mercredi 15 août 2018

PUR-SANG (THOROUGHBREDS), de Cory Finley


Tourné il y a deux ans, Pur-Sang (aussi référencé fréquemment sous son titre original : Thoroughbreds, pour une fois traduit littéralement) n'est sorti en salles qu'en 2018. Le film de Cory Finley doit son exploitation tardive en France certainement à la présence d'Olivia Cooke au générique de Ready Player One (le dernier Spielberg) et d'Anya Taylor-Joy (l'autre comédienne qui monte). Quoiqu'il en soit, cette teen comedy noire vaut qu'on s'y arrête pour sa qualité formelle et son humour macabre irrésistible.

 Lily et Amanda (Anya Taylor-Joy et Olivia Cooke)

Amanda est une adolescente issue de la grande bourgeoisie du Connecticut. Mais elle doit sa renommée à un geste de cruauté ahurissant puisqu'elle a euthanasié son pur-sang avec un couteau.
Quelque temps après, elle est reçue chez , Lily, elle aussi riche mais plus populaire, qui fut sa meilleure amie jusqu'au décès du père de cette dernière. La mère d'Amanda l'a payée pour qu'elle tienne compagnie à celle-ci en révisant ensemble. La situation ne pose pas de problème à Amanda qui explique à Lily qu'elle n'éprouve aucun sentiment - ce que les psys ont diagnostiqué comme un trouble du comportement relatif à la mort de son cheval.

Lily, son beau-père Mark (de dos) et Amanda (Anya Taylor-Joy, Paul Sparks et Oliva Cooke)

Lily, d'abord perturbée par ces aveux, invite à nouveau Amanda, cette fois sans être payée. Les deux filles retrouvent de bons rapports et ainsi Lily peut confesser qu'elle déteste son beau-père, Mark, qui impose ses décisions à sa mère, qu'il a convaincue de l'envoyer en pension alors qu'elle a décroché une place dans une prestigieuse université. Pour Amanda, la seule solution consiste à éliminer Mark, ce qu'elle aurait été disposée à faire si l'euthanasie de son cheval n'avait orienté les soupçons sur elle. En revanche, elle peut aider son amie à commettre un homicide sans être inquiétée par la police.

Lily, Tim et Amanda (Anya Taylor-Joy, Anton Yelchin et Olivia Cooke)

Après l'avoir repéré dans une fête où il tentait de vendre de la drogue, les deux filles abordent Tim qui, bien que très ambitieux, est d'extraction plus modeste et sensible à une grosse rétribution pour la mission qu'elles veulent lui confier. Ensemble, ils répètent le plan échafaudé par Amanda, un crime sans failles. Mais le soir prévu pour le commettre, Tim leur fait faux bond. Elles décident de ne pas le relancer, estimant que, de son côté, il ne les dénoncera pas vu ses activités illégales.

Lily et Amanda

Au pied du mur, Lily comprend qu'elle devra se débarrasser elle-même de Mark. Un soir qu'elles regardent un film ensemble, elle explique à Amanda avoir drogué sa boisson avec du Rohypnol, la "drogue du violeur". Ainsi comptait-elle tuer son beau-père puis placer l'arme du crime dans les mains de son amie qui ne se serait souvenue de rien. 

Amanda et Lily

Amanda accepte d'assumer le meurtre et boit tout le contenu de son verre. Elle s'endort peu après profondément. Lily va chercher dans la cuisine des gants et un couteau puis monte dans la chambre de Mark. Elle en redescend couverte de sang qu'elle essuie sur Amanda. Avant d'aller se débarbouiller, elle fond en larmes dans les bras de son amie inconsciente. 

Amanda

Plus tard. Lily se rend à un entretien avec un ami de feu Mark pour son admission à l'université et croise à cette occasion Tim, devenu voiturier dans l'hôtel où elle descend. Il lui présente ses condoléances et lui demande si elle a des nouvelles d'Amanda. Celle-ci a été internée en hôpital psychiatrique, assumant comme promis la responsabilité du crime, ses rêves peuplés de chevaux, comme elle le lui a écrit dans une lettre. lettre que Lily prétend ne jamais avoir lue.

Les teen movies ont mauvaise réputation, en particulier depuis la série des American Pie avec ses blagues bien grasses et navrantes sur la sexualité, alors que dans les années 80, le genre avait encore une certaine respectabilité grâce à John Hughes (Breakfast Club, La Folle Journée de Ferris Bueller). Malgré tout, c'est un passage quasi obligé pour les jeunes comédiens avant d'accéder à des films plus honorables et des rôles plus valorisants, à moins qu'ils ne décrochent la timbale en décrochant la vedette d'une lucrative franchise qui les rendra bankables.

Mais, parfois, un cinéaste inspiré s'essaie à l'exercice en le subvertissant, ne visant pas la gaudriole mais lui appliquant un traitement plus subtil, une esthétique, un ton. C'est ce que réussit Cory Finley avec Pur-Sang (Thoroughbreds) qui, dès sa brève scène d'ouverture, muette et glaçante, promet de tordre le coup aux clichés attachés à ce type de longs métrages.

