mardi 19 août 2014

LUMIERE SUR...MICHAEL LARK

MICHAEL LARK
 Black Widow
 Renee Montoya (Gotham Central)
 Rachel Cole-Alves (Punisher)
 Daredevil
 Paul Crocker (Queen and Country)
 Winter Soldier
 Hulk
 Hellfire queens
 Superman
*
Un fan a commandé à Michael Lark les deux dessins suivants
d'après ces 3 cases issues de Daredevil #108 :
Dakota North

Critique 496 : SPIROU N° 3983 (13 Août 2014)


La couverture met à l'honneur Ernest et Rebecca dont le sixième tome commence à être pré-publié dans ce numéro. Matthieu Sapin et son alter ego Pinpin Reporter s'invite aussi au sommaire.
Allez, détaillons un peu le contenu de la semaine.

J'ai aimé :

- Ernest et Rebecca : La boîte à blagues 1/6. Voilà encore une série que je connais à peine, je n'en avais lu qu'une partie dans le recueil n°330, mais j'avais été séduit. L'héroïne est une gamine de 6 ans qui a été malade et s'est fait un ami de son virus, Ernest. A présent, c'est son grand-père, Pépé Bestiole, qui est hospitalisé et la petite a suivi son père en douce pour lui rendre visite en espérant le sauver.
Les BD avec des mômes sont peut-être celles que je redoute le plus car peu d'auteurs savent bien les conduire, mais Guillaume Bianco a eu la bonne idée de faire de Rebecca une fillette au caractère bien trempée et de montrer comment la franchise d'un enfant ne s'embarrasse pas des politesses sociales. Le sujet a beau être grave, il est traité avec énergie et fantaisie. Le dessin de Antonello Dalena (avec les couleurs superbes de Cecilia Giumento), tout en rondeur, très expressif, vient de chez Disney (où il était character designer) et ses planches sont très toniques. C'est prometteur.

- Les Tuniques bleues : Les bleus se mettent au vert 4/6. Blutch et Chesterfield trouvent enfin un agriculteur qui leur donnent des fruits et légumes comme à deux soldats confédérés. Manque de bol, l'un d'eux est un de leurs vieux ennemis et va les entuber...
Cauvin et Lambil arrivent à la 35ème page de leur histoire et la font rebondir de manière salutaire. L'aventure est toujours aussi peu spectaculaire mais réussit à rester intéressante.

- Mélusine. Clarke est toujours aussi en forme et son gag hebdomadaire est savoureux, avec une chute très efficace. C'est une vraie "feel good" BD dont je ne me lasse pas.

- Adeline : Bisous d'été. Alex Lopez anime une héroïne adolescente qui, en vacances à la plage, tente, tout en surveillant son petit frère, d'attirer l'attention d'un trio de garçons, mais gare aux vagues ! Le dessin très volubile de l'auteur compense la minceur de son gag en 4 pages, mais le résultat est marrant. Il suffirait juste d'un peu plus de consistance au récit pour que ça soit vraiment excellent.

- Rob. James et Boris Mirroir reviennent avec deux nouvelles paires de strips toujours aussi bien inspirés. Le dessin sert à merveille cet humour absurde et presque dépressif.

- Pinpin Reporter. Matthieu Sapin est un auteur au sujet duquel j'ai lu tout et son contraire (considéré aussi bien comme très bon - avec Paulette Comète, avec Rossi - que très nul), mais la page qu'il livre là, revenant sur la précarité des bédétistes et aussi la relation parfois malhonnête qu'en font les médias, est excellente, malgré un dessin très faible.

- L'Atelier Mastodonte. Cette semaine, ce sont Alfred et Mathilde Domecq qui s'y collent, et c'est toujours aussi drôle. Le premier gag avec les chiens s'adresse peut-être trop aux initiés, qui connaissent les visages de plusieurs auteurs cités. Mais le second, égratignant à nouveau Lewis Trondheim, est plus accessible et révèle les talents de scénariste-dessinatrice de Mathilde Domecq (qui est d'abord coloriste).

- Game Over. Patelin, Midam et Adam ont fait mieux, mais leur gag reste tout de même redoutablement efficace.

- Tash & Trash. Dino délivre un gag en trois cases toujours aussi absurde et marrant. L'effroyable voyage de ses deux créatures est un petit bijou.

- Dad. Comme d'habitude, Nob conclut le numéro avec, à nouveau, une merveilleuse planche. Il y a du génie chez cet auteur qui en 11 cases développe une situation a priori anodine mais qui se retourne de façon jubilatoire contre son pauvre héros. C'est vraiment un joyau (visible ci-dessous).


J'ai pas aimé... Ben, en fait, un peu toujours la même chose. Encore deux planches navrantes de Lucky Luke. Encore Les Psys de Cauvin et Bédu, et quand vous n'en avez pas assez de l'humour pas drôle de Cauvin, y en a encore avec Cédric ! Boule et Bill, Tamara, Nelson (qui est quand même très inégal, avec un dessin très pauvre), Ralph Azham, Cramés... Tout ça n'est pas fameux : ça ne plombe pas la revue, qui compte assez de bonnes choses par ailleurs, mais je suis sûr que Dupuis pourrait trouver autre chose à placer.

