dimanche 28 septembre 2014

Critique 513 : JOHAN ET PIRLOUIT, TOME 3 - LE LUTIN DU BOIS AUX ROCHES, de Peyo


JOHAN ET PIRLOUIT : LE LUTIN DU BOIS AUX ROCHES est le 3ème tome de la série, écrit et dessiné par Peyo, publié en 1955 par Dupuis.
L'album comporte cinqs histoires : LE LUTIN DU BOIS AUX ROCHES (44 pages, 1955) ; ENGUERRAN LE PREUX (4 pages, 1956, parue à l'origine dans Risque-Tout n° 9) ; SORTILEGES AU CHÂTEAU (4 pages, 1956, parue à l'origine dans Risque-Tout n° 22) ;  A L'AUBERGE DU PENDU (4 pages, 1956, parue à l'origine dans Risque-Tout n° 25) et LES MILLES ECUS (3 pages, 1957, parue à l'origine dans Spirou n° 1000). 
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- Le Lutin du Bois aux Roches (44 pages, 1955). De retour au château du Roi, Johan trouve François le bûcheron bien déprimé à cause d'un certain Pirlouit, qu'il décrit comme un lutin démoniaque, vivant dans le Bois aux Roches voisin et qui vole des provisions aux gens de la région. Personne n'a pu jusqu'ici le capturer.
Peu après, Johan reçoit du Roi une importante mission : il doit préparer l'arrivée de sa nièce, la princesse Anne, et aussi neutraliser Pirlouit. Dès le lendemain l'écuyer se met a la recherche de ce dernier dans le Bois aux Roches et lui tend un piège avec de la nourriture. La ruse fonctionne et le lutin est attrapé. Mais Johan se rend compte que Pirlouit n'est pas un mauvais bougre et devient son ami en lui promettant de le recommander au Roi pour qu'il devienne son bouffon.
Mais quand il revient au château, Johan apprend par le Roi que la princesse Anne a été kidnappée et que deux de ses escortes, Philibert et Angelot (en vérité deux traîtres à la solde de Girard de Watriquet), accusent Pirlouit du forfait. La tête du lutin est mise à prix.
Johan parvient à prévenir Pirlouit qui jure qu'il n'est pour rien dans cette histoire et pense au contraire que les deux gardes sont mêlés à l'affaire. Ensemble, l'écuyer et le lutin découvrent qui sont les vrais coupables et leur mobile (piéger le Roi pour le détrôner) et s'emploient à sauver la demoiselle et sauver le souverain.

- Enguerran Le Preux (4 pages, 1956). Enguerran de Bauvallon arrive au château du Roi et se vante de plusieurs exploits. Johan et Pirlouit doute de leur véracité et mettent au point un plan pour tester la bravoure du chevalier.

- Sortilèges au Château (4 pages, 1956). En revenant au château du Roi, Johan et Pirlouit croisent un marchand ambulant qui quitte l'endroit, l'air préoccupé. Les deux amis trouvent ensuite tous les habitants de la forteresse endormis, comme drogués. Le marchand est leur suspect mais la vérité relève d'une malencontreuse étourderie.

- A L'Auberge du Pendu (4 pages, 1956). Johan et Pirlouit s'arrêtent pour la nuit dans une auberge dont le tenancier leur raconte que la région est terrorisée par une bande de brigands. Le lutin va découvrir que leur hôte n'est pas innocent dans cette affaire et, avec l'écuyer, mettre un terme aux agissements des vilains.

- Les Mille Ecus (3 pages, 1957). Le Roi et Johan élaborent un stratagème pour que Pirlouit cesse de les importuner en chantant (aussi fort que faux). Mais leur plan va aboutir à une situation inattendue et encore pire.

Tout comme ce sera plus tard le cas avec les Schtroumpfs (dans La Flûte aux Six Schtroumpfs, tome 9 - critique 502), Peyo a eu pour l'histoire principale de cet album une idée qu'il ne comptait pas développer et qui transformera toute la série. En effet, le personnage de Pirlouit ne devait pas revenir après cette histoire, qui d'ailleurs fut initialement publiée comme la troisième aventure de Johan seul.