Tout est dans le regard qu'on porte donc et de regards, il est question dans cet opus, à commencer par ceux de ses formidables actrices, des jeunes femmes qui ont une grosse côte en ce moment chez les directeurs de casting à Hollywood. 

D'un côté, Anya Taylor-Joy a fait son trou depuis un petit moment grâce à son éclosion dans The Witch, un film d'épouvante en costumes bien emballé. Le succès a été tel que la comédienne s'est depuis fait une sorte de spécialiste des personnages à l'air ingénu mais au comportement borderline. C'est en quelque sorte la nouvelle Christina Ricci, et peut-être finira-t-elle par figurer au générique d'un Tim Burton. Avec son teint pâle et son jeu minimaliste que concentre ses yeux légèrement en amande, elle capte l'attention avec un minimum d'effets saisissant. Ici, en jeune fille bien comme il faut mais consumée par la haine qu'elle éprouve envers son beau-père (qui le lui rend bien en la traitant comme un parasite qu'il veut à tout prix éloigner - encore un rôle sympa pour Paul Sparks, aussi trouble que dans les séries The Girlfriend Experience et Sweetbitter), elle est renversante.

De l'autre, Olivia Cooke, la sensation du moment à Los Angeles puisqu'elle tient un des premiers rôles du récent Ready Player One, le dernier blockbuster de Steven Spielberg. Mais cette jeune femme navigue aussi dans le cinéma indépendant où ses prestations lui valent des critiques élogieuses pour sa finesse frémissante (This is not a love story où elle incarne une ado atteinte d'un cancer, Katie says goodbye dans l'habit d'une serveuse abusée sexuellement). Avec sa bouille enfantine et ses deux grands yeux ronds, elle ressemble à une actrice du muet, étonnamment expressive même quand elle arbore une moue blasée, indifférente, comme ici. Au début, on est aussi déconcerté que Lily quand elle explique ne plus rien ressentir, mais elle tient la note pendant quasiment cent minutes et impressionne.

Si j'insiste sur l'interprétation, c'est parce que le cinéaste a visiblement bien compris qu'il dirigeait deux Stradivarius qui allaient imprimer leur mélodie et leur rythme à son histoire. Il en ressort que Pur-Sang démarre sagement comme la chronique de deux amies du lycée qui renouent après le drame traversé par l'une (le décès de son père, maintenant remplacé par un beau-père honni) et l'acte monstrueux commis par l'autre (l'euthanasie laborieuse de son cheval).

Puis, insensiblement, le récit vire à l'absurde lorsque, l'air de rien, Amanda suggère de tuer Mark qui gâche la vie de Lily. En basculant dans la comédie criminelle, sans être écrite pour chercher le rire mais en le provoquant justement par l'énormité de l'enjeu, le film devient imparable autant qu'intriguant. La préparation de l'homicide par ces deux gamines froidement résolues aboutit à une suite de moments savoureux, avec d'abord le recrutement d'un petit dealer fanfaron.

Et, là, une émotion étrange, inattendu, hante le propos car Anton Yelchin qui joue Tim tient là son dernier rôle. Ce jeune acteur, prometteur, est mort en 2016 dans des circonstances particulièrement cruelles (il a été écrasé par sa propre voiture dont il n'avait pas suffisamment serré le frein à main dans une pente après en être sorti et s'être trouvé derrière). La chevelure hirsute, la barbe de trois jours, il ressemble de manière troublante à Patrick Dewaere et son interprétation fébrile évoque aussi le français.

Le personnage disparaît vite, pour ne resurgir qu'à la fin, mais Pur-Sang se déroule alors avec une gravité imprévue. Le spectateur sait que les deux filles vont aller au bout de leur funeste projet tout en devinant que celui-ci sera réalisé au prix d'un sacrifice. Cory Finley filme le crime en le laissant hors-champ de façon magistrale en un plan-séquence glaçant. Un choix de mise en scène payant, là où n'importe qui d'autre aurait cédé à l'envie de tout montrer. L'épilogue n'en est que plus perturbant.

Formellement, le long métrage se distingue par une photo incroyablement léchée signée Lyle Vincent, exploitant superbement le décor quasi-unique de la maison où vit Lily, avec des plans longs, composés avec un grand soin. La musique minimaliste et crispante à souhait de Erik Friedlander participe au malaise avec beaucoup d'efficacité aussi.

