jeudi 23 août 2012

Critique 346 : CATWOMAN, VOL. 4 - WILD RIDE, de Ed Brubaker, Cameron Stewart, Nick Derrington et Guy Davis


Catwoman, volume 4 : Wild Ride rassemble les épisodes Secret Files #1 et 20 à 24 de la série, écrits par Ed Brubaker, publiés par DC Comics en 2002-2003. Les dessins sont signés Cameron Stewart, avec des crayonnés de Nick Derrington (pour le #22) et Guy Davis (pour les #23-24).
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- Slam Bradley : The McSweeney Case (Catwoman : Secret Files #1). Dessiné par Cameron Stewart. Selina Kyle tient compagnie à Slam Bradley lors d'une planque. Ils surprennent une bande de jeunes cambrioleurs dont fait partie Martin McSweeney que son père a chargé le détective de retrouver et de ramener dans le droit chemin...

- Wild Ride (Catwoman #20-24). Dessiné par Cameron Stewart (#20-21), avec Nick Derrington (#22) et Guy Davis (#23-24). Après les épreuves subis lors de l'affrontement contre Black Mask (l'arc et l'album Relentless) et ses lendemains difficiles (l'arc No Easy way down, également dans l'album précédent), Selina a l'idée d'embarquer Holly pour une virée en voiture à travers le pays, histoire de se changer les idées, loin de Gotham.
Les deux amies s'arrêtent d'abord en pleine campagne, dans une ferme, où Selina s'était cachée avant son retour à Gotham. Ted Grant alias Wildcat, membre de la JSA, les y attend. Ayant entraîné Catwoman à ses débuts aux sports de combat et à l'acrobatie, il a accepté de former Holly.



Selina et Holly s'offrent un "road trip" en quatre étapes...



Où l'on découvre qui a entraîné Selina
(et va entraîner Holly)...

Selina fait l'escale suivante seule à Keystone City. Elle y croise Lenny Snart alias Captain Cold (un des adversaires de Flash) qui, en échange de renseignements sur une personne qu'elle cherche, lui demande un coup de main pour un cambriolage. Mais Catwoman, une fois informée, saura jouer un tour malicieux au malfrat.
Puis tandis qu'Holly et Selina reprennent la route et se trouvent involontairement mêlées à un braquage dans un restauroute, à Gotham, Batman aborde Slam Bradley pour avoir des nouvelles de Catwoman. La rivalité entre le privé et le justicier va corser la discussion de façon musclée...



Escale à Opal City : mais après qui
court Selina (sans le dire à Holly) ?

La ballade des deux filles les mène ensuite à Opal City, ville de Starman. Comme à New York où, une nuit avec Wildcat, Catwoman avait surpris de curieux ninjas égyptiens dans un temple caché, Selina est à nouveau prise à parti par ces curieux personnages qu'elle a visiblement dérangés et qui veuelent désormais la supprimer.
Enfin, à St-Roch, Holly découvre la surprise que lui réservait Selina et l'objet des investigations de celle-ci en retrouvant son frère aîné, Davey Robinson. Wildcat présente Catwoman à Hawkman et Hawkgirl, protecteurs de la ville, qui l'éclairent sur les assassins qui la traquent et leur mobile (un vieux contentieux sectaire à partir d'une divinité féline égytienne).
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Après les épisodes dramatiques du précédent recueil (Relentless), Ed Brubaker offre à son héroïne et sa meilleure amie comme aux lecteurs une échappée loin de Gotham. L'objectif est relancer la dynamique de la série sur un ton plus léger mais qui n'exclut pas quelques péripéties. De plus, Selina Kyle prend cette virée entre copines comme prétexte car elle a un agenda secret : la révèlation finale est doublement inattendue puisqu'il ne s'agit pas d'une affaire concernant directement l'héroïne et n'a rien d'extraordinaire.
En vérité, ce nouveau volume (le dernier regroupant des épisodes écrits par Brubaker, avant que DC ne collecte en albums le run de Will Pfeiffer à partir du #53 !) s'attache davantage à Selina et Holly qu'à Catwoman, qui ne fait que des apparitions comptées et pour pimenter le récit, à la manière d'apartés. Un subplot, avec ces étranges ninjas égyptiens, est tracé en parallèle et laissé en suspens à l'épisode 24, mais c'est clairement secondaire.
Ce choix narratif s'explique par une volonté évidente de contrebalancer la tonalité très noire des précédents épisodes, où le combat contre l'abominable Black Mask et ses conséquences éprouvantes étaient eux-mêmes l'aboutissement d'une intrigue démarré au volume 2 (Crooked little town). Mais c'est aussi une façon d'humaniser à nouveau Catwoman et d'ouvrir son univers en l'entraînant dans des villes emblématiques de l'univers DC.
Ainsi, à la campagne et New York, Selina renoue avec son mentor, Wildcat - ce qui, au passage, permet à Brubaker d'ironiser sur le nombre d'hommes plus âgés qu'elle côtoie (après Slam Bradley et Batman, ou même Stark dans le graphic novel de Darwyn Cooke, Selina's big score, qui fait partie de la continuité tout en se situant à la périphérie de la série).
Puis à Keystone, elle roule habilement Captain Cold lors d'un braquage mouvementé, merveilleusement conçu par le scénariste.
A Opal City, Holly suggèrera à son amie de proposer sa candidature pour intégrer la JSA maintenant qu'elle est dans le droit chemin - là encore, Brubaker souligne, malin, que la féline n'est pas encore assez angélique pour être une super-héroïne traditionnelle.
Enfin, à St-Roch, tandis qu'Holly retrouve son frère (celui que cherchait donc, à travers le pays, Selina), Catwoman en apprend plus sur ses nouveaux ennemis grâce à Hawkman.
En cinq chapitres, Brubaker a su efficacement élargir le réseau de Catwoman, nous raconter comment elle a pu devenir une athlète capable d'acrobaties dans le ciel de Gotham et de tenir tête à ses adversaires, souligner l'évolution positive de l'héroïne qui est acceptée par d'honnêtes héros (et devient même amie avec Hawkgirl).
Le naturel avec lequel il parvient à intégrer tout cela, la subtilité avec laquelle il campe des personnages féminins qui ne sont pas réduits à des caricatures, le soin avec lequel il traite les seconds rôles, font de cette Wild Ride une lecture plus modeste que Relentless mais très agrèable, rafraîchissante. Comme ses héroïnes, on en sort ragaillardi.
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Cameron Stewart reprend les commandes au dessin et livre des superbes planches, toujours aussi bien mises en scène, avec des personnages expressifs. Son trait simple, rond, à l'encrage ferme (appréciez particulièrement la manière dont il joue avec la lumière et les ombres, soutenu par la colorisation de Matt Hollingsworth), est un vrai régal.

Sur la fin, Stewart est épaulé par Nick Derrington d'abord puis, surtout, Guy Davis qui lui ont fourni des layouts (des crayonnés légers) sur lesquels il a effectué les finitions (surtout à l'encrage, son point fort, sa formation de base). Il est intéressant de remarquer que les traits de Davis sont plus perceptibles que ceux de Derrington, mais dans les deux cas, l'élégance du dessin reste intacte et la cohérence visuelle inaltérée.
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La fin du run de Brubaker n'a jamais été publié en albums, la série devra même composer avec un crossover de Batman (War games). Paul Gulacy deviendra l'artiste suivant, rompant avec la ligne esthétique du titre depuis les épisodes de Cooke.
Mais, en l'état, les 4 volumes disponibles forment un ensemble très consistant, suffisant (même si l'intrigue des égyptiens reste en suspens), servis par d'excellents dessinateurs et des intrigues fortes, une héroïne redéfinie magistralement.
Un run qu'a choisi (enfin !) de traduire Urban Comics et que les fans de DC (et de bons comics en général) ne devront pas rater en vf.

dimanche 19 août 2012

Critique 345 : CATWOMAN, VOL. 3 - RELENTLESS, de Ed Brubaker, Cameron Stewart et Javier Pulido


Catwoman, volume 3 : Relentless rassemble les épisodes Secret Files #1 et 12 à 19 de la série écrits par Ed Brubaker, publiés en 2002-2003 par DC Comics. Les dessins sont signés Cameron Stewart (Secret Files #1, et #12 à 16) et Javier Pulido (#17-19).
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Black Mask à l'oeuvre : un vilain tortionnaire
sui veut se venger de Catwoman...

- Secret Files #1 & Relentless (Catwoman #12-16). Dessiné par Cameron Stewart. Roman Sionis alias Black Mask, un malfrat défiguré par un incendie lors d'un combat contre Batman, s'est installé dans l'East End de Gotham pour en devenir le caïd. Son homme de main, Xavier Dylan, avait arrangé avec des policiers corrompus un échange de drogue contre des diamants, mais le deal a échoué à cause de Catwoman et Slam Bradley. Black Mask est déterminé à faire payer la voleuse-justicière en la faisant souffrir, elle et ses proches. 
Holly découvre les sentiments
que Slam éprouve pour Selina...

Pas plus que Selina Kyle, Slam Bradley ne devine qui leur en veut au point de détruire le centre communautaire qu'a fait bâtir Catwoman avec l'argent de la vente des diamants et l'aide de Bruce Wayne (Slam est d'ailleurs jaloux de l'alter ego de Batman qui flirte avec elle, et avoue ses sentiments à Holly Robinson, la meilleure amie de la féline). Maggie Kyle, la soeur de Selina, revient au même moment à Gotham City où son mari, Simon Burton, a été engagé sans le savoir par Xavier Dylan. Et Catwoman elle-même, en enquêtant sur une bande d'enfants voleurs, renoue avec une vieille amie, Sylvia Sinclair, également complice de Dylan...

L'origine du contentieux entre
Catwoman et Sylvia Sinclair...

L'entourage de Catwoman tombe sous les coups de Black Mask et ses complices les uns après les autres : Simon et Maggie sont enlevés, Slam blessé, Holly piégée cherchant Maggie. Selina comprend que son adversaire connaît son identité secrète et il n'y a qu'une personne ayant pu la lui révèler : Sylvia.





Réglements de comptes au Robbins Building...

Catwoman va donc aller défier Black Mask et Sylvia dans leur repaire. L'affrontement sera terrible et personne n'en sortira indemne...

- No Easy Way Down (Catwoman #17-19). Dessiné par Javier Pulido. Au lendemain de la bataille contre Black Mask et Sylvia Sinclair, tout le monde est sous le choc : Selina entame une liaison avec Slam mais sans certitude pour l'avenir ; Holly est traumatisée et refuse de se confier à Karon (sa girlfriend) qui craint de la voir se droguer à nouveau. Une affaire sur laquelle enquête Slam va mettre en évidence le malaise qui agite la bande et pousser chacun à faire des choix...

La romance de Selina et Slam fait écho à
la nouvelle affaire du détective...


Ce qui ne nous tue pas
nous rend-il vraiment plus fort ?
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D'abord, il faut impérativement avoir lu Crooked Little Town (Catwoman, vol. 2) pour comprendre et apprécier Relentless. Ensuite, une fois terminé ce troisième recueil du run d'Ed Brubaker, on se rend à l'évidence que c'est sans doute le sommet de son travail sur la série (même s'il reste encore un tome, et des épisodes jamais compilés).
A la fin de l'arc précédent (Disguises), le scénariste révèlait qui était le nouveau caïd qui tirait les ficelles dans l'ombre de l'East end de Gotham City, le patron de Xavier Dylan : le terrifiant Black Mask. Si vous n'avez pas lu toutes les histoires de Batman (comme moi), une présentation des protagonistes au début de l'album vous informera qu'il s'agit d'un certain Roman Sionis, défiguré dans un incendie à la suite d'un combat contre la chauve-souris. Cette mutilation l'a rendu psychotique et il aime à torturer ses ennemis avant de les achever. Quand il apprend que Catwoman a fait échouer son deal drogue contre diamants avec des flics ripoux du GCPD, il veut se venger mais en la faisant souffrir. Et pour l'attirer dans sa chambre des supplices, il va s'en prendre aux proches de la féline dont il apprend l'identité secrète par une de ses anciennes amies, criminelle installée dans le quartier.
Brubaker développe un suspense très efficace et angoissant où, pendant quatre épisodes, tous les proches de son héroïne tombe les uns après les autres grâce aux sinistres manoeuvres de Black Mask mais aussi de Sylvia Sinclair. Cette dernière appartient au passé de Catwoman et offre à l'histoire deux flash-backs rappelant à la fois la jeunesse sordide puis la carrière malhonnête de Selina Kyle, des additions nécessaires à la fois pour mesurer l'évolution de la féline mais aussi pour comprendre les origines de la haine que lui voue Sylvia.
Relentless signifie "implacable" et c'est un titre parfait pour cette histoire où Brubaker n'épargne rien à ses personnages (brutalisés, torturés), sans pourtant jamais sombrer dans la violence complaisante (même si les supplices qu'inflige Black Mask à Simon et Maggie sont abominables), misant plutôt sur la suggestion, et conduit Catwoman à être aussi intraitable quand elle riposte. Cela fournit un épilogue à la fois musclé et jubilatoire à cette aventure, culminant avec une longue séquence de combat palpitante. L'équilibre, encore une fois, entre le polar et les codes super-héroïques est fabuleusement trouvé, mené sur un rythme haletant, avec des personnages forts, aux motivations claires, et qui sont réellement troublés par ce qui leur arrive.

Les conséquences sont traitées dans le deuxième récit, No easy way down, dont la structure est plus singulière : il compte en effet 10 segments où la narration est alternativement assurée, en voix-off, par Selina, Slam et Holly. Selina essaie de trouver du réconfort en devenant la maîtresse de Slam mais elle est trop accablée par le sort de sa soeur Maggie pour s'investir dans une vraie relation amoureuse. Slam comprend progressivement que son couple avec Selina est condamnée quand une affaire qu'il a acceptée présente des similitudes avec ce qu'il vit - la différence d'âge, l'engagement, la compréhension et l'acceptation de l'autre et de soi-même. Enfin, Holly s'isole et est rattrapée par ses vieux démons, refusant de se confier à Selina, Karon, Leslie Thompkins.
Brubaker livre encore ici une copie brillante, inspirée et originale, en osant s'attarder sur ce que les comics escamotent souvent, les conséquences psychologiques d'une bataille qui, si elle a permis d'écarter le vilain, ronge les vainqueurs. Le talent du scénariste pour manier les voix-off et donner un langage intérieur propre à chacun de ses personnages est mis à contribution et le résultat est poignant, intense, sonne vrai. Le parallèle entre l'enquête de Slam et le constat qu'il va dresser de sa liaison avec Selina est très habile. Les seconds rôles, comme Karon, Leslie et Batman (le temps d'une scène) valorisent intelligemment la nouvelle épreuve que traversent les vedettes de la série.
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Graphiquement, ces épisodes marquent aussi une culmination après le précédent volume où la succession de Darwyn Cooke n'était pas facile.
Cameron Stewart (que Cooke avait désigné comme son dauphin mais qui n'a pas tout de suite eu la confiance de DC) dessine l'arc Relentless (avec l'aide ponctuelle à l'encrage, sur un épisode, de Mike Manley) et prouve toute sa valeur. Ses découpages possèdent une énergie et une fluidité exceptionnelles, avec des effets de raccords, de mise en page, remarquables. L'animation des personnages, leur expressivité, et le jeu des ombres et lumières sont également sensationnels. Il réussit parfois à être même plus complet que ne l'était Cooke car il exploite pleinement les décors, les ambiances, il est rigoureux dans ses cadrages d'une densité saisissante (les pages sont parfois fournies en cases de petite taille sans que la lecture n'en soit freinée, au contraire : une prouesse que de communiquer visuellement autant d'informations sans ralentir la lisibilité).
C'est vraiment la marque d'un storyteller de haute volée.

Puis Javier Pulido illustre la seconde histoire. Pour qui, comme moi, est fan de l'artiste espagnol, c'est un régal, dans la lignée de ce qu'il a accompli sur Human Target : un trait d'une simplicité extrème, à la limite parfois de l'abstraction, mais redoutablement éloquent, aérien, efficace.
Le découpage est là encore un modèle du genre, avec des alignements de vignettes serrées mais disposées, employées si justement, et ponctuées par des gros plans ou des plans larges épurés, d'une élégance exemplaire.
Encore plus que Cooke, Rader ou Stewart, Pulido s'éloigne du réalisme pour lui préférer le dessin juste, dont le dépouillement est d'une grande richesse en vérité.

Et n''oublions pas de saluer la toujours impeccable colorisation de Matt Hollingsworth.
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Un chef-d'oeuvre ! Si bien écrit, mis en images : une suite d'épisodes d'une qualité impressionnante pour une histoire mémorable.  


mercredi 15 août 2012

Critique 344 : CATWOMAN, VOL. 2 - CROOKED LITTLE TOWN, de Ed Brubaker et Brad Rader, Cameron Stewart, Mike Avon Oeming, Eric Shanower


Catwoman, Volume 2 : Crooked Little Town rassemble les épisodes 5 à 10 et Secret Files #1 de la série écrite par Ed Brubaker, publiés en 2002 par DC Comics. Les dessins sont signés par Brad Rader (#5-9), Cameron Stewart (#5), Mike Avon Oeming et Eric Shanower (Secret Files #1).
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Catwoman au chevet de la "mule" d'un dealer...

- Trickle Down Theory (Catwoman #5). Dessiné par Brad Rader et Cameron Stewart. Devenue la protectrice de l'East End de Gotham, Selina Kyke/Catwoman peut compter sur son amie Holly Robinson pour être ses yeux et ses oreilles dans le quartier. C'est ainsi qu'elle découvre le traffic de drogue dirigé par Dexter Garcia qui se sert de jeunes enfants comme de "mules" pour faire passer sa marchandise depuis l'Amérique du Sud. Mais Garcia n'est qu'un sous-fifre...



Un questionnaire qui éclaire d'un nouveau jour
le personnage d'Holly Robinson...

- Disguises (Catwoman #6-9). Dessiné par Brad Rader. Après avoir répondu à un questionnaire sur internet, Holly fait le point sur sa vie et sa situation actuelle. L'informatrice de Catwoman a connu un passé douloureux et chaotique et seule son amour pour Karon lui permet d'entrevoir des jours meilleurs. Sur la piste d'un nouveau dealer, David G., la jeune femme découvre les malversations de plusieurs officiers de police avant d'être repérée et blessée...
Slam Bradley toujours prêt à donner
un coup de main à sa féline préférée...

Pendant qu'Holly est confiée aux soins de Leslie Thompkins, Catwoman et Slam Bradley mènent leur enquête sur ces flics ripoux à qui ils vont tendre un piège...
Karon ment...

L'héroïne et le détective privé vont profiter des investigations de l'officier du G.C.P.D Crispus Allen (un des héros de Gotham Central) pour confondre MacNulty et Rickett, les policiers corrompus. 
Le terrifiant Black Mask prépare sa revanche...

Xavier Dylan, qui semblait être le cerveau de l'affaire, s'en tire et se révèle n'être que le bras droit d'un malfrat plus important et terrifiant, désireux de se venger de catwoman désormais : Black Mask.

- Joyride (Catwoman #10). Dessiné par Brad Rader. Lors d'un déjeuner en tête-à-tête avec Bruce Wayne/Batman, Selina Kyle lui demande une aide technique pour une opération dont elle se garde bien cependant de lui livrer les détails. C'est qu'il s'agit de faire évader une amie d'enfance, Rebecca, accusée à tort d'un meurtre et qui risque la peine de mort... 
Une amie d'enfance dans le besoin...

- Secret Files #1 :
*The Many Lives of Selina Kyle. Dessiné par Mike Avon Oeming. Quelques truands vont apprendre à leurs dépens que Catwoman, sans avoir totalement renoncé à ses coupables penchants, n'est plus non plus une des leurs.
*Why Holly isn't dead. Dessiné par Eric Shanower. Holly et Selina dialoguent sur la manie qu'ont les scénaristes de comics de ressuciter des personnages mortes - par mépris de la continuité ? Ou par affection pour ces héros ?
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Après avoir brillamment ramené Catwoman sous le feu des projecteurs, dans un rôle ambigü de voleuse-justicière, ce deuxième tome allait-il être à la hauteur du relaunch de la série initié par Ed Brubaker ?
Le scénariste est toujours aux commandes du projet mais Darwyn Cooke est parti vers de nouvelles aventures (l'artiste avait été en désaccord avec Brubaker sur la fin de leur premier arc, que l'auteur avait consenti, sous la pression de son editor, à modifier, et avait préféré partir bons amis ensuite).
Les épisodes 5 à 9 forment en fait une seule histoire, avec un prologue et une fin ouverte qui promet des développements ultérieurs. On trouve là deux aspects essentiels à la fois de Brubaker et de toute bonne série : d'abord, broder une trame d'envergure qui pourra alimenter le récit sur la durée, et ensuite, aboutir à l'apparition d'un méchant qui est resté dans l'ombre mais va devenir l'opposant principal de l'héroïne pour le futur. C'est ainsi qu'on assiste à une sorte de progression dramatique en escalier où, successivement, Dexter Garcia, David G., MacNulty et Rickett, Xavier Dylan et enfin Black Mask passent pour être cette fameuse némésis de Catwoman. Le procédé est habile et efficace, promettant un deuxième acte plus musclé.
Brubaker inscrit la série dans le genre policier comme dans son futur creator-owned Criminal. Les éléments (super-)héroïques sont secondaires, quand Catwoman agit masquée, c'est presqu'un détail cosmétique, comme si elle enfilait une tenue de travail plus commode pour impressionner ses adversaires et se mouvoir dans ses acrobaties. Réussir à faire passer cela avec autant de facilité, de naturel, est la preuve que le scénariste anime aussi bien son récit que ses personnages sans que le lecteur ne soit embarrassé par un certain folklore.
L'intrigue elle-même, par ailleurs, permet aussi d'approfondir les seconds rôles qui entourent Selina Kyle : en premier lieu, c'est Holly qui est dépeinte comme une post-ado au parcours difficile, se lamentant sur son rôle passif, assumant son homosexualité (avec Karon - mise en scène très subtilement, sans que cela semble jamais forcé et encore moins racoleur) ; puis Slam Bradley revient dans la partie et là, c'est plus suggestif, avec une attirance entre lui et Catwoman esquissée de manière progressive.
On remarquera enfin, en guest-stars, la présence de Crispus Allen, présent dans la série Gotham Central, co-écrite par Brubaker et Greg Rucka à la même époque. C'est un autre élément qui contribue à ancrer la série Catwoman dans une toile ambitieuse (mais accessible si on n'a pas suivi ces deux productions). Batman fait une très brêve apparition dans le 10ème épisode, confirmant qu'il existe bien une relation entre le Dark Knight et la féline sans trop la détailler - disons qu'elle agit en marge de la loi avec l'accord de la chauve-souris et flirte avec lui.
Le tout est mené sur un rythme soutenu, avec une très bonne alternance d'action et de moments calmes, une ambiance nocturne soignée, des dialogues sobres et une voix-off très présente mais toujours bien dosée.
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Cooke parti donc, les dessins sont confiés à Brad Rader. Il possède également un style non-réaliste, très mobile et expressif, mais peut-être un peu léger : la relève est difficile et donne du coup à ces épisodes des allures de chapitres de transition sur le plan graphique.
Le choix des encreurs est plus intéressant : au 5ème épisode, Cameron Stewart, disciple de Cooke (à qui il devait directement succéder en tant qu'artiste mais qui n'avait pas la pleine confiance de DC), assure les finitions, puis est ensuite crédité comme encreur jusqu'au #7. Il est ensuite remplacé par Rich Burchett qui, sans avoir son talent, s'accorde très bien avec le dessin cartoony de Rader.
La mise en couleurs de Matt Hollingsworth puis de Lee Loughridge (qui se chargeait aussi de Gotham Central) contribuent à l'unité visuelle, avec des teintes mates très bien distribuées.

L'album se conclut sur deux petits récits, les Secret Files, qu'illustrent Mike Avon Oeming (encré par Mike Manley) dans son style typique, nerveux et exubérant, et Eric Shanower (les deux pages sur Holly, savoureux exercice ironique sur le 4ème mur et les incohérences scénaristiques), très élégant et sexy.
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6 nouveaux épisodes impeccables, même si le dessin est un cran en-dessous. Mais indéniablement une des meilleures séries DC de la décennie écoulée.

mardi 14 août 2012

LUMIERE SUR... JOE KUBERT

Joe Kubert (1926-2012)

Joe Kubert est mort Dimanche 12 Août 2012 à l'âge de 85 ans.
Scénariste, dessinateur, encreur, lettreur, cover-artist, enseignant.

Les héros DC entourent un de leurs plus grands dessinateurs.

Le Sergent Rock salue son animateur.


The Seven Soldiers of Victory
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Quelques couvertures mémorables
(sélectionnées par Brian Cronin) :





















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Et quelques planches d'Enemy Ace (1968)
pour admirer son storytelling si efficace :







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L'hommage de Darwyn Cooke
L'hommage de Francesco Francavilla.