En lisant ce récit, cependant, on peut se douter que Peyo avait deviné le potentiel de son lutin : il prépare tout d'abord son apparition en ne faisant qu'évoquer les méfaits de Pirlouit, décrit comme un démon, puis à la planche 7, on découvre enfin à quoi il ressemble mais il ne s'exprime d'abord que par borborygmes et en grimaçant. Néanmoins, on sait que c'est juste un petit bonhomme véloce et qui, malgré un caractère bien trempé, volontiers râleur, est plutôt facétieux, vivant dans les bois pour subsister après être allé de ferme en ferme d'où on le chassait en se moquant de lui. Difficile de ne pas éprouver de la sympathie à son égard : comme Johan, nous devenons son ami, et Peyo nous a bien eus.

L'intrigue peut ensuite se déployer autour de l'enlèvement de la princesse Anne (dont le prénom a peut-être inspiré l'héroïne du Royaume de Benoît Féroumont) : cette trame est classique et d'ailleurs Peyo dévoile l'identité des coupables et leur mobile dès la planche 21 (soit avant la moitié du récit) pour offrir aux lecteurs une succession de péripéties haletantes, qui deviendra sa marque de fabrique sur la série. 
Bien qu'appartenant à "l'école de Marcinelle" (comme on surnommait les auteurs oeuvrant pour la revue Spirou), Peyo est aussi un héritier de Hergé pour son goût de l'aventure au-delà du suspense. Ce qu'il privilégie, c'est l'action, le mouvement, traduits par des scènes de courses, de poursuites, de bagarres, de batailles. Et même s'il n'a pas encore atteint les sommets narratifs qu'on lui connaîtra ensuite, cette histoire montre déjà un auteur au savoir-faire épatant.

Visuellement, le trait est encore un peu épais et naïf : Peyo cherche encore ses personnages, il en a défini les grandes lignes mais il va les affiner progressivement, cela se remarque à quelques détails (par exemple, Johan est plus grand qu'il ne le sera par la suite).
Sa narration est aussi encore stéréotypée avec un usage abondant du "gaufrier", ses planches sont très denses, avec de petites vignettes (souvent plus d'une douzaine), et quand il ose un plan général avec un cadre aux dimensions plus grandes, c'est exceptionnel (voir page 40, quand les troupes du Roi assiègent le château de Watriquet - un plan superbe d'ailleurs). 
Toutefois, la manière dont Peyo orchestre ses séquences de combat est déjà impressionnante, comme en témoignent les pages 32 à 34 puis 42 à 45, quand Johan et la princesse Anne s'enfuient, puis avec Pirlouit courent après Guillaume de Basenhau.

Pour compléter le programme, Dupuis a greffé à l'histoire qui donne son titre à l'album quatre courts récits réalisés par Peyo ultérieurement : les trois premiers furent publiés à l'origine dans les n° 9, 22, et 25 de la revue Risque-Tout en 1956. Il s'agit des 4ème, 8ème, et 9ème aventures de Johan et Pirlouit : ce sont des fables joliment menées, l'une sur la vantardise d'un chevalier, l'étourderie d'un commerçant, et la duplicité d'un aubergiste. Peyo y démontre une nouvelle fois sa capacité à animer des formats très courts sans sacrifier à l'action, au mouvement, en s'appuyant sur la parfaite complicité de ses deux héros.
Les Mille Ecus, paru à l'origine dans le millième numéro de Spirou, tient en trois pages et dispense une morale malicieuse à souhait, encadrée par un découpage incroyablement dense (29 cases !) et dynamique : du grand art.

Un album-clé pour la série et un menu copieux donc.

samedi 27 septembre 2014

LUMIERE SUR... DARWYN COOKE

Darwyn Cooke a peint plusieurs illustrations
inédites pour la réédition des romans de la série Parker
écrits par Richard Stark (aka Donald Westlake).










Critique 512 : SPIROU N° 3989 (24 Septembre 2014)


La couverture met la série Soda à l'honneur : le tome 13 commence à être pré-publié cette semaine, avec toujours Tome aux commandes mais un nouveau dessinateur à ses côtés.

Allez, consultons le menu.

J'ai aimé :

- Soda : Résurrection 1. Soda, flic de New York mais qui cache sa profession à sa mère en lui faisant croire qu'il est prêtre, se remémore ce qu'il faisait le 11 Septembre 2001. Les attentats hantent encore tous ses collègues et lui se défoule en boxant avec sa partenaire, Linda...
Philippe Tome n'avait plus écrit d'aventures de cette série depuis neuf ans et, comme il l'explique dans l'interview en préambule de ce premier chapitre, il y est revenu après s'être beaucoup interrogé sur les conséquences du 11-Septembre. Ces 7 premières planches ne disent rien de l'histoire à venir, même si cela s'annonce très noir.
Dan remplace Bruno Gazzotti (désormais occupé par Seuls, écrit par Vehlmann) dans un style voisin : ses pages sur fond noir sont efficaces, avec un découpage bien pensé. Tout ça est très prometteur.

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 4. Spirou et Fantasio arrivent au musée mais voient la stèle leur échapper quand deux hommes, dont le conservateur de l'endroit, s'en empare. Heureusement, l'homme consent à les laisser en disposer tandis que le comte de Champignac, de son côté, a appelé des collègues en renfort pour aider les héros dans leur quête...
Ce nouvel épisode est plus bref mais toujours aussi mouvementé : Vehlmann arrive à la seconde partie de son histoire qu'il a annoncé plus inspirée par Indiana Jones. Jusqu'à présent, c'est un sans-faute, sans doute ce que le scénariste a produit de mieux avec la série.
Yoann est également en forme, réussissant notamment une scène de fusillade complètement délirante.

- Ernest et Rebecca : La Boîte à blagues 7/7. Pépé Bestiole est de nouveau hospitalisé et Rebecca distribue les blagues qu'elle a récoltées en espérant que cela accélèrera sa guérison.
C'est la fin de l'aventure pour Rebecca : le dénouement concocté par Bianco est à la fois rapide (un petit peu trop) mais bien dosé dans l'émotion. J'ai beaucoup aimé cette histoire, une vraie découverte. Les dessins de Dalena ont été une autre révélation, qui ajoute au charme de cette série.

- Katz. Del et Ian Dairin servent deux gags très marrants : le premier respire le vécu, le second est d'un délire réjouissant. J'aime bien ce minou.

- Mélusine. Clarke s'amuse (et nous avec) avec la fée Mélisande lors d'une visite au cimetière pour un nouveau cours bien spécial. Depuis quelques semaines, les gags sont moins percutants, mais ça reste délicieux.

- Les Campbell : Sous le masque de Morgan 2/2. Campbell tombe dans un traquenard tendu par le Turc. Malgré ses efforts, il est vaincu et se rappelle quand il a découvert qui était le pirate Morgan. Itaca et Genova attendent leur père sans savoir ce qui lui est arrivé...
La seconde partie de l'épisode de Munuera offre une spectaculaire scène de bagarre et annonce une suite qui, on l'espère, ne se fera pas trop attendre. C'est donc assez frustrant niveau scénario mais visuellement, les planches confirment le talent de l'artiste dans ce registre.

- Kid Paddle. Midam livre deux planches très marrantes sur l'ingestion des liquides et leur effet cellulaire : de quoi reconsidérer la consommation d'eau et de bière... Je préfère l'auteur quand il co-signe Game Over, mais cet épisode est très bien mené.

- Capitaine Anchois. Floris donne aussi dans le récit de piraterie mais avec un humour absurde réjouissant : les personnages sont tous de sombres crétins mais leurs mésaventures (en une planche comme en un strip) sont un régal.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent d'ironiser sur le sport. Au point d'avoir raison de leur robot ? A suivre, toujours avec le sourire.

- L'Atelier Mastodonte. Mathilde Domecq entraîne Jérôme Jouvray dans le monde de la moto, après avoir eu raison de Lewis Trondheim. Les semaines passent et cette série est toujours aussi jubilatoire, les auteurs se succédant avec un égal bonheur.

- Le Petit Spirou. M'sieur Mégot découvre le secret de la bonne humeur permanente de son élève, mais la technologie résistera-t-elle au terrible prof de sport du petit groom ? Tome et Janry réussissent un bon gag - en attendant le retour du Dad de Nob. (Voir ci-dessous :)   


En Direct de la Rédak offre une interview du réalisateur Benoît Mariage, membre du jury pour le prochain défi Spirou. Et la semaine prochaine, Buck Danny revient dans la revue.
Les Aventures d'un Journal revient sur un concours lancé en 1964 par Peyo quand il signait Johan et Pirlouit. 

Enfin, les abonnés ont entre les mains la 4ème et dernière pièce du poster Zombillenium d'Arthur de Pins (un bien beau poster d'ailleurs).

vendredi 26 septembre 2014

Critique 511 : JERÔME K. JERÔME BLOCHE, TOME 24 - L'ERMITE, de Dodier


JERÔME K. JERÔME BLOCHE : L'ERMITE est le 24ème tome de la série, écrit et dessiné par Dodier, publié en 2014 par Dupuis.
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Jérôme se rend chez Me Sénéchal, qui veut l'engager pour une mission inattendue : il s'agit de remettre en main propre une lettre d'un de ses clients, récemment décédé des suites d'une longue maladie, à un homme habitant dans un village rayé de la carte après la construction d'un barrage il y a une trentaine d'années. 
Le détective doit prendre l'avion, dont il a la phobie, pour se rendre dans les environs et peut compter sur le soutien de sa fiancée Babette, qui l'accompagne. Après avoir dû abandonner leur voiture de location, accidentée après un orage de grêle, ils trouvent enfin le destinataire de la lettre, un vieil homme vivant tel un ermite, du nom de Antoine Oliveira, qui leur réserve un accueil fruste. 
Cet hôte inquiète Babette qui le surprend la nuit en train de creuser dans la cour derrière sa maison et qui croit qu'il va les tuer. Mais la vérité est tout autre et Jérôme va découvrir une très ancienne et tragique histoire qui a dévasté la vie de deux familles...

Ce récit sur le temps, les secrets et les regrets est peut-être le meilleur de toute la série d'Alain Dodier, ce qui n'est pas un mince exploit quand on se rend compte qu'il s'agit du 24ème tome de Jérôme K. Jérôme Bloche. Après plus de trente ans d'existence et une telle quantité d'aventures, on peut toujours, et légitimement, se demander ce qu'une bande dessinée peut encore proposer de suffisamment palpitant pour contenter ses fans de la première heure et conquérir de nouveaux lecteurs. A cette question, l'auteur a su répondre avec cette intrigue qui le confirme comme un des plus discrets mais des plus efficaces.

La conception de cet album a été laborieuse : Dodier en a eu l'idée il y a plus d'une vingtaine d'années, mais il l'a plusieurs fois remaniée jusqu'à obtenir ce qu'il voulait. Il a même songé, comme il l'a confié dans une interview à Spirou (lors de la prépublication de l'histoire), en faire un one-shot, avant de l'intégrer aux enquêtes de JKJB.
Mais si l'oeuvre a réclamé à Dodier de la patience, si l'on sent son exigence, le déroulement de l'intrigue constitue dans sa fluidité et l'émotion qu'elle produit témoigne de son degré de maîtrise comme scénariste. Il y a deux niveaux de narration : l'un avec de nombreux flashbacks, qui occupe pas moins de 21 planches sur les 50 de l'album, ce qui est plus que conséquent ; et l'un avec la mission actuelle de Jérôme. Le procédé peut étonner mais répond à une priorité : en articulant le récit différemment, voire en supprimant ces retours en arrière, cela aurait obligé l'auteur à des pavés de textes explicatifs indigestes et privé le lecteur à la fois du plaisir d'une lecture plus souple et de la palette de sentiments convoqués.