En direct de la rédak comporte plein de bonnes choses cette semaine : la série Seuls (de Vehlmann et Gazotti) va être adapté au cinéma par David Moreau ; le prochain tome de Spirou et Fantasio (par Vehlmann et Yoann) commencera à être pré-publié dès le 3 Septembre ; Tebo nous offre une réponse désopilante à la question d'un lecteur...
Le Grand Référendum de l'été : Dans tes rêves. Salma et Léturgie propose leur 5ème teaser, un projet sf très excitant, avec une nouvelle fois un dessin sensationnel. J'ignore quel projet gagnera mais ils sont (presque) tous excitants.
Les Aventures d'un Journal revient sur une magnifique fausse pub imaginé par Tillieux ("la pipe Steve McKing"), dont l'histoire révèle un quiproquo étonnant.

Ah, et Le Petit Spirou fait son retour dans le prochain n° !

lundi 18 août 2014

Critique 495 : TEXAS COWBOYS, TOME 2, de Lewis Trondheim et Matthieu Bonhomme


TEXAS COWBOYS, TOME 2 rassemble les épisodes 10 à 18 de la série, écrits par Lewis Trondheim et dessinés par Matthieu Bonhomme, publié en 2014 par Dupuis.
Il est préférable d'avoir lu le tome 1, rassemblant les 9 premiers épisodes, auparavant.
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 (Extrait de Texas Cowboys  #10.
Texte de Lewis Trondheim, dessins de Matthieu Bonhomme.)

Le journaliste Harvey Drinkwater quitte à nouveau Boston pour regagner le Texas où son ami Ivy Forest le demande. Devinant que des ennuis l'attendent, le jeune homme se prépare à un retour agité, et il a raison puisque Frank Jackson et d'autres anciens acolytes du bandit Sam Bass tiennent en otages le frère et les deux soeurs de Forest afin de piéger et faire payer Drinkwater, tenu pour responsable de la mort du chef de gang.
Mais à Fort Worth, d'autres personnages assurent le spectacle et alimentent des intrigues, comme Butch La Framboise (un bagarreur aussi provocateur qu'invincible), Ricky Philips (le nouveau shériff qui en veut aussi à Drinkwater depuis l'assassinat de son beau-père), Jim Courtright (le marshall qui tient en respect toute la région), Mrs Cooper (la propriétaire d'un troupeau qui doit négocier avec un nouvel acheteur de bétail), Jossam et Sophia Carpenter (le contremaître de Mrs Cooper qui refuse que sa fille épouse un cowboy), et même Wyatt Earp et ses frères (qui viennent de pacifier OK Corral).
Tout ce beau monde va se croiser sur fond de règlements de comptes, de chasse au trésor, de romance, de match de boxe anglaise : de quoi fournir de nombreuses idées d'articles pour Harvey Drinkwater, s'il survit au voyage...
 
2 ans après avoir produit les neuf premiers épisodes de leur western, le duo formé par le prolifique Lewis Trondheim et le talentueux Matthieu Bonhomme remet ça. Ce nouveau volume de Texas Cowboys a été prépublié dans le supplément pour les abonnés de Spirou depuis l'automne 2013, et il est préférable d'avoir lu les précédents chapitres pour apprécier cette suite.

