jeudi 8 décembre 2011

Critique 292 : LES SENTIERS DE LA PERDITION, de Max Allan Collins et Richard Piers Rayner

Les Sentiers de la Perdition (Road to Perdition en vo) est un récit complet écrit par Max Allan Collins et dessiné par Richard Piers Rayner, publié en 1998 par Paradox Press, un label de DC Comics, et traduit en 2002 par Delcourt.
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Dans les années 30, Michael O'Sullivan est le plus efficace et fidèle tueur du caïd John Looney. Marié et père de deux fils, celui que l'on surnomme "l'ange de la mort" fait le plus souvent équipe avec Connor, le fils unique de Looney, un désaxé, maniaque de la gachette.
Une nuit, ils vont "raisonner" un des associés de Looney père mais la situation dégénère et s'achève dans un bain de sang dont est témoin un des fils de O'Sullivan, Michael Jr. "L'ange" obtient de Connor qu'il lui laisse la vie sauve, se portant garant qu'il ne parlera à personne de ce qui s'est passé.
Pourtant, John Looney trahit son tueur en l'envoyant régler une affaire, profitant de son éloignement pour faire tuer par Connor la femme et l'autre fils de "l'ange". Seul Michael Jr survit et va dès lors accompagner son père dans une terrible vendetta. Dans un premier temps, la mafia, Al Capone le premier, décide de protéger les Looney pour préserver leur business, mais O'Sullivan est déterminé et implacable. Il négocie même avec le FBI et Elliott Ness pour faire tomber son ancien patron, concentrant ensuite ses efforts pour localiser Connor et le supprimer...
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J'avais lu une première fois ce roman graphique il y a quelques années et le résultat m'avait impressionné. Puis j'ai ensuite découvert l'adaptation cinématrographique dont il a fait l'objet en 2002, réalisée par Sam Mendes (American Beauty), avec Tom Hanks, Paul Newman et Jude Law (transposition décevante, disons-le).
La relecture de cet ouvrage volumineux (plus de 280 pages) était l'occasion de vérifier mon sentiment initial, et je n'ai pas été déçu, appréciant sans doute mieux certains éléments, après avoir "digéré" de nombreux romans policiers et beaucoup d'autres bandes dessinées depuis.
Le scénariste Max Allan Collins est un auteur aguerri à la série noire : né en 1948, il a signé quantité de romans, "novellisations" et scripts pour le 9ème art, mais Road to Perdition (titre plus pertinent et riche que sa traduction française puisque Perdition évoque aussi bien le destin du héros que le village où habitent ses beaux-parents, lieu qui verra la conclusion du récit) reste sans doute son ouvrage le plus connu. Il a d'ailleurs ajouté deux spin-off à ce tome, avec la collaboration au dessin de José Garcia-Lopez et Steve Lieber.
La narration est un modèle de nervosité et d'âpreté : découpé en trois chapitres (de presque cent pages chacun), le récit est d'abord un long réglement de comptes, abondant en gunfights spectaculaires. La trame est donc simple et ne se perd pas dans une intrigue complexe, son laconisme la rapproche en fait d'une autre adaptation récente de romans noirs, celle de Parker de Richard Stark par Darwyn Cooke (où l'on retrouve la même structure d'un loner contre une organisation entière).
Néanmoins, cette épure ne fait pas l'économie d'une ambiance très soignée et intense, souvent nocturne, sous la pluie ou dans des paysages enneigés, se partageant entre des séquences urbaines ou dans la campagne proche du western de l'Amérique des années 30. D'ailleurs, Road to Perdition pourrait très bien être un western ou récit médiéval à cause de son aspect brut de décoffrage, quasiment intemporel.
L'atmosphère se fait presque fantastique quand on songe à la manière dont O'Sullivan réussit à se sortir de toutes les fusillades qu'il provoque : il n'est pas tant invulnérable (comme le dit son fils, le narrateur, ce n'est ni un saint ni un boucher, mais un homme rongé par le doute, profondèment religieux) que transcendé par sa mission. Ce type de personnage ne peut qu'évoquer les silhouettes spectrales et impitoyables campées au cinéma par Clint Eastwood, dans des classiques comme L'Homme des Hautes Plaines ou Pale Rider.
Par ailleurs, enfin, Collins s'est sérieusement documenté sur l'époque : il décrit parfaitement la Prohibition comme une période de corruption absolue, avec des caïds plus proches de bureaucrates solidaires que de criminels primaires, et la présence de figures historiques authentiques comme Al Capone et Elliott Ness contribue encore à donner du relief à cette tragédie pétaradante et aux dialogues claquant comme des détonations.
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Une grande bande dessinée est remarquable par son écriture acérée mais aussi par un graphisme réellement exceptionnel, et Richard Piers Rayner est un artiste peu commun.
Le noir et blanc n'exige pas seulement d'un dessinateur une technique sans faille, où l'image doit exister sans des couleurs bien appliquées, elle nécessite des parti-pris souvent radicaux qui viendront à la fois souligner les points forts de la narration tout en portant l'oeuvre entière vers des cîmes visuelles.
Rayner emploie des contrastes intenses, avec des noirs profonds, mai surtout en jouant sur le blanc de la page pour créer des éclairages violents. Son trait est fondé sur un usage de croisements de lignes, de hâchures à la fois strictes pour les décors et plus nerveuses pour les personnages. Le résultat est franchement saisissant.
On notera au passage que, pour des plans rapprochés, Rayner donne à O'Sullivan le visage de Montgomery Clift, un choix à la fois troublant et judicieux puisque le comédien était spécialisé dans les compositions de personnages tourmentés.
Le découpage est élémentaire : une majorité de planches en trois ou plus souvent quatre cases d'égale valeur et des splash-pages surgissant comme de spectaculaires ponctuations. Cette économie de plans confère à l'histoire un rythme soutenu, haletant, et on dévore les 280 pages du livre.
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Un comic-book percutant, à ne pas manquer !

mardi 6 décembre 2011

Critique 291 : MOUSE GUARD - FALL 1152, de David Petersen

Mouse Guard : Fall 1152 est un récit complet en six épisodes écrit et dessiné par David Petersen, publié par Archaia Studio Press en 2007.
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Les Légendes de la Garde (en vf) se déroulent au Moyen-Âge et une cartographie détaillée de la région imaginaire où se passe l'histoire de cet Automne 1152 nous montre les villes fortifiées et ses différents corps de métier. La Garde elle-même forme l'élite des chevaliers du peuple de souris, et nous suivons la mission de trois des ses meilleurs membres : Saxon, Kenzie et Lieam.
Les souris vivent en autarcie et dans le secret pour se protéger des nombreux prédateurs de la nature environnante. Le récit débute après la victoire des souris en hiver contre le tyran Furet, il y a trois ans. Les trois héros sont lancés à la recherche d'un marchand disparu dont ils vont découvrir qu'il a trahi leur peuple en transmