graphique est l'oeuvre d'un jeune artiste, Jamal Campbell, qui travaille en free-lance (mais à qui DC aurait tout intérêt de faire signer une contrat d'exclusivité). Il assume dessin et encrage et le résultat est excellent.

Tout d'abord, il maîtrise parfaitement son découpage en diversifiant beaucoup ses effets, que ce soit des doubles pages en continuité séquentielle ou des "gaufriers" de douze cases en passant par des échanges entre deux personnages dominés par des vignettes occupant toute la largeur d'une bande. C'est toujours admirablement fluide et tonique.

Ensuite, sur la base d'un casting majoritairement jeune, Campbell est très à l'aise et les anime de manière très expressive, qu'il s'agisse de leurs visages ou de leur gestuelle. Les compositions de chaque image prouve que le dessinateur sait placer les éléments de manière aérée et harmonieuse (même s'il est évident qu'il travaille les décors avec des fichiers numériques).

Qu'on ne se méprenne pas : le cliffhanger est assez convenu (on devine rapidement qu'il y a un lien entre ces visites de surhommes et l'héroïne, et que le fait qu'elle soit adoptée dissimule quelque chose tout comme l'attitude des adultes), mais c'est efficace. En commençant modestement tout en promettant gros, les auteurs piquent notre curiosité tout en veillant à livrer un épisode divertissant et mystérieux.

Naomi a tout pour être la véritable pépite du label "Wonder Comics" (sur lequel on fera un premier point le mois prochain avec ses deux dernières productions).
   
La variant cover d'Emanuela Lupacchino.

dimanche 27 janvier 2019

LUMIERE SUR... LUCAS WERNECK

Lucas Werneck

*

J'aime bien traîner sur Tumblr où je poste et reblogue des images qui me tapent dans l'oeil. Ce réseau social a beau avoir pris récemment un tour puritain (et très hypocrite, puisque, sous prétexte de faire la chasse au "contenus sensibles", il cible le nu, l'érotisme, mais laisse proliférer les blogs pornos et politiquement extrêmes), cela reste un endroit, un carrefour incroyable pour repérer des talents.

C'est ainsi que j'ai découvert Lucas Werneck, d'abord avec des pin-ups inspirés des héroïnes Disney (Mulan, Raiponce, la petite sirène...) puis de super-héroïnes et, dernièrement, de redesigns. Ma plus spectaculaire révélation a été la série d'images que je partage aujourd'hui : l'artiste a relooké les X-Men avec une classe fabuleuse, qui donne envie que Marvel s'en inspire (quand ils auront fini de faire n'importe quoi avec les mutants et de reporter aux calendes grecques le retour du titre-phare, Uncanny X-Men). 

En souhaitant aussi que l'éditeur confie ces héros à un scénariste et un dessinateur compétents (ça non plus, c'est pas gagné). En attendant donc, admirez le taf de Lucas Werneck.
  
Phoenix, Cyclops, Iceman 
 Kitty Pryde avec Lockheed, Storm, Wolverine, Nightcrawler
 Rogue, Gambit, Jubilee
 Emma Frost, Colossus, Magik, Psylocke, Angel
Magneto, Scarlet Witch, Quicksilver, Mystique, Juggernaut

FREEDOM FIGHTERS #2, de Robert Vendetti et Eddy Barrows


La maxi-série de Robert Vendetti et Eddy Barrows reprend après un démarrage prometteur. Mais attention ! la couverture du numéro n'a rien à voir avec l'intérieur de cet épisode de Freedom Fighters. Et d'ailleurs, on peut dire que le contenu aussi surprend par son minimalisme narratif...


Terre-X, où les nazis ont conquis l'Amérique en gagnant la seconde guerre mondiale. 73 ans après, une nouvelle génération des Freedom Fighters apparaît pourtant, après que la précédente incarnation du groupe a été décimée en 1963.


Après avoir fait sauter un musée où était exposée une toile représentant la défaite des premiers FF, l'actuelle formation fait face à la riposte du IIIème Reich : l'Iron Commander a été envoyé sur place pour éliminer ces terroristes sur ordre d'Adolph Hitler II.


Les civils présents sont sidérés car ils pensaient les héros morts mais aussi parce qu'ils ne les pensent pas capables de dominer le robot géant. Black Condor lâche Doll Woman qui s'infiltre dans la tête de la machine afin d'en pirater les données.


Human Bomb détruit l'Iron Commander pendant que Phantom Lady évacue les témoins via des portails dimensionnels. Les Freedom Fighters encouragent la foule à se révolter contre le régime.


Des tracts à l'effigie de l'Oncle Sam sont jetés d'un vaisseau récupérant le groupe. L'espoir renaît et, avec lui, peut-être la personnification de la justice. Le Reich doit rapidement trouver la parade.

Il semble acquis, une fois terminée la lecture de cet épisode, que Robert Vendetti, contrairement à ce qu'il fait avec Hawkman, va prendre son temps pour développer le récit qu'il a construit. Au moins pour le commencer car, après tout, il reste dix numéros, ce qui est à la fois beaucoup et peu.

En effet, le mois dernier, il situait l'action dans le passé avant de la conclure de nos jours : une exposition nerveuse de cette Terre parallèle où les nazis avaient remporté la seconde guerre mondiale et envahi l'Amérique du Nord, supprimant les dernières poches de résistance.

Mais, en fin de compte, on en tirait une impression de minimalisme. Les quelques scènes de l'épisode avaient de la consistance mais demeuraient modestes pour une saga en douze parties. C'est le même sentiment qui domine dans ce numéro.

Après l'exposition, place à l'action. Et rien qu'à l'action, peut-on ajouter, puisque cette vingtaine de pages prouve la puissance de feu, l'intelligence tactique et l'objectif des Freedom Fighters. De fait, la vedette du mois, c'est moins Robert Vendetti que son dessinateur, Eddy Barrows.

Le brésilien (car il travaille sous un pseudonyme) livre une copie puissante : l'intensité du combat entre l'Iron Commander et l'équipe est parfaitement traduite à grand renfort de pleines et doubles pages. L'encrage d'Eiber Ferreira et les couleurs de Brad Anderson soulignent admirablement le trait de l'artiste tout en le respectant (contrairement à leurs efforts conjugués sur Detective Comics, cette fois, par exemple, Anderson ne prend pas la liberté de peindre entièrement certaines images).

Barrows est, comme Ivan Reis ou Bryan Hitch, un héritier de Neal Adams : son style est réaliste et détaillé. C'est exigeant et chronophage, il faudra observer s'il tient une telle qualité sur un rythme mensuel (cela dépendra sans doute du nombre d'épisodes qu'il a déjà terminés car il ne fait aucun doute que la production a été entamée bien avant la publication). Mais, présentement, le résultat est bluffant, et le principe de l'épisode permet au dessinateur de prouver, lui aussi, de quoi il est capable - on peut même lire ce chapitre comme une démonstration de force de Barrows et des héros.

Néanmoins, tout n'est pas exempt de défauts et, sinon d'invraisemblances (qu'on aurait mauvaise grâce à dénoncer car le genre se prête naturellement à des extravagances), du moins des incohérences. Par exemple : Doll Woman est la veuve de Doll Man, assassiné en 1963. Or l'histoire se déroule en 2018 et il serait donc plus logique qu'elle soit la fille de celui dont elle a repris le pseudonyme... On peut aussi tiquer en notant que l'Iron Commander était mentionné en 1963, au stade expérimental (la première équipe des FF voulait saboter l'usine de sa construction), mais 51 ans plus tard, le IIIème Reich semble n'en avoir construit qu'un exemplaire... Enfin, comment une équipe aussi puissante et bien entraînée a-t-elle pu passer inaperçu tout ce temps ?

Comme l'autre maxi-série DC du moment, Martian Manhunter, Freedom Fighters ne semble pas parti pour rivaliser avec son modèle, Mister Miracle. Mais c'est un divertissement musclé et suffisamment accrocheur pour qu'on persévère. 

samedi 26 janvier 2019

AVENGERS #13, de Jason Aaron et Andrea Sorrentino


Comme le #7, ce nouvel épisode d'Avengers marque une pause dans le déroulement des histoires régulières de la série écrite par Jason Aaron pour se consacrer au portrait d'un des Vengeurs d'il y a un million d'années. Après le premier Ghost Rider (dessiné par Sara Pichelli) c'est au tour de la première Iron Fist, illustré par Andrea Sorrentino. Ou comment transformer une idée a priori saugrenue en vraie pépite.


Il y a un million d'années. Fan Fei, adolescente de quinze ans, doit répondre du pire des crimes commis dans la cité céleste de K'un Lun. Elle a enfreint l'interdiction d'enseigner aux premiers hommes les arts martiaux qu'elle a appris.


Jetés dans la fosse du dragon Shou-Lao, ses élèves sont sacrifiés mais elle se délivre de ses liens et défie la bête puis la tue. Pour cela, elle est bannie dix ans de la cité, le temps durant lequel elle ne sera plus reliée à la Terre.


En plongeant ses poings dans le coeur de Shou-Lao, Fan Fei a acquis le pouvoir de l'Iron Fist. Grâce à cela, elle peut se défendre et protéger les hommes contre les singes, en particulier les redoutables primates du clan Gorgila.


Une nuit, devant son feu de bois, Mephisto apparaît à Fan Fei sous la forme d'un serpent qui veut éprouver son ambition. Mais elle le repousse. Il se tourne alors vers le roi du clan Gorgila qu'il mène à une pierre d'infinité.


Fan Fei affronte le gorille transformé en duel. Si elle ne le vainc pas, elle rentre quand même à K'un Lun car la durée de son bannissement a expiré. Le dragon a ressuscité et la cité réclame sa championne. Mais elle préfère rester parmi les hommes pour les protéger.

De toutes les idées présentées par Jason Aaron depuis qu'il a pris en main la série Avengers, celle d'une équipe existant il y a un million d'années et qui aurait provoqué un événement dont les conséquences ont causé le regroupement de leurs descendants aujourd'hui m'a d'abord semblé la plus grotesque.

Et puis, en commençant à lire le premier arc narratif de la série (que je n'ai pas réussi à finir tant il était indigeste), je me suis dit que ce n'était pas pour moi. Jusqu'à l'épisode 7 qui dévoilait l'origine du premier Ghost Rider, un one-shot épatant, concis, efficace, tout ce que n'était pas ce qui l'avait précédé. 

J'ai ensuite lu et critiqué l'arc suivant, attiré par la présence au dessin de David Marquez, mais Aaron a tellement massacré Namor que je n'ai pas insisté au-delà. Lorsque la preview de ce n°13 a été diffusé, j'ai pourtant su que j'allais l'acquérir.

C'est à nouveau un one-shot, à nouveau une histoire d'origine sur un de ses Vengeurs préhistoriques, et qui plus est Iron Fist. J'aime la mythologie de ce personnage depuis Immortal Iron Fist de Brubaker, Fraction et Aja (et bien avant, dans les années 70, grâce à la série de Claremont et Byrne).

Toujours aussi surprenant, Aaron accomplit ici ce qu'il semble incapable de répéter dans ses arcs habituels de la série : un récit dense, tonique, au potentiel incroyable. Surtout il transcende complètement ce concept de Vengeurs des âges anciens alors que, comme dit plus haut, je n'y croyais pas du tout. Le destin de Fan Fei est palpitant, intrigant, connecté aux pierres d'infinité, à Mephisto : c'est tout simplement fantastique. C'est cette histoire que devrait raconter Aaron, quitte à sacrifier les Avengers modernes, comme une vraie trame parallèle et plus fréquemment.

En prime, comme pour le chapitre du Ghost Rider, il est associé à un artiste d'exception, même si le résultat détonne. En effet, si on reconnait Andrea Sorrentino grâce à son découpage fou, avec des cases aux formes insensées, à leur succession si inventive, ses fans seront surpris par le traitement appliqué par le coloriste Justin Ponsor.

Ce dernier (qui se remet d'une grave maladie l'ayant obligé à réduire ses prestations ces derniers mois) a littéralement repeint sur les dessins de l'italien. Cela provoquera sans doute des réactions diverses sur la liberté prise ou accordée à Ponsor, mais, pour ma part, j'ai trouvé cela magnifique, adoucissant le trait de Sorrentino sans le dénaturer.

On a droit à des pages sublimes, d'une beauté graphique hypnotique, qui rend chaque scène mémorable. Qu'il s'agisse de représenter le dragon, Mephisto (en serpent tentateur), le gorille adversaire de Fan Fei, ou K'un Lun, le rendu est saisissant. Et les scènes de combat sont d'une puissance et d'une élégance sidérantes.

Du coup, on se prend à rêver sur les prochaines incursions dans le passé (même si Aaron prend d'énormes libertés avec l'Histoire - par exemple, comment justifer que les habitants de K'un Lun soient des homo sapiens à la physionomie parfaitement accomplie tandis que les terriens sont encore des sauvages à peine distincts des grands singes ?) et avec qui le scénariste racontera Odin, Agamotto, Black Panther, Starbrand, Phoenix...

Un programme en tout cas plus prometteur que le prochain arc d'Avengers avec comme adversaires... Des vampires.

PEARL #6, de Brian Michael Bendis et Michael Gaydos


Avec ce sixième épisode, Bria Michael Bendis et Michael Gaydos concluent le premier arc narratif de Pearl. Le premier, cela veut dire qu'il y en aura (au minimum) un second, et c'est désormais officiel, car la série a reçu un accueil critique et public suffisant pour se poursuivre. Que vaut, donc, cette fin qui n'en est pas une ?


En se présentant presque en même temps chez Mr. Miike, les jumeaux Endo et Pearl Tanaka ont eu en vérité la même idée : exiger du parrain yakusa une cessation des hostilités entre leurs deux familles.


Pearl profite du moment pour laisser Miike règler les formalités de cette trêve avec les Endo et repart, tranquillement, avec Rick Araki, qu'elle a donc sauvé une nouvelle fois de la mort. Il lui reste une dernière chose à faire avant de quitter San Francisco.


Et cela la conduit au pénitencier où son père purge une peine de prison pour la mort de sa femme, la mère de Pearl. Cette dernière sait qu'il est innocent et veut connaître le nom du vrai meurtrier ainsi que faire libérer son père.


Mais il ne lui livre aucun nom, à cause d'un arrangement passé avec Miike. En revanche, il lui explique que la mère de Pearl n'était pas une tueuse yakusa mais la chef de son clan - un secret bien gardé mais respecté par ses hommes et craint de ses ennemis.


Sur la promesse d'honorer sa mère, Pearl s'en va. Rick veut l'accompagner dans la suite de son aventure. Mais le couple ignore que désormais ils ont des anges gardiens en la personne des jumeaux Endo.

A la fin de cet épisode, Brian Michael Bendis adresse aux lecteurs une lettre à la fois très drôle et instructive. Il revient sur le succès en salles de Spider-Man : Into the Spider-verse (Spider-Man : New Generation chez nous), dont le héros est sa création, Miles Morales, puis l'excellent accueil fait par le public à ses productions chez DC, aussi bien avec Superman, Action Comics, Young Justice et le label "Jinxworld", en attendant les autres titres de la gamme "Wonder Comics". Il annonce aussi son prochain gros chantier : Leviathan, avec Alex Maleev (attaché au Bat-verse).

A plus long terme, il s'interroge sur un nouveau volume de Scarlet (mais semble vouloir en rester là car le dénouement paru les satisfait, lui et Maleev), confirme la poursuite de Cover (avec David Mack), une suite à United States vs Murder Inc. (certainement pas avant 2020, car Mike Avon Oeming va réaliser une reprise de Dick Tracy). Et donc un Book Two pour Pearl dès Mars prochain.

Le destin du titre étant défini, cela impacte forcément la fin de ce "Livre Un". Evidemment, quand un auteur a l'assurance de pouvoir continuer son histoire, il ne la boucle pas vraiment. Et il faut bien que j'avoue que ça m'a un peu gâché l'affaire.

J'espérai que Pearl s'achève vraiment avec un bon climax, même si je comprends la direction que veut prendre Bendis. Je ne sais pas si je lirai l'acte II, mais c'est alléchant, je le reconnais. Je me suis attaché à cette héroïne. Néanmoins, cet épisode tombe un peu à plat, manque d'intensité, pèche par une certaine désinvolture (à l'image du règlement du conflit entre les Endo et Miike, traité hors champ). Contrairement à Mark Millar, qui s'arrange toujours pour que le premier acte soit déjà percutant en soi, Bendis choisit de garder l'essentiel pour demain (en l'occurrence, qui est l'assassin de la mère de Pearl).

Bon, attention, je n'ai pas dit que je n'aimais pas, c'est même asse culotté de terminer ce premier mouvement de cette façon. Et puis on a quand même droit à un secret dévoilé étonnant (le vrai rôle de la mère de Pearl chez les Yakusa, sans oublier la situation réelle de son père). Tout ça est par ailleurs cohérent avec la narration de la série, ce feu sous la glace bien entretenu.

Et puis Michael Gaydos livre encore une fois des planches superbes. Je lui reprocherai juste de retomber dans son travers passé du copié-collé pour la scène d'ouverture, en fait un plan-séquence de plusieurs pages, mettant en scène le premier meurtre de Pearl (plus accidentel qu'intentionnel ou prémédité). Un moment assez superflu d'ailleurs.

Mais Gaydos, c'est aussi ce dessinateur capable de concentrer en une pleine page un dialogue dans une voiture (tout le contraire donc de la première scène), ou, avec une succession de gros plans sur des visages de rendre la conversation entre un père et une fille tendu, émouvant, tendre, et mystérieux, d'une finesse remarquable.

Pour cela, l'artiste s'appuie sur une modèle pour son héroïne, un spécialiste de tatouages pour créer celui dessiné sur la peau blanche de Pearl, et un usage des couleurs réduites au possible et pourtant traduisant fabuleusement les ambiances.

Je suis donc un peu mitigé, et incertain. Le septième épisode sortira le 3 Mars prochain, je le lirai sans doute, au moins par curiosité, et, simplement, s'il le plait, ce sera reparti pour un tour, avec critique ici. 

vendredi 25 janvier 2019

AQUAMAN #44, de Kelly Sue DeConnick et Robson Rocha


"All-New" Aquaman dit la couverture (je n'ai pas souvenir de cette mention le mois dernier), mais ça souligne bien la démarche entreprise par Kelly Sue DeConnick, et appuyée par DC, d'écrire le héros comme une page blanche. Toujours en compagnie de Robson Rocha, la scénariste avance lentement mais dans une ambiance intense.


Atlantis. Mera tente d'invoquer Arthur Curry grâce au pouvoir qu'elle a sur l'eau et sa mémoire, mais elle ne ressent rien. Lady Elena est tout aussi soucieuse qu'elle car le royaume s'impatiente de l'absence de son roi et des prétendants convoîtent le trône.


Ignoran tout de cela puisque devenu amnésique, Aquaman s'adresse sur l'île où il a échoué à Wee, une vieille femme dont on prétend qu'elle serait sorcière. Elle répond par énigmes à ses questions et lui donne rendez-vous le soir sur la plage pour plus de clarté.


Aquaman tente ensuite de convaincre Caille d'aller avec lui à la rencontre de sa mère, Namma, exilée sur une île voisine. Mais elle s'y refuse. Il mentionne alors le rendez-vous donné par Wee.


Le soir venu, dix habitants de l'île procèdent à un étrange rituel sur la plage en invoquant de dieux marins. Aquaman les rejoint avec Caille et dépose une offrande dans un feu de bois en espérant des réponses sur son identité et sa présence ici.


Mais trois hommes du groupe l'empoignent pour tenter de le noyer. Il se rebelle avant de réaliser qu'il peut respirer sous l'eau, tout comme il peut agir sur ses mouvements...

La narration empruntée par Kelly Sue DeConnick a divisé les lecteurs de son premier épisode sur la série et ce n'est pas ce numéro qui va modifier l'opinion. La scénariste prend toujours son temps et privilégie l'atmosphère à l'action (pas de bagarre, encore moins d'éléments folkloriques comme le costume, la manifestation de super-pouvoirs - hormis à la toute dernière page et durant la cérémonie des dix sur la plage).