Ceux qui, comme moi, avaient aimé le premier tome ne seront pas déçus par celui-ci. On y retrouve les ingrédients principaux qui firent le nectar de l'album original avec une lecture à la fois respectueuse et subtilement décalée des codes du western.
La première singularité du projet tient dans le fait que le héros est non pas un cowboy traditionnel, un aventurier, un pistolero, un soldat ou un outlaw, mais un journaliste qui cherche d'abord au Texas de la matière pour ses articles. Après un premier voyage au cours duquel il a dû s'adapter à ces contrées hostiles, il y retourne aguerri et sachant qu'il devra en découdre avec des individus qui ont de sérieux contentieux avec lui (d'un côté, un ancien lieutenant de Sam Bass, bandit de grand chemin dont il avait infiltré le gang ; et de l'autre, Ricky Philips, le nouveau shériff de Fort Worth qui a juré de lui faire payer la mort de son prédécesseur et beau-père). Le personnage a donc évolué, ce n'est plus un pied-tendre mais cela ne lui enlève en rien son charme.
Toujours flanqué d'Ivy Forest, Harvey Drinkwater va rencontrer d'autres figures locales, qui, chacune, vivent leur propre histoire. Trondheim démontre son talent pour créer et animer des seconds rôles immédiatement mémorables et contrastés, favorisant des personnalités truculentes ou étranges mais toujours charismatiques. Le scénariste sait donner à cette galerie un relief jubilatoire, n'hésitant pas à faire bifurquer le récit dans des aventures annexes pleines d'imagination. L'exemple le plus notable est celui de Thomas Woodham, un ancien soldat sudiste qui est manchot et qui, contre un verre, raconte comment il a perdu son bras, mais en changeant à chaque fois de version (sur un champ de bataille, lors d'une fusillade en ville, en poursuivant l'amant de sa femme, en étant piégé dans une mine par des indiens...).
Mais Trondheim invente aussi dans ces nouveaux épisodes un personnage ahurissant qui vole la vedette au duo Drinkwater-Forest : il s'agit de Butch La Framboise, dont le nom suffit déjà à indiquer le caractère exceptionnel. Cherchant en permanence la bagarre, c'est un colosse redoutable, absolument imprévisible et invincible, qui menace d'abord Drinkwater avant de devenir son complice. La fin du 18ème chapitre annonce que si Texas Cowboys connaît un troisième volume, il faudra compter avec lui (ce qui annonce de nouveaux grands moments humoristiques).
Auparavant, la série souffrait toutefois de son peu de personnages féminins, même si Betsy Marone était remarquable. Cette fois, Trondheim a rectifié le tir en donnant deux beaux rôles au beau sexe. D'un côté, il y a  Sophia Carpenter, une jeune femme dont le père contremaître s'oppose à ce qu'elle soit courtisée par des cowboys. De l'autre, il y a la charismatique Mrs Cooper, une femme à poigne, qu'on jurerait inspirée par Joan Crawford (Johnny Guitar), belle et affranchie. 
Enfin, en arrière-plan, le scénariste s'amuse à caser Wyatt Earp et ses frères, ce qui inscrit son récit dans la véritable histoire du western (comme ce fut le cas dans les ultimes tomes de Blueberry, écrits et dessinés par Jean Giraud, avec la trilogie Mr Blueberry-Ombres sur Tombstones-Dust). Trondheim n'en abuse pas, estimant sans doute (mais avec raison) que jouer avec la légende du far-west nécessite qu'on la tienne à distance pour lui conserver sa saveur.
La narration est à la fois fluide et complexe, jouant sur des retours en arrière, la relation d'une même scène selon différents points de vue, jonglant avec un casting abondant, mais comme pour le premier tome, celui-ci reste toujours limpide et cette structure sophistiquée ajoute en fait au plaisir de la lecture.

Au dessin, Matthieu Bonhomme retrouve donc pour la troisième fois Lewis Trondheim (après leur récit complet fantastique Omni-visibilis et le premier Texas Cowboys). 
Cet artiste, qui est lui-même également un auteur complet (avec sa série Esteban) et qui a déjà exploré des genres très variés (la fable initiatique avec Messire Guillaume : L'esprit perdu, le polar médiéval avec Le Marquis d'Anaon), a expliqué s'être engagé dans cette suite en sollicitant quelques défis à son scénariste (notamment des scènes plus violentes). De fait, il a l'occasion d'imaginer visuellement certains passages gratinés (principalement lors des confessions de Thomas Woodham) et s'en acquitte avec brio mais sans complaisance.
Pour illustrer cette histoire, Bonhomme a la bonne idée d'appliquer un découpage très simple, à base de "gaufriers" de six cases, un procédé qu'il ponctue parfois avec une ou deux bandes complètes, voire exceptionnellement lors d'un chapitre par un plan large occupant l'espace de deux bandes. Cet exercice impose à celui qui s'y prête une grande rigueur dans la construction de la planche elle-même et la composition des plans à l'intérieur d'un cadre toujours égal, et le dessinateur maîtrise parfaitement son sujet sur ce point.
Un autre des nombreux talents de Bonhomme est son sens des ambiances, avec des ombres portées superbement traitées, mais aussi une colorisation volontairement sommaire (avec une palette réduite à six-sept couleurs principales). Ce dernier point souligne l'aspect propre des "dime novels" dont se réclame Texas Cowboys, ces fascicules bon marché imprimés sur du papier de mauvaise qualité, comme pourraient l'être les récits écrits par Harvey Drinkwater.
Tous les personnages sont dotés de gueules extraordinaires, des trognes inoubliables et inspirées pour les hommes, mais aussi de superbes créatures féminines avec de l'allure et du charme. C'est vraiment remarquable.

Si vous n'avez pas pu dégoter les suppléments dans Spirou, rassurez-vous, vous n'attendrez pas longtemps pour lire le recueil de ces 9 nouveaux épisodes qui sera disponible dès le 29 Août prochain. Ne passez pas à côté (et profitez-en pour vous procurer le tome 1 si ce n'est déjà fait, d'ici là).
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Et, pour la bonne bouche, ci-dessous les couvertures des 9 épisodes :     
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 17 août 2014

Critique 494 : SPIROU N° 3982 (6 Août 2014)

Bon, ça ne s'arrange pas vraiment avec ma connexion internet, je subis toujours de fréquentes (et imprévisibles) coupures. Mais j'ai jeté l'éponge avec le service clients et ses techniciens incapables de m'aider. J'écris désormais chaque article en espérant pouvoir le terminer sans encombres, parfois en le rédigeant en plusieurs fois. Je vais changer de crémerie, normalement à la fin du mois, pour un fournisseur qui aura des dépanneurs disponibles et compétents.
Je ne vous raconte pas ça en comptant vous passionner ou pour susciter votre compassion (il y a quand même plus pénible) mais pour expliquer pourquoi je chronique parfois avec du retard des parutions récentes, comme celles de Spirou. Merci à vous qui me suivez malgré la tenue un peu chaotique du blog en ce moment.