Dodier a aussi révélé que l'inspiration lui est venue d'un fait divers partant d'un postulat identique : la disparition administrative et physique d'un village entier à la suite de l'édification d'un barrage et de la submersion d'un territoire entier. Cela lui a en tout cas fourni un de ses décors les plus originaux, un cadre non urbain comme il aime à les représenter (en alternance avec les enquêtes en ville de Jérôme), propice au suspense et justifiant le titre de l'histoire.

L'explication du drame et la résolution de l'affaire ne s'effectuent que très progressivement et le lecteur n'en connaît le fin mot qu'au même rythme que le héros. Plus que jamais, il y a du Simenon chez Dodier avec une galerie de personnages mémorables, des situations étonnantes, des climats forts, un mystère savamment élaboré. La dimension humaine n'est jamais éclipsée par l'énigme policière : au contraire, elle la nourrit, elle la crée, elle la raffine. C'est aussi pour cette raison que ce 24ème épisode est un des (sinon le) plus aboutis.

Visuellement, comme je le suggère plus haut, l'histoire dispose d'un environnement exceptionnel, que Dodier, toujours en s'appuyant sur une documentation très fournie (et désormais facilitée, comme il l'a avoué, par la photographie numérique), représente avec tout son talent. Le réalisme est d'autant plus puissant qu'il est servi par un trait sans fioritures, sans détails superflus, mais avec ce qu'il faut de précision pour que le lecteur y croit.
Les dessins des véhicules, qui ont une grande importance dans l'affaire, sont également dignes de tous les éloges, prouvant encore une fois le brio avec lequel l'artiste sait les traiter.
Quant aux personnages, les fans de longue date comme moi seront heureux de suivre le couple de Jérôme et Babette tout au long du récit : il fonctionne parfaitement et forme un binôme très divertissant, graphiquement crédible et peu commun (Jérôme n'étant pas un héros conventionnel, et Babette loin d'un faire-valoir sexy). Les seconds rôles sont aussi soignés, qu'il s'agisse d'Antoine Oliveira (aux deux âges de sa vie), Denis Sagary (lui aussi évoluant physiquement pour les besoins de l'intrigue), ou le notaire Maréchal (Dodier est toujours aussi inspiré pour ce genre de personnages).

Il faut enfin mentionner spécialement la mise en couleurs de Cerise, qui a su trouver (certainement après de nombreux essais avec Dodier) une palette nuancée et distincte pour les séquences au présent et au passé, répondant idéalement à une idée du découpage très simple mais inspirée (des planches de cinq bandes pour les flashbacks, de quatre pour l'action actuelle).

Une éblouissante réussite : un grand cru pour le détective Bloche.  

lundi 22 septembre 2014

Critique 510 : SPIROU N° 3988 (17 Septembre 2014)


La couverture annonce le retour des Campbell, la série de pirates de Munuera : c'est une bonne nouvelle.

Attardons-nous un peu sur ce sommaire et ce qu'il propose de bon.

J'ai aimé :

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 3. Spirou échappe de façon peu orthodoxe à un sniper en retrouvant une connaissance de son aventure sur la lune (voir La Face cachée du Z, tome 52). Puis avec Fantasio, il est reçu à l'ambassade où ils rencontrent Victor Véritas, un communicant, et Omar Jalil, à qui ils promettent de tenir une séance de dédicaces en pleine ville. L'homme est susceptible de les renseigner sur le fameux trésor d'Alexandrie...
Cette nouvelle aventure tient décidément ses promesses : Vehlmann a réussi un dosage parfait entre humour (la scène du sniper avec un hommage au "moonwalk" de Michael Jackson et la réapparition de l'hilarant Poppy Bronco) et action (et la quête du trésor en point de mire). Le scénariste glisse même quelques répliques inspirées sur les pays du Moyen-Orient libérés de leurs dictateurs mais plongés depuis dans des guerres civiles.
Yoann, lui, produit des planches très toniques (les meilleurs depuis son arrivée sur le titre), bien servis par les couleurs de Laurence Croix, avec un superbe travail sur les décors, échappant aux clichés.