On entre dans cette histoire avec un sourire amusé en s'attendant à un conte gentiment pervers. On en sort secoué par sa beauté plastique, son intensité dramatique et son interprétation de haut vol. Epatant. 

mardi 14 août 2018

TULLY, de Jason Reitman


Tully s'affiche d'abord comme un film de retrouvailles puisqu'il réunit pour la quatrième fois le réalisateur Jason Reitman et la scénariste-dialoguiste Diablo Cody (après Juno, Jennifer's Body et Young Adult), puis le cinéaste avec l'actrice (et ici co-productrice) Charlize Theron (après Young Adult). Mais ces retrouvailles constituent en quelque sorte le coeur du film puisque (attention spoilers dans ce qui suit) l'héroïne y renoue avec une partie de son passé...

 Marlo et son fils Jonah (Charlize Theron et Asher Miles Fallica)

Sans l'avoir planifié, Marlo Moreau, la quarantaine, attend son troisième enfant. Elle a pourtant déjà fort à faire avec une fille et un garçon, Jonah, à qui les psys ont diagnostiqué des troubles du comportement - ce pour quoi la directrice de son école souhaiterait son transfert dans un établissement spécialisé.

Marlo (Charlize Theron)

Invités à dîner chez le frère de Marlo, plus riche qu'elle, cette dernière et son mari, Drew, reçoivent comme cadeau un présent étonnant : les services d'une nounou de nuit, qui permettra à la future maman de se reposer. D'abord réticente à l'idée de confier son enfant à une inconnue qui viendra chez eux pendant leur sommeil, Marlo ne résiste pas à la contacter une fois qu'elle a mis Mia au monde et que le bébé ne lui laisse aucun répit.

Tully (Mackenzie Davis)

C'est ainsi que Tully, la vingtaine, fait son entrée dans la vie de la famille Moreau. Toujours méfiante au début, Marlo s'en remet vite complètement à elle, d'autant plus que la jeune femme est aux petits soins pour Mia et la maison qu'elle entretient à ses heures perdues. Ainsi, Marlo retrouve un semblant de vie sociale et de sérénité.

Tully et Marlo (Mackenzie Davis et Charlize Theron)

Une nuit, alors qu'elle allaite Mia, Marlo raconte à Tully la misère de sa vie sexuelle depuis ses maternités successives. Poussée à la confidence, elle sait pourtant que Drew fantasme en particulier sur les serveuses des années 50, avec leur uniforme - d'ailleurs elle s'en était acheté un pour un jeu érotique. Tully l'enfile et entraîne Marlo dans une partie à trois avec son mari. 

Marlo et son mari Drew (Charlize Theron et Ron Livingston)

Une autre nuit, Tully arrive visiblement contrariée, après s'être disputée avec sa co-locataire qui lui reproche ses nombreuses aventures sans lendemain avec des garçons. Tully convainc Marlo de sortir boire une verre en expliquant que Mia fait à présent bien ses nuits et que Drew peut bien s'en occuper pour une fois. Direction : Brooklyn.

Tully et Marlo (Mackenzie Davis et Charlize Theron)

C'est dans ce quartier de New York que Marlo a résidé durant ses études avec sa meilleure amie. Et là aussi que Tully lui annonce qu'elle va devoir la quitter, estimant qu'elle a rempli sa mission et que la mère de famille est prête à reprendre sa place. Sur la route de retour, Marlo s'assoupit au volant et sa voiture plonge dans la rivière. Groggy, elle croit voir une sirène venir la repêcher mais Tully a disparu.

Drew (Ron Livingston)

A l'hôpital, Drew apprend par une psy que sa femme souffre de surmenage puis interrogé sur la nounou de nuit, affirme ne l'avoir jamais vue. Quand on lui demande le nom de jeune fille de Marlo, il répond : "Tully". De retour chez elle, Marlo reçoit le soutien de son mari et Jonah est plus calme. La vie reprend.

Bien que je n'ai pas vu Jennifer's Body, j'ai toujours apprécié la collaboration entre Diablo Cody et Jason Reitman, cinéaste que je suis toujours avec beaucoup d'intérêt car il représente ce cinéma du "milieu" - dont beaucoup de critiques annoncent régulièrement la disparition mais qui survit tout de même entre les productions indés et les blockbusters. Un cinéma adulte, souvent intimiste, qui embrasse des sujets de société sans verser dans la thèse, privilégiant les personnages à l'intrigue sans négliger de raconter une histoire accrocheuse.

Dans Juno, les deux partenaires dressaient le portrait d'une ado qui tombait enceinte et refusait d'avorter pour confier son bébé à un couple qui ne pouvait pas en avoir - et accessoirement pour culpabiliser son copain qui l'avait mise dans cet état. Le ton malicieux et enjoué de ce petit chef d'oeuvre donnait le ton à la filmographie de Reitman où, partant d'une situation complexe, il déjouait les pièges et les attentes, avec une formidable révélation en la personne de Ellen Page.

Dans Young Adult, l'esprit se faisait plus mordant avec l'aventure d'une femme qui revenait dans son bled natal dans le but de reconquérir son amour d'enfance, même s'il était marié et père de famille désormais. Cette quête pathétique se nuançait pourtant d'une vraie tendresse pour l'héroïne, plus désespérée que convaincue de son projet. Charlize Theron y trouvait un rôle en or, sans doute son meilleur (bien meilleur que sa performance à Oscar de Monster).