La couverture met à l'honneur Pierre Tombal : c'est étonnant puisque ce numéro ne compte en vérité que... Deux pages avec le fossoyeur. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'au-dessus du bandeau du titre, on voit Anne, l'héroïne du Royaume de Benoît Féroumont, et donc la promesse d'une histoire inédite.
 

Je continue mon "work-in-progress" sur la rédaction de la critique de la revue pour lui trouver un style dynamique et concis, même si je compte rester sur la formule du "j'ai aimé/j'ai pas aimé".

J'ai aimé :

- Le Royaume : Le four. J'espère pouvoir me procurer les albums de la série dans les mois qui viennent car en la découvrant (dans le recueil n°330), j'ai été vraiment conquis par le travail de Benoît Féroumont. Il nous livre ici 7 planches jubilatoires, inspirées par des faits réels : au Moyen-Âge, les fours servaient à tout le monde mais chacun en disposait suivant un ordre de passage précis, en fonction de la cuisson nécessaire aux plats. Anne, la jolie pâtissière du Roi, prépare de succulentes tartes mais a oublié d'y ajouter de la cannelle. S'ensuit une folle course-poursuite pour en trouver, surmonter une foule d'obstacles et revenir à temps pour l'enfournage.
Le récit est un modèle du genre : incroyablement vif, très drôle, avec une héroïne de caractère, des décors renversants, une chute savoureusement cruelle, et magnifiquement dessiné. Tout simplement délicieux.

- Les Tuniques bleues : Les bleus se mettent au vert 3/6. Blutch et Chesterfield continuent de chercher des fruits et légumes frais et finissent par croiser des soldats sudistes (dont l'un est une vieille connaissance) en proie aux mêmes soucis de santé que leur garnison.
Cauvin et Lambil déroulent un récit toujours aussi accrocheur et atypique, leur histoire est minimaliste mais donne envie d'être suivie. Le scénario et les dialogues n'ont pourtant rien de renversant, tout comme les dessins, mais ça fonctionne.

- Mélusine. Clarke délivre une nouvelle pépite avec ce gag en une page sur la nécessité de bien s'équiper d'un balai quand on est sorcière. La chute est très marrante, et bien amenée visuellement.

- Katz. Del et Ian Dairin s'amusent, et nous avec, avec leur chat en deux fois deux strips : crevettes et mouches (mégalos) sont au menu. Le dessin n'est pas extraordinaire mais les gags sont distrayants.

- Givrés. Amalric et Madaule sont en forme avec ce gag d'une page, complètement absurde mais épatant. Le découpage prouve que ce n'est jamais mieux que quand c'est simple.

- Nelson. La maîtresse du diablotin, des bonnes fées pas si bonnes en fait, et un vide-grenier donnent quatre strips rondement menés par Bertschy. Cette bande est très inégale mais, cette fois, elle fait mouche.

- Capitaine Anchois. Floris propose un gag sur le somnambulisme de ce crétin de Capitaine. C'est tout à fait réjouissant, la situation est poussée jusqu'au bout de son absurdité, avec un dessin qui sert très bien le propos.

- Rob. James et Boris Mirroir sont épatants : plus je lis leurs strips, plus je suis conquis. Leur humour est étrange, presque dépressif, mais très justes, ironiques. Le premier gag est particulièrement inspiré.

- L'Atelier Mastondonte. La question de l'argent via celui que touchent les auteurs est posée avec un humour très mordant mais hélas ! cruellement vraie. Nob et Pascal Jousselin vont certainement faire réfléchir pas mal de lecteurs mal informés à ce sujet et d'aspirants bédétistes sur les opportunités de carrière dans le 9ème Art (surtout au moment où le statut déjà précaire des auteurs est fortement menacé)...

- Tash et Trash. Juste deux cases mais tellement drôles que vous ne devez pas les manquer. (Le strip de Guillaume juste après, qui évoque le prochain festival Spirou et Stromae, est également recommandé.)

- Game Over. Saisissant comme Patelin, Midam et Adam réussissent chaque semaine à trouver une situation  et à en tirer un gag muet et si efficace.

- Dad. Une nouvelle fois, le brillantissime Nob conclut la revue avec une planche de sa série, dans laquelle il se moque de La petite maison dans la prairie et des modes d'emploi pour monter un meuble. C'est très drôle et superbement mis en images. Formidable.     