- Ernest et Rebecca : La Boîte à blagues 6/7. Rebecca se fait gronder par son père après l'escapade de Pépé Bestiole, mais Ernest va tenter de sauver ce dernier en affrontant les virus qui l'accablent. De son côté, Coralie tente de faire face à la déconvenue subie face à Eric...
Bianco et Dalena n'esquivent pas la gravité des situations traversées par leur héroïne et cet avant-dernier épisode illustre parfaitement leur maîtrise : c'est subtil et merveilleusement mis en images. Du coup, on espère vraiment que Pépé Bestiole va s'en tirer et que Coralie et Eric vont se réconcilier.

- Katz. Le minou déjanté de Del et Ian Dairin revient faire des siennes. Le premier gag n'est pas très bon, mais le second offre une chute amusante.

- Mélusine. Clarke se contente de quatre cases (et autant de bandes) pour un gag très léger, mais je reste indulgent parce que je n'arrive pas à me fâcher avec cette série.

- Les Campbell : Sous le masque de Morgan 1/2. Campbell et ses deux filles, Itaca et Genova, vont faire quelques emplettes. La librairie du coin va servir de carrefour aux retrouvailles avec l'adolescente Itaca et Luca le blond, son ex-fiancé, tandis que Campbell retrouve le turc, toujours prêt à lui proposer un mauvais coup...
José-Luis Munuera propose un récit en deux parties de sa série (suite et fin au prochain n°) sur une famille de pirates, que j'avais découverte dans le Méga Spirou de Juillet (un best-of de la revue, épais mais à petit prix). Ces 7 pages ne permettent pas de se faire un avis tranché sur le résultat, mais c'est accrocheur.
Surtout, les dessins de Munuera (qui dessina Spirou et Fantasio avant Yoann, durant le bref run de Morvan) sont un régal : l'artiste, qui vient de l'animation, est à son avantage dans cet univers.

- Minions. Un gag en une page de Didier Ah-Koon et Renaud Collin, très marrant : c'est pas tout de vouloir se relaxer, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la chute.

- Rob. James et Boris Mirroir livrent encore deux fois deux strips réjouissants : une réflexion bien sentie sur l'art de glander la conscience tranquille, et une autre sur la mocheté des vêtements de sport.

- Imbattable. Pascal Jousselin met en scène son super-héros qui doit former un apprenti aux pouvoirs étonnants. L'inventivité du découpage et la malice de l'écriture font de ce titre un constant enchantement.

- L'Atelier Mastodonte. Bianco, dans un tout autre registre qu'Ernest et Rebecca, prend une bonne leçon pour avoir été sarcastique. Puis Pascal Jousselin se fait mener par le bout du nez par la fille de son collègue Alfred. Toujours aussi jubilatoire.

- Tash et Trash. Un gag absurde mais encore une fois réjouissant. / Capitaine Anchois. Une pique bien sentie contre Twitter.

- Dad. Les filles à Papa ont l'art et la manière de lui faire passer certains messages. Et Nob a le génie pour produire un nouveau gag tordant, toujours aussi superbement mis en images. (voir ci-dessous :)  

En Direct de la Rédak offre une interview de Munuera et la réponse très drôle de Nob à une lectrice.
Les Aventures d'un Journal nous ramène en 1954, à une époque où Dupuis commandait à ses auteurs de faire eux-même leur promo, ce qui fournit à Jijé l'opportunité d'un gag savoureux.

La semaine prochaine, la mythique série Soda revient et pour les abonnés, la quatrième et dernière partie du poster Zombillenium.