A la perspective de découvrir le nouvel effort du trio Cody-Reitman-Theron, l'attente était forte. Tully ne la comble pas complètement mais s'avère tout de même très satisfaisant, avec cette fois un zeste de fantastique où chaque détail compte - un peu à la manière du Paranoïa de Soderbergh dont je parlais hier.  

Tully, cette nourrisse miraculeusement parfaite, est une fabrication de l'esprit de Marlo, elle avec vingt ans de moins, telle qu'elle fut étudiante, encore libre, indépendante, pleine de rêves et d'énergie, de charme solaire et d'insouciance. Elle la créé comme on appelle "au secours" en pleine crise car elle frôle le burn-out au moment de donner naissance à un troisième enfant non désiré.

Au-delà de ce twist qui se révèle subtilement à la fin du film et qu'on ne voit absolument pas venir sans être extrêmement attentif (l'indice qui m'a mis la puce à l'oreille se situe au moment où Tully se déguise en serveuse et entraîne Marlo et son mari dans une partie à trois : le costume qui sied parfaitement à la nounou et le jeu sexuel qui s'ensuit ne peuvent que questionner sur leur réalité), le récit se déploie tranquillement, comme pour mieux nous abuser. Et le procédé fonctionne parfaitement.

Dans une premier temps, avant l'apparition de Tully, Reitman met en scène la passe difficile que traverse Marlo, enceinte jusqu'aux yeux, devant s'occuper de sa maison, de son fils aîné en délicatesse avec son école, de sa petite soeur réclamant de l'attention, et lâchée par un mari qui préfère jouer aux jeux vidéos le soir au lit plutôt que de veiller sur son épouse, l'aider dans sa besogne quotidienne - quand il n'est pas en déplacement professionnel. Il faut saluer l'interprétation de Ron Livingston dans ce rôle ingrat qu'il parvient à ne pas rendre antipathique.

La répétition des gestes, la fatigue qui gagne, les nerfs qui lâchent (mémorable scène d'engueulade avec la directrice d'école), le refus de s'appuyer sur l'aide d'une inconnue (même louée pour la qualité de ses prestations et offerte en cadeau par un frère riche), tout ça, le film le montre d'une façon implacable, avec une franchise rare qui démonte l'idée que la maternité est un accomplissement.

Lorsque Tully surgit, tout s'illumine. La présence radieuse de Mackenzie Davis (héroïne de la série Halt and cath fire et surtout de l'épisode San Junipero dans Black Mirror) est exceptionnelle, à tel point que la jeune actrice vole la vedette à Charlize Theron, dont, une fois de plus, la volonté de réaliser une performance joue contre le film (avec ses kilos pris, son air dévasté, ses cheveux gras, sa fébrilité, elle en fait littéralement des tonnes - bien loin de sa composition irrésistible de Young Adult).La révélation finale est finement dévoilée et renvoie à ce que pouvait accomplir un Mankiewicz (dans L'Aventure de Mrs Muir), tandis que mea culpa de mari et le dénouement sont un peu trop beaux.

Il n'empêche, si Tully n'égale pas les réussites antérieures de Cody-Reitman, il y a dans ce cinéma une bienveillance mais aussi une honnêteté vis-à-vis des imperfections des personnages qui sont suffisamment rares pour inciter à l'indulgence et au soutien de tels films. 

lundi 13 août 2018

PARANOÏA, de Steven Soderbergh


Il n'est visiblement plus question de retraite cinématographique pour Steven Soderbergh puisque moins d'un an après la sortie du savoureux Logan Lucky, le cinéaste revient avec un nouveau film : Paranoïa. Mais attention à ne pas le réduire à un objet expérimental filmé avec un téléphone, ni à le considérer comme un opus mineur : ce thriller très efficace est certes atypique dans sa forme mais très fourni dans le fond.

 Sawyer Valentini (Claire Foy)

Après avoir été harcelée par un homme dans son précédent emploi, Sawyer Valentini a déménagé et s'est reconvertie. Mais elle se sent toujours suivie et épiée. Elle se résout à en parler avec une psychologue du centre de soins Highland Creek qui la diagnostique rapidement comme suicidaire. Sawyer signe, sans les lire attentivement, des formulaires et se retrouve internée pour vingt-quatre heures contre son gré. Après s'être soumise à un examen médical, elle est admise dans une unité de la clinique où, très vite stressée par la promiscuité avec de vrais malades mentaux, elle s'en prend à un membre du personnel.

Sawyer et Noah Hoffman (Claire Foy et Jay Pharoah)

Son comportement conduit le Dr. Hawthorne à prolonger son séjour pour sept jours. Sawyer trouve du réconfort auprès d'un autre patient, Noah Hoffman, qui soigne sa dépendance aux opioïdes, mais lui explique que cet établissement, comme d'autres, fonctionne uniquement grâce aux assurances des résidents : internés contre leur volonté, ils y restent jusqu'à ce que leur couverture ne paie plus les frais. Aussi lui conseille-t-il de serrer les dents et d'attendre sagement la fin de séjour.

Sawyer et l'infirmier Denis (Claire Foy et Zach Cherry)

Pourtant, les choses vont vite se gâter pour Sawyer lorsqu'elle reconnaît (croit reconnaître ?) parmi les infirmiers son harceleur, Dennis Strine, qui se fait appeler George. Elle refuse de prendre ses cachets et s'énerve au point d'être reconduit de force dans le dortoir où elle est sanglée à son lit et sédatée. A son réveil, libérée, elle demande à Noah le téléphone qu'il dissimule pour appeler sa mère au secours. David/George lui administre une surdose d'un médicament qui entraîne une nouvelle crise psychotique. Puis, le soir, il rend visite à Angela, la mère de Sawyer, dans son motel en se faisant passer pour le réparateur de la climatisation. 

Dennis Strine et Sawyer (Joshua Leonard et Claire Foy)

Sawyer se confie à Noah sur sa rencontre avec David : elle a travaillé pour lui et son père, atteint de la maladie d'Alzheimer, avant qu'il ne la harcèle. En les voyant discuter, David/George décide de prendre des mesures plus radicales : il assomme Noah dans les toilettes et le transporte dans une pièce au sous-sol pour lui infliger des électrochocs et lui provoquer une overdose de tranquillisants. Lorsque le corps est trouvé, la direction de la clinique cherche à étouffer l'affaire parce qu'on a trouvé dans les effets personnels de la victime un carnets rempli de notes sur les dysfonctionnements de la clinique, révélant qu'il était un journaliste infiltré.

Sawyer (Claire Foy)

Sentant que quelque chose de grave s'est produit en ne revoyant pas Noah, Sawyer est placée à l'isolement dans une cellule capitonnée. George avoue alors qu'il est bien David et propose à la jeune femme de vivre avec lui dans un chalet dans les bois. Entre temps, le cadavre du vrai George est trouvé par une joggeuse qui avertit la police. Sawyer comprend que Denis est vierge et, pour qu'il puisse comparer son attirance pour elle et une autre, lui demande d'enlever une patiente pour la violer devant elle.

Sawyer, Violet et Denis (Claire Foy, Juno Temple et Joshua Leonard)

Denis emmène Violet, une patiente en conflit avec Sawyer depuis son arrivée, mais qui cache une lame dans sa culotte. Sawyer la lui subtilise et blesse Denis puis s'échappe. Elle réussit à quitter la clinique mais Denis la rattrape et l'assomme. La police arrive sur les lieux avec un mandat de perquisition après avoir identifié le corps de George. Sawyer reprend connaissance dans le coffre d'une voiture où elle trouve le cadavre de sa mère. Mais elle parvient à en sortir et à fuir dans les bois. A nouveau rattrapée par Denis, elle l'égorge. La police trouve le carnet de Noah et embarque la directrice et emmène les patients.

Sawyer (Claire Foy)

Six mois plus tard. Sawyer déjeune avec une collègue lorsqu'elle croit reconnaître Denis parmi les clients. Elle se lève, un couteau en main, pour le poignarder avant de réaliser sa méprise. Puis elle sort, affolée.

La presse a abondamment parlé du filmage très particulier du nouveau film de Steven Soderbergh en expliquant qu'il avait utilisé trois iPhone 7 +, bouclant son tournage en un mois et demi. Mais ne retenir de Paranoïa que son aspect technique, c'est en faire un long métrage gadgétisé, ce qu'il dépasse largement.

De toute façon, comme il l'a expliqué dans un de ses longs entretiens qu'il donne aux journalistes prêts à la conversation (le cinéaste ne veut plus se prêter aux press junkets, ces interviews d'un quart d'heure uniquement conçues pour la promo), il ne fait plus de films pour ajouter un titre à sa filmographie mais pour constituer une oeuvre globale qui reflétera son désir insatiable de se libérer de toutes les contraintes (financières, techniques, etc.). Remis dans cette perspective, Paranoïa devient encore plus passionnant.

A première vue, il s'agit d'un thriller habile et intense sur un motif déjà illustré par d'autres (Shock Corridor de Samuel Fuller, Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman) : la mésaventure de Sawyer renvoie à la figure désormais familière de l'héroïne interné contre son gré et qui, au contact des fous, perd la raison. Le divertissement est redoutable et sa durée concise (à peine 98 minutes) ne laisse pas de répit au spectateur, qui sursautera souvent tout en étant effaré par cette histoire.

Puis on découvre que le sujet est plus profond, plus trouble aussi. En ce sens, le récit voisine avec l'intrigue déjà perverse de Effets Secondaires (2012) du même réalisateur, avec la dérive des institutions médicales américaines et l'abus de prescriptions de traitements lourds contre les maux mentaux. Comme l'explique le personnage de Noah, des cliniques privées comme Highland Creek fonctionnent grâce au système des assurances des patients internés qui sont gardés tant que leur couverture sociale paie les frais de leur séjour. 

Ensuite, le récit se teinte de romance, mais une romance malsaine à souhait entre un harceleur et sa proie. On devine vite que Sawyer a été réellement victime d'abus, avant d'avoir être dans le viseur de son stalker, mais Soderbergh retarde la révélation autant que possible et joue sur la perception de son héroïne. Est-elle vraiment persécutée jusque dans les murs de ce centre de soins ou folle ? Le cinéaste sollicite notre attention, il faut être vigilant aux gestes d'un infirmier qui dose les médicaments pour comprendre que quelque chose cloche et que Sawyer est en danger. Lorsque son unique allié disparaît mystérieusement, et qu'on l'enferme dans une cellule capitonnée, la menace se dévoile et le drame devient encore plus oppressant, en quatre murs étroits où un dialogue aussi absurde qu'impossible se noue entre le prédateur et la jeune femme, entre rage et impuissance.

Enfin, le film atteint un niveau insoupçonné en résumant une crise plus générale, et Soderbergh se fait témoin de l'époque et de ses tourments. Paranoïa, à travers son héroïne, se lit comme une métaphore puissante du mouvement #MeToo, où un homme en plein délire veut d'abord posséder une femme comme il le ferait d'un objet, et où la femme répond de manière primitive, comme dans un survival, poussée dans ses retranchements. Mais finalement pas guérie de sa hantise.

La mise en scène permise par la légèreté du dispositif technique souligne les sensations émises par l'histoire et son ambiance, forçant les perspectives, accentuant la froideur des lieux, déformant légèrement les angles. Cela participe de l'instabilité au coeur même du film et que le réalisateur veut faire ressentir au spectateur. C'est magistral mais parfaitement préparé car Soderbergh a aussi assuré la photo et le montage (sous les pseudonymes de Mary Ann Bertrand et Peter Andrews).

Et puis il peut s'appuyer sur Claire Foy, prodigieuse dans le rôle principal. Soderbergh ne l'a pas même auditionné, ni sélectionné d'après sa filmographie (alors qu'elle est la star de la série The Crown sur la vie d'Elizabeth II, diffusée sur Netflix) : non, il l'a désignée après l'avoir vue lorsqu'elle a reçu un prix d'interprétation en appréciant la sincérité de sa surprise et de son émotion. Elle électrise chaque plan, communique sa fébrilité et son jeu vif empêche son personnage d'être lui aussi réduit à une caricature. Parfait donc pour un long métrage qui ambitionne d'être constamment imprévisible.

Déjouant les apparences, Paranoïa est à la fois une leçon de cinéma, une expérience novatrice (on oublie vite sa spécificité technique) et mémorable, dont tous les niveaux de lecture sont passionnants.

dimanche 12 août 2018

DAREDEVIL #606, de Charles Soule et Phil Noto


Nouvel arc narratif pour Daredevil et nouvel artiste régulier pour la série  : cette fois, c'est la bonne, Phil Noto rejoint Charles Soule. L'histoire, elle, exploite les conséquences de la précédente tout en réservant le retour d'un personnage créé dans les années 60 pour quelques épisodes parmi les plus étranges du titre...


Après le retour de Wilson Fisk à sa place de Maire de New York, Matt Murdock a préféré démissionner de son poste d'adjoint. Il veut désormais monter un dossier solide qui prouvera une fraude électorale et lui permettra de destituer le Caïd. Pour cela, il obtient le soutien de Frank McGee, l'Inhumain, qui a été flic pendant vingt ans, et qui recrute le mutant Cypher et l'autre Inhumain Reader pour cette mission.


Mais Daredevil est appelé ailleurs : la police signale un vol à main armée à la "Quest Bank National". Sur place, le justicier découvre que Hammerhead l'attend tranquillement. Et pour cause, ce ne sont pas les coffres de l'établissement qui l'intéressent mais les badauds attirés par son coup.
  

Tenus en respect par ses sbires, les curieux font de parfaits otages filmant le malfrat qui s'auto-proclame nouveau parrain du crime organisé en ville. Jusqu'à ce qu'un civil se rebelle et ouvre la voie à la riposte de Daredevil.


La contre-attaque est expéditive et filmée par les portables des ex-otages. Daredevil prononce un discours sur l'héroïsme de tous les new-yorkais qui vaut aussi bien contre les tentatives d'un Hammerhead que contre l'actuel Maire.


Dans le "Bar sans Nom", où se détendent tous les super-vilains de New York, un certain Mike Murdock sème la zizanie en draguant la fiancée d'un des habitués et prétend être le frère jumeau de Matt. Une bagarre éclate à laquelle Daredevil met rapidement fin en prétendant qu'il a appelé Hulk. Puis il est abordé par Mike...