J'ai pas aimé : 

- Lucky Luke : Les tontons Dalton 6 (bon sang, à raison de deux pages semaines, on va encore en souper un moment de cette m... puisqu'on en est seulement à la planche 21 !) ; Boule et Bill (pas accablant, mais franchement cette reprise n'a aucun intérêt, aucun humour, aucune personnalité) ; Pierre Tombal et Les Psys (l'éditeur doit être bien content d'avoir Cauvin pour fournir autant de pages hebdomadaires, mais ça reste pitoyablement mauvais) ; Tamara (cette gamine m'énerve désormais, et puis c'est vraiment pauvrement dessiné) ; Bulbox (toujours aussi nul et laid) ; Ralph Azham (je n'y arrive pas, et là encore le dessin n'aide pas).

Le Grand Référendum de l'été : Hunter Disconnection. Salma et Léturgie nous propose un teaser de polar très blaxploitation. C'est assez alléchant, même si ça paraît convenu. En revanche, visuellement, c'est très fort.
En direct de la rédak vaut surtout pour l'interview de Féroumont. Et l'annonce du retour dans le prochain n° de Ernest et Rebecca (chouette).
Les Aventures d'un Journal revient sur une anecdote étonnante datant de 2000 où des planches de la série Sammy de Jean-Pol disparurent mystérieusement.

samedi 16 août 2014

Critique 493 : HAWKEYE #19, de Matt Fraction et David Aja


HAWKEYE : THE STUFF WHAT DON'T GET SPOKE est le 19ème épisode de la série, écrit par Matt Fraction et dessiné par David Aja, publié en Juillet 2014 par Marvel Comics.
Cet épisode fait suite au #15, publié en Mars 2014 (critique 424 de ce blog).
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La dernière fois que nous avions vu Clint et Barney Barton, ils venaient d'être violemment attaqués par le tueur à gages, le Clown, engagé par les mafieux russes, anciens propriétaires de l'immeuble où résident Hawkeye, son frère, et leurs voisins. Jessica Drew (alias Spider-Woman, l'ex-petite amie de Clint), appelée à la rescousse, les avait trouvés, gisant dans une mare de sang après avoir aperçu leur agresseur.
Les deux frères s'en sont tirés mais avec de sérieuses blessures quand nous les retrouvons : Clint est devenu sourd et Barney est cloué dans une chaise roulante.
Clint est aussi atteint moralement : il se sent toujours coupable de la mort de son voisin, "Grills" (déjà exécuté par le Clown), et s'en veut de ne pas avoir deviné plus tôt que l'assassin se cachait dans l'immeuble depuis longtemps (et que ses commanditaires n'avaient pas abdiqué).
Clint refuse de communiquer avec Barney : la situation le renvoie à leur enfance où, victime d'un père violent et alcoolique, il avait déjà perdu l'audition et se reprochait de ne rien pouvoir faire contre le responsable. 
Barney réussira-t-il néanmoins, par la raison ou la force, à susciter un sursaut de Clint, malgré leurs handicaps, leur relation fraternelle compliquée, l'adversité apparemment insurmontable de leurs ennemis, mais pour le bien de tous leurs amis et voisins ?

Quatre mois après la sortie du #15, Matt Fraction et David Aja livrent enfin un nouvel épisode en commun. Aussitôt, la Toile s'est enflammée (positivement) sur le résultat, pardonnant une nouvelle fois leur retard aux auteurs, et au même moment, les Eisner awards ont distingué la série en lui décernant les prix du meilleur épisode (pour le #11, Pizza is my business) et du meilleur cover-artist (pour Aja). Il n'en a pas fallu plus pour que certains critiques prédisent à ce nouveau chapitre de futures récompenses... Et c'est effectivement un tour de force qui devrait être salué.

Un mot d'abord, sur les délais de production : ils ne gênent pas la lecture. Relire un ou plusieurs épisodes précédents n'est pas une corvée quand on a la chance d'avoir une série de ce calibre, qui sait si bien stimuler le lecteur, l'entraîner vers de nouvelles expériences narratives et graphiques, transcender son genre (le récit super-héroïque, très détourné). 

Par ailleurs, Matt Fraction, son scénariste, alterne les épisodes avec David Aja (avec Clint Barton/Hawkeye/Hawkguy comme héros) et Annie Wu (avec Kate Bishop/"Lady" Hawkeye comme premier rôle), et même quelques issues spéciales (comme le #17, dessiné par Chris Eliopoulos, le lettreur de la série) : l'un dans l'autre, même s'il faut s'armer de patience pour suivre les aventures du côté de Clint Barton, ceux qui achètent tous les numéros ont quand même de quoi lire en attendant.

Ensuite, il faut quand même saluer et remercier le staff éditorial de la série chez Marvel qui n'a jamais cédé à la tentation de remplacer David Aja pour dessiner ses épisodes afin de préserver la périodicité mensuelle du titre. Les excellentes critiques et les bonnes ventes de la série y sont sans doute pour beaucoup, et les responsables du titre ont dû vite comprendre qu'écarter l'espagnol, malgré le temps qu'il met à livrer ses vingt planches, ôterait une bonne partie (pour ne pas dire l'essentiel) de la qualité de Hawkeye version Clint Barton. Il y a là quelque chose de vraiment réconfortant, mais aussi de précieux parce que rare, à pouvoir lire une série comme celle-ci grâce à des gens qui ont compris que ses auteurs méritaient qu'on leur donne du temps pour la réaliser : c'est bien entendu exceptionnel, et il s'en trouvera toujours pour râler parce qu'ils n'ont pas leur fascicule chaque mois, mais quand ils reliront le run complet de cette équipe artistique, ils mesureront mieux, avec plus de distance et de discernement, l'intelligence de cette décision éditoriale.

Et, enfin, en lisant ce 19ème épisode, à la question : cela méritait-il d'attendre aussi longtemps ? On peut répondre "oui". Oui, c'est un nouvel épisode sensationnel, qui valait bien la peine de patienter 4 mois.

Passons donc à présent sur le contenu.

Et là, j'en vois déjà qui vont être interloqués en feuilletant d'abord puis en se plongeant plus attentivement dans la lecture de cet épisode. Pourquoi ? Parce que, comme le #11 était déjà surprenant en adoptant le point de vue d'un chien, celui-ci emploie abondamment le langage des signes, mais aussi des phylactères vides ou remplis de caractères illisibles. Mais n'ayez pas peur. Ou, même si vous avez un peu peur (de ne pas tout saisir, et donc de ne pas tout apprécier autant que vous le voudriez), osez l'expérience, relevez le défi (et de toute façon, je vous fournis dans cette critique l'aide d'une rapide recherche via Google), et comprenez surtout ce que David Aja a résumé dans un tweet :

- “If while reading Hawkeye #19 you feel you don’t get it all, if you find obstacles, congrats, you’re starting to learn what being disabled is.” ("Si pendant que vous lirez Hawkeye #19 vous sentez que vous ne comprenez pas tout, si vous vous heurtez à des obstacles, félicitations, cela veut dire que vous commencez à comprendre ce qu'être handicapé signifie.")

Il faut aussi préciser que le langage des signes américain diffère du langage des signes français, et donc, ce petit tableau ci-dessous est bien utile :
 

C'est celui qu'a dessiné David Aja, d'après la manière américaine de signer les lettres et les chiffres.

Il est temps d'ouvrir une parenthèse dans cette critique, pour apprendre comment l'idée d'un tel épisode, reposant sur un dispositif narratif impliquant l'usage du langage des signes, est venue à Matt Fraction.

En 2012, Rachel Coleman, responsable de la série pour enfants Signing Time chez Two Little Hands, fit la connaissance de Matt Fraction à l'occasion d'un concert. Fraction fut fasciné par cette expérience  et compris quelles similarités visuelles existaient à la fois dans les comic-books et cette manière de communiquer.
En développant son intrigue pour la série Hawkeye, le scénariste annonça très tôt qu'il utiliserait ce langage dans un épisode en l'intégrant de façon logique et naturelle. C'était aussi l'occasion pour lui de rappeler que le héros avait déjà connu des problèmes d'audition sévères dans le passé (dès sa première mini-série, écrite et dessinée par Mark Gruenwald dans les années 80).
Plus tôt cette année, une mère de famille contacta Marvel parce que son fils de 4 ans refusait de porter ses prothèses auditives en expliquant que les super-héros n'en portent jamais. L'éditeur envoya au garçon un dessin d'Hawkeye équipé de prothèses auditives, et ensuite fit créer un nouveau super-héros nommé Blue Ear.
Tout cela encouragea encore davantage Fraction qui confirma à Rachel Coleman qu'il venait d'écrire un épisode dans lequel Clint Barton était à nouveau victime de surdité.
Un an passa et Fraction posta alors à Coleman une première version du script de Hawkeye #19, incluant des phylactères vides quand Clint Barton n'était pas face à son interlocuteur (et donc ne pouvait pas lire sur ses lèvres ce qu'il disait).

Et c'est là où j'en reviens à ma propre analyse : si on ne connaît pas le langage des signes américain, en lisant cet épisode, on est d'abord confus, frustré, perturbé, puis on cherche plus précisément à savoir ce que les passages utilisant ce procédé signifie. Avec cet épisode, en vérité, Fraction et Aja invitent le lecteur à ne plus être qu'un spectateur passif mais à participer activement à leur initiative en faisant un (petit) effort. Il n'y a pas de traduction offerte avec ce numéro, tout simplement parce que, quand on est effectivement sourd, personne ne fournit non plus de moyen pour comprendre ce que les autres disent ou ce que vous, vous voudriez leur dire.

Après avoir lu Hawkeye #19, le critique Timothy Merritt, qui signa un article élogieux, et sa femme, qui ont un enfant de 8 mois atteint de surdité, prirent la décision d'apprendre la langue des signes et de la lui enseigner. 
L'épisode est aussi dédié à Leah (http://www.rachelcoleman.com/leahs-story/ ), la fille de Rachel Coleman, née sourde en 1996. Pour en savoir plus sur la production de Rachel Coleman, cliquez sur ce lien : http://www.twolittlehands.com.

(La page 7 et son script de Hawkeye #19.
Texte de Matt Fraction, dessins de David Aja.)

Selon votre caractère et votre volonté, vous pourrez considérer cet épisode comme un épisode extra-ordinaire de plus dans la collection produite par Matt Fraction et David Aja. Et/ou alors comme une incitation à considérer autrement cet handicap, peut-être même à apprendre le langage des signes.

D'un strict point de vue "technique", c'est effectivement un épisode fabuleux : le scénario est fin, subtil et efficace à la fois. Matt Fraction a atteint avec cette série ce après quoi courent certainement tous les auteurs (en tout cas tous les auteurs consciencieux) dans leur carrière : une sorte d'état de grâce où on ose oser, où on ose tout, où les éditeurs qui vous supervisent savent vous encadrer sans vous brider, et où tout vous réussit parce qu'on est porté par ce qu'on écrit, parce que le héros vous inspire, parce qu'on a trouvé un angle original pour raconter ses histoires.
Mieux même, il est arrivé à rendre attachant un héros dont les défauts ne nous sont pas cachés mais participent à le rendre sympathique (même si ça ne signifie pas qu'on lui pardonne tous ses écarts, ses maladresses, son manque de clairvoyance) : Clint Barton est un type fier, infidèle, têtu, bagarreur, il n'est pas immédiatement aimable, et même aujourd'hui, avec tout ce qu'il a enduré et endure encore, on ne peut pas dire qu'il soit un héros classique, de ceux qu'on admire.
Mais à travers lui et les personnages qui l'entourent, fugacement ou plus intimement (comme ici, son frère Barney, écrit, peut-être pour la première fois, vraiment comme l'autre Hawkeye de la série, depuis le départ de Kate Bishop), Fraction définit cette notion de héros, à la fois comme personnage de fiction et comme personnage admirable.
Pourquoi aime-t-on un héros (quand bien même, comme disait Aragon : "malheureux le pays qui a besoin de héros") ? On l'aime pour les choses biens qu'il accomplit, ses actes purement héroïques, son activité de justicier, son honnêteté, sa capacité à améliorer la vie des autres mais aussi à faire l'effort d'être quelqu'un de bien lui-même, quelqu'un de droit, en qui on a confiance. Tout ce qui fait en somme que "pour être aimé, il faut être aimable", comme l'écrivit François Truffaut.
Mais on aime aussi un héros, de bande dessinée en l'occurrence, souvent parce qu'il a une faiblesse et qu'il arrive à la dépasser. Daredevil est aveugle, par exemple, mais il compense ce handicap par une volonté remarquable, un refus d'être limité par la perte de la vue, et aussi un usage intelligent de ses autres sens, y compris de son fameux "6ème sens", son "sens radar".
Jusqu'à cet épisode, Matt Fraction semble souvent s'être amusé à montrer Clint Barton comme un héros qui en prenait plein la gueule, effet souligné par la représentation visuelle de David Aja qui le dessine souvent couvert de pansements, hirsute, habillé négligemment. Mais en le blessant plus durement encore au 15ème épisode et désormais en le montrant handicapé, en refusant aussi qu'il soit miraculeusement rétabli (comme bon nombre de super-héros, par la grâce d'un pouvoir mutant ou l'aide d'un magicien ou de soins avancés - après tout, Clint Barton aurait très bien pu être guéri par Dr Strange, Tony Stark ou je ne sais quel savant multicarte de l'univers Marvel en bons termes avec lui ou les Vengeurs), le scénariste nous le donne à voir vraiment vulnérable, sérieusement atteint physiquement et moralement. Une partie de l'épisode joue avec cette incertitude morale : Clint va-t-il baisser les armes, abandonner, sombrer ? Ou, notamment grâce aux interventions énergiques de son frère Barney, réagir, rebondir, dépasser sa condition et riposter ?
La dernière page de l'épisode fera plaisir à de nombreux lecteurs, autant ceux qui espéraient la réaction de Clint que ceux qui, sans être frustré par la manière dont Fraction a déjoué les conventions de la bande dessinée super-héroïque (et donc plus largement des comics d'action), étaient curieux de savoir comment l'intrigue allait se diriger vers son dénouement - dénouement prévu désormais puisque le scénariste terminera son run au #22 (ce qui laisse donc trois épisodes à la série, dont deux avec Aja pour conclure la saga de Hawkguy contre le Clown et les mafieux russes).

Cette structure en deux parties (avec ses scènes dans le passé - l'enfance des frères Barton - et le présent, la tentation de l'abandon et la réaction de Clint, la situation dans l'immeuble et de nouvelles manoeuvres des méchants à l'extérieur - avec notamment le retour d'Ivan, fournissant une scène comique très drôle sur les signalisations dans le terminaux d'aéroport), nous la retrouvons dans la partie graphique de l'épisode.

La colorisation de Matt Hollingsworth souligne avec ingéniosité et simplicité les deux époques mais aussi les deux espaces du récit : le passé et l'extérieur de l'immeuble avec des tons pêche, jaune, marron, rouge, beige ; et le présent et l'intérieur (espace mental des Barton et espace de l'immeuble) avec une palette familière de mauve, violet, bleu, gris. Le rendu est superbe, tout en à-plats, et prouve une fois de plus qu'en la matière, coloriser une BD, c'est d'abord restituer ses ambiances et pas en mettre plein la vue au lecteur.

David Aja, lui, qui n'a plus rien à prouver en matière de découpage, capable aussi bien de loger une quinzaine de vignettes dans une page sans que le regard du lecteur ne soit submergé comme de délivrer une splash-page à l'effet optimisé par la rareté de son emploi et la justesse de sa composition, s'attache également à traduire la dualité de l'histoire.
Il a recours plusieurs fois à une sorte d'effet miroir, comme si certaines pages se répondaient, à travers les époques où se situent leurs actions. Ce dispositif trouve son apogée avec les pages 13 et 14, où Clint et Barney, enfants puis adultes, se bagarrent, mais ce n'est pas qu'une simple et belle séquence d'action traditionnelle : c'est l'histoire résumée d'une relation fraternelle dysfonctionnelle où le sang (partagé par les liens familiaux, et versé par l'échange de coups de poings) raconte l'essentiel, d'une façon à la fois frustre et subtile.

Une des raisons qui a exigé tant de temps pour réaliser cet épisode tient aussi, évidemment, à la représentation visuelle du langage des signes. Sur les vingt pages de cet épisode, onze comporte des passages avec des signes dessinés, ce qui augmente le nombre de plans par page de manière considérable tout en obligeant à ne pas faire d'erreurs pour dessiner les mouvements des bras, des mains et des doigts. Des lecteurs, y compris sourds, ont vérifié l'exactitude du travail d'Aja.
On peut lire l'épisode (au moins) deux fois : d'abord sans chercher de traduction, en essayant de comprendre intuitivement les cases signées, et on voit alors que tout est parfaitement compréhensible (c'est pour cela qu'il ne faut pas avoir peur en feuilletant puis en lisant l'épisode : si moi, j'y suis arrivé, n'importe qui peut le faire) ; puis en ayant à sa disposition une traduction (comme celle que je fournis à la fin de mon article), qui permet de vérifier que rien n'échappe à celui qui ne sait pas signer.
C'est un travail cependant assez fou auquel s'est livré Aja, une sorte de "performance" comme il en donné beaucoup à cette série, et qui rend sa production aussi étonnante, et impressionnante. On peut considérer ça comme un morceau de bravoure, un exercice de style, une exploration poussée du dessin, ou tout cela à la fois. Difficile en tout cas de ne pas être sidéré par le résultat et troublé par l'expérience.

Cela, c'est sûr, vous ne le vivrez pas souvent (plus jamais ?) dans une bande dessinée, surtout produite au sein d'une major comme Marvel - et, quel que soit le destin de Hawkeye comme série, si elle est poursuivie par d'autres auteurs, relaunchée ou remaniée après les départs de Fraction et Aja, ce genre d'épisode restera comme un témoignage unique de ce qu'elle proposait.

Hawkeye est une bande dessinée où les mots et les images vont réellement dans la même direction et donnent un sens à un récit. Entre des mains aussi habiles que celles de Matt Fraction et David Aja, on apprécie mieux ce délicat mélange de sophistication visuelle et de souci permanent de lisibilité.
*

Comme promis, voici
une traduction des cases signées de cet épisode
(aisément trouvable en cherchant sur Google avec ces mots
"hawkeye 19 sign language translator").
Pour situer encore mieux, comprenez que la page 1 est celle présentant les crédits de l'épisode.
 
PAGE 3:
Barney : Stupid. C-L-I-N-T.
PAGE 5:
Barney : Now what? You remember.
PAGE 8:
Barney : Shower today maybe. Change clothes.
PAGE 10:
Clint : Uncle B-A-R-N-E-Y?
Barney : You can sign.
PAGE 11:
W-T-F
PAGE 12:
Clint : Dad.
Clint : Want (points to bottle of alcohol).
Barney : You'll spit it out.
PAGE 13:
Clint : No. I feel nothing.
PAGE 14:
Clint : Dad's tall. I can't stop him.
PAGE 15:
Barney : You can take it back.
PAGE 17:
Clint : First nice/clean clothes. Everyone roof five.
PAGE 18:
Clint : They'll never stop. I will stop them. O-K?
PAGE 19:
Clint : We.
Clint : Anything else?