Cela m'a rappelé la démarche de J.M. Straczysnki sur Thor, où il avait consacré ses deux premiers chapitres au retour du dieu du tonnerre et la restauration d'Asgard dans le paysage du Colorado (après, ça s'agitait davantage, lors d'un duel tonitruant contre Iron Man, la résurrection d'autres asgardiens, etc.).

Le risque avec ce genre de relation, c'est de perdre le fan de comics qui achète pour l'action, le grand spectacle, les costumes bariolés. Mais le même lecteur aurait tort de s'impatienter trop vite car DeConnick profite de l'amnésie et de la situation isolée géographiquement d'Aquaman pour, visiblement, redéfinir profondément le héros.

En définitive, Arthur Curry est défini par son statut de roi d'Atlantis, d'époux de Mera, de membre de la Justice League, de souverain des Sept Mers. Mais tout cela écarte le fait qu'il est un métisse, fruit des amours d'un homme et d'une atlante. En ne sachant plus qui il est, son aventure devient de se retrouver et peut-être, une fois ceci fait, de se réinventer.

C'est suggéré de manière habile par la scène d'ouverture où Mera doit se préparer à des prétendants au trône, alors qu'elle-même n'est pas non plus une pure atlante (ce qui semble l'éloigner de la régence). Pendant ce temps, Arthur comprend que sur l'île où il est, un groupe d'habitants invoque des divinités marines, semble en savoir long sur lui, attende qu'il agisse sur un point précis (Namma, la mère de Caille, qui aurait maudit leur île). En fin de compte, ce site devient symbolique : comme la série actuelle, c'est le lieu où Aquaman va être recréé.

Tout cela est donc une expérience et il faut s'y abandonner. Les dessins, magnifiques, de Robson Rocha sont un atout indéniable pour "supporter" les détours du scénario, son rythme languissant, son ambiance atypique (on n'est pas si loin d'Isola).

Rocha représente Aquaman non pas comme un super-héros, mais comme une sorte de hobo, de naufragé, de Robinson, avec des réactions, des émotions, bien terre-à-terre. On n'est plus du tout dans la logique de Geoff Johns avec le "héros de personne", raillé, qui parle aux poissons, brandit un trident. Le roi est nu, le héros est perdu, paumé. En lui conférant un surcroit d'humanité, Aquaman devient attachant, troublant. Parfois, c'est en dépouillant un super-héros qu'on le rend à nouveau intéressant parce qu'inattendu.

J'adhère à cette proposition tout en étant convaincu que cela finira par bouger. Kelly Sue DeConnick et Robson Rocha osent quelque chose, soutenons-les.

La variant cover de Rafael Albuquerque.

SHAZAM !#2, de Geoff Johns et Marco Santucci


La sortie de ce deuxième épisode de Shazam ! a lieu avec cinq semaines de retard sur la date prévue et sa réalisation a dû être rocambolesque puisque le dessinateur a changé pour qu'il soit quand même disponible ! Reste que si la lecture demeure malgré tout agréable, pas sûr que Geoff Johns avec Marco Santucci publient le "vrai" Shazam !...


Bouleversés par la visite tardive et surprise du présumé père biologique de Billy Batson, Rosa et Victor Vasquez appellent les services sociaux pour réclamer des explications. Puis ils se résignent à aller réveiller Billy...


 ... Mais celui-ci a disparu de sa chambre avec les autres enfants adoptés par les Vasquez. Billy, Mary, Freddy, Eugene, Darla et Pedro sont dans le Rocher d'Eternité, au coeur de la Station, examinant la carte des Sept Pays Magiques qu'ils ont découverte.


Ils décident d'explorer ces territoires en commençant par celui qui semble le plus rassurant : Funland. Ailleurs, pendant ce temps, le Docteur Thaddeus Sivana consulte un médecin pour délivrer un sort dans l'Encyclopédie des Monstres, sur le conseil de Mr. Mind.


Ignorant le projet de Sivana de reformer la Société des Monstres, les enfants adoptés par les Vasquez sont arrivés à Funland, qui ressemblent à un vaste et très peuplée parc d'attractions. Pour le visiter, ils se séparent en trois binômes.


C'est alors qu'un train de friandises, conduit par King Kid, arrive et interpèle Billy en se présentant comme le septième champion de Shazam !

Revenons un instant sur les conditions de la production de cet épisode : peu après la sortie du #1, DC communique pour prévenir que le suivant connaîtra un retard de cinq semaines sur la date prévue de sa livraison. Pas d'explication sur les raisons de ce délai, même si on sait que Dale Eaglesham (qui se passe d'encreur) n'a jamais été rapide et que Geoff Johns, visiblement surbooké, connaît aussi des problèmes identiques avec sa maxi-série Doomsday Clock (avec Gary Frank).

Les solicitations de DC confirment pourtant que Eaglesham sera l'artiste régulier de la série. Mais, rebondissement : quand la preview est diffusée sur les sites spécialisés, les lecteurs découvrent que c'est Marco Santucci qui dessinent l'épisode. Je n'ose même pas imaginer dans quelles dispositions ce dernier a dû livrer la vingtaine de pages, appelé en catastrophe.

Et nous arrivons à la critique de Shazam ! #2 : il faut saluer la véritable performance de l'artiste qui, sans faire oublier Eaglesham, a bien du mérite et surtout s'en sort plus que brillamment. Je connais mal le travail de Santucci mais travailler ainsi est particulièrement ingrat (et indigne). Pour une série qui doit accompagner le lecteur jusqu'à la sortie du film du même nom (bien que distinct de la trame choisie par Johns... Allez comprendre !), DC s'y prend vraiment n'importe comment.

Visuellement, l'épisode est étonnamment abouti, avec une richesse dans les détails plus méritoire. Santucci doit animer tout un chapitre sans le héros en costume et se débrouille mieux que bien avec la bande de gamins ou les passages avec Mr. Mind et Sivana - même si on tiquera sur l'apparence de ce dernier, qui n'a plus rien à voir avec le personnage original mais ressemble à Mark Strong, son interprète au cinéma.

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête car il contient en germes tout ce qui cloche dans Shazam ! selon Johns. Déjà, le scénariste ne s'est pas embarrassé pour rendre son livre accessible puisqu'il reprend exactement les choses où il les avait laissées durant le précédent statu quo de DC ("New 52"). Tant pis pour vous si vous n'avez pas lu à l'époque...

Pour ma part, j'ai dû faire un détour par Wikipédia pour savoir qui était qui, en particulier les enfants adoptés par les Vasquez comme Darla, Pedro et Eugene. Mais il y a aussi de quoi s'interroger sur les versions de Freddy Freeman, toujours avec sa béquille mais devenu blond et déguingandé, ou Mary Marvel, qui semble être l'aînée de cette fratrie.

Cette nouvelle formation est dérangeante, pas seulement par son nombre, mais parce qu'elle dilue le concept même de Shazam ! reposant sur un héros ayant reçu les facultés de plusieurs dieux (Salomon, Hercules, Atlas, Zeus, Mercure). Même s'il les a ensuite partagées avec Freddy et Mary, là il les donne aussi à trois autres gamins, ce qui diminue l'impact.

C'est pour cette raison que j'estime que Johns n'écrit pas le "vrai" Shazam - d'ailleurs le héros et ses partenaires n'utilisent plus de pseudonymes (parce que Marvel a récupéré les droits du nom "Captain Marvel", mais quand bien même, DC pourrait exploiter Captain Thunder, puisque c'est ainsi que Billy Batson était nommé durant la saga Flashpoint... Ecrite par Geoff Johns).

Enfin si Johns a assez de métier pour rendre son récit fluide et surprend par une certaine légèreté de ton, il court beaucoup de lièvres à la fois entre l'exploration des Pays Magiques, l'apparition de King Kid qui prétend être aussi un héritier du Sorcier, la quête de Sivana et Mr. Mind pour recomposer la Société des Monstres, le père biologique de Billy Batson... Attention !

Pour conclure sur une bonne note quand même, on appréciera aussi ce numéro pour la variant cover de Chris Samnee, sa première commande par DC depuis son départ de Marvel. Et si DC lui filait les dessins de Shazam ! ? (Plus de retard et toujours la qualité, je dis ça, je dis rien...)
      
La variant cover de Chris Samnee.