Depuis qu'il a franchi le six-centième numéro de la série, le scénariste Charles Soule a opéré une mue de plus en plus évidente : le lecteur a désormais droit à un véritable feuilleton dont chaque arc narratif est organiquement lié au précédent. Le pivot de cette transformation est la présence de Wilson Fisk à la tête de la mairie de New York. Matt Murdock/Daredevil a d'abord tenté de le déloger par la ruse, en acceptant de collaborer avec lui. Mais désormais, il a changé de tactique et veut qu'il soit légalement destitué.

L'épisode de ce mois-ci est découpé en trois actes distincts, même si la structure fait des allers-retours temporels. Dans le premier, Daredevil convainc l'Inhumain Frank McGee (qu'il a rencontré lors de son affrontement avec Muse) de l'aider à confondre Fisk. L'ex-policier compose une groupe à cette fin et recrute le mutant Cypher, capable de lire/parler/comprendre n'importe quel langage/code/système, et Reader, un autre Inhumain, aveugle mais excellent combattant, aux ressources encore inconnus. On peut s'étonner que DD n'ait pas fait appel à des amis (chez les Defenders ou chez les Avengers), mais Soule a toujours tenu le héros éloigné de la communauté super-héroïque (même si dans le dernier arc, Spider-Man, Moon Knight, Misty Knight et les Defenders étaient présents). Les Inhumains sont à la marge (d'ailleurs McGee et Reader expliquent ne plus faire partie de cette famille royale) et Cypher est un mutant, lui aussi en dehors de toute équipe (les Nouveaux Mutants n'étant plus en activité). Cette cellule réduite présente donc l'avantage d'être sous les radars et peu susceptible d'inquiéter a priori Fisk.

Ensuite, Daredevil affronte Hammerhead qui veut profiter de la vacance à la tête du crime organisé pour devenir le nouveau Caïd. Soule utilise ce vilain comme un prétexte (lui ou un autre, peu importe à vrai dire, même si l'utilisation de mitraillettes tirant des clous est savoureuse, jouant sur les mots - Hammerhead, la tête de marteau, frappant des clous). Il s'agit surtout d'exploiter la situation engendrée par la reconversion de Fisk. Et de rappeler que Daredevil (comme tous les héros masqués) que voulait interdire Fisk sont à nouveau autorisés à agir contre des criminels en soutien de la police. A cette occasion, DD en profite pour s'adresser à la population pour affirmer qu'il sera toujours là pour la défendre mais que chacun d'entre elle est un héros à sa mesure.

Enfin, et c'est le point le plus inattendu, l'épisode se termine par un coup de théâtre : le retour de Mike Murdock. Dans les années 60, au début de la série, Matt Murdock pour détromper ceux qui le soupçonnaient d'être Daredevil s'était inventé un frère jumeau, prénommé Mike. Et ce subterfuge grossier fonctionna suffisamment pour que son activité de justicier soit préservée ! (Les scénaristes n'avaient vraiment peur de rien à l'époque...) Or, voilà que Soule reconvoque Mike Murdock mais surtout lui donne une incarnation. La fin, surréaliste, voit donc DD face à face avec son jumeau fictif mais désormais en chair et en os et tout content de rencontrer le justicier ami de son frangin ! Où le scénariste veut-il aller avec cette idée ? A suivre. Mais Charles Soule confirme qu'il a vraiment le don de surprendre et d'entraîner la série hors des sentier battus.

Ce #606 voit aussi les débuts de Phil Noto comme nouvel artiste régulier de la série. Et régulier, il le sera car cet artiste, aussi prolifique que modeste (Marvel, malgré sa ponctualité, lui a rarement confié des titres prestigieux), peut enchaîner des épisodes sans fatiguer sur de longues périodes (par exemple, il a réalisé les vingt épisodes d'affilée de Black Widow alors écrits par Nathan Edmondson). Il assume aussi l'encrage et la colorisation.

Pour ses débuts ici, on sent bien qu'il est encore en rodage mais la rigueur de son découpage, l'efficacité de sa narration, sans fioritures, sont déjà encourageantes. Noto n'est pas du genre à en mettre plein la vue, son trait est parfois un peu rigide, mais son expérience compense ce déficit de spectacle. Une fois bien échauffé, nul doute qu'il réussira à s'emparer de la série avec personnalité.

Bref, cette nouvelle aventure promet. 

CATWOMAN #2, de Joelle Jones


La relance de Catwoman était attendue et Joelle Jones l'a entamée plutôt timidement le mois dernier, cumulant scénario et dessin. L'auteur va-t-elle vraiment décoller dans ce nouveau numéro ? Disons que le niveau reste moyen et n'affole pas les radars...


Catwoman a suivi son imitatrice et aboutit dans une salle remplie de femmes déguisées comme elle et prêtes à l'éliminer. Mais son expérience du combat lui permet de faire la différence et de neutraliser ses assaillantes.


Elle en garde une consciente pour l'interroger et apprend que ces femmes ont été engagées par l'équipe de campagne du gouverneur Creel pour une sorte de performance artistique. Cette explication intrigue Catwoman qui ignore que, au même moment, la tueuse ayant usurpé son alias est durement châtiée par la femme dudit gouverneur, véritable instigatrice de l'opération visant à la discréditer.


De retour à sa planque, Selina Kyle est trop préoccupée par cette histoire pour trouver le sommeil et reçoit la visite de Carlos auquel elle avait commandé des gadgets. Au moment de le payer, elle refuse néanmoins de lui donner sa bague de mariage comme il le lui réclame et elle le rétribue avec un autre bijou volé. 


Cependant, l'inspecteur Sam Ylmaz rencontre son collègue Will et lui déconseille de se mêler de l'enquête en cours sur Catwoman alors qu'il souhaite surtout de venger d'elle qui a tué un de ses amis policier.
  

Le gouverneur Creel convoque la presse pour annoncer qu'il quitte son poste parce que ses médecins lui ont diagnostiqué un cancer de la prostate. Sa femme et ses deux fils n'étaient pas au courant mais restent résolus à piéger Catwoman. Et le soir même, Selina Kyle s'incruste à une réception donnée par le politicien, attendue par son fils aînée, Raymond...

Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans la manière dont Joelle Jones a entamé la série consacrée à Catwoman. L'argument en vaut bien un autre : l'héroïne découvre que d'autres femmes se font passer pour elle et l'une de ces usurpatrices a tué des agents de police en fuyant après un cambriolage. La commanditaire est la femme du gouverneur de Californie, dont on a découvert qu'elle dissimule derrière des prothèses et du maquillage de vilaines blessures, et dont les fils sont ses complices. Pourquoi en veut-elle ainsi à Catwoman ? Comment sait-elle que cette dernière est Selina Kyle ? Mystère.

Le titre de l'arc narratif joue sur les mots puisqu'il est question d'une copycat, le terme par lequel on désigne un criminel imitant le modus operandi d'un autre - ici, Catwoman donc. Mais Joelle Jones en dit à la fois beaucoup et peu, et son histoire en souffre. Le lecteur, en tout cas, ne sait pas sur quel pied danser.

Les scènes les plus intéressantes, mais hélas ! les plus rares, sont celles qui, jusqu'à présent, montrent Selina Kyle d'une part, et d'autre part Selina composant avec les conséquences de son mariage avorté avec Bruce Wayne (quand bien même c'est elle qui a choisi de ne pas l'épouser). Frappée d'insomnie, refusant de ses séparer de la bague que lui avait offerte son amant, et désormais absorbée par cette affaire d'imitatrice(s), elle est aussi perdue que nous, mais tout de même résolue à percer ce mystère.

Dans ces moments-là, tout en retenue, le dessin de Joelle Jones montre l'héroïne fragile, touchante, loin de la voleuse effrontée, et on se dit que si l'auteur avait choisi de commencer son run par un récit plus introspectif, on ne lui en aurait pas voulu.

En revanche, lorsqu'elle doit mettre en scène Catwoman en action, le résultat est moins convaincant. Il faut d'abord dire que le redesign du costume n'est pas réussi, avec son corset, sa texture vinyle : pourquoi avoir voulu modifier le look parfait conçu par Darwyn Cooke ? Voilà un autre mystère. Ensuite, les séquences de combat sont empruntées : Jones ne parvient jamais à les découper de manière dynamique et efficace, les coups portés ou reçus manquent d'intensité, la composition des images est parfois maladroite. C'est tout de même embarrassant pour un personnage aussi félin que Selina Kyle (que Mikel Janin dans le Batman de Tom King dessinait superbement).

La méchante (dont on ne connaît même pas le prénom) semble tout droit sortie de l'imagination peu subtil d'un Garth Ennis et suscite un malaise auquel la colorisation bizarrement délicate de Laura Allred convient mal. On devine que les blessures physiques qu'elle cache ont dû être causées par Catwoman, ce qui justifierait son plan tordu pour la piéger, mais, si c'est la cas, alors ce n'est guère original.

Quant à l'unique scène avec l'inspecteur Ylmaz et son collègue Will, elle semble avoir été placée pour rappeler au lecteur que la police est toujours impliquée dans la traque de Catwoman. Le dialogue entre les deux hommes n'apporte rien (l'un veut arrêter l'héroïne, l'autre se venger - et ce n'est pas compliqué de déduire que les deux vont s'affronter pour arriver à leurs fins).

Mené sur un rythme mollasson, cet épisode, comme le précédent, n'accroche guère. Il y a quelques jolis plans, une vague ambiance, mais un manque évident de tempérament, déplorable pour un personnage aussi fort. Il va falloir, rapidement, que Joelle Jones enflamme son affaire au risque d'essuyer un échec. Catwoman mérite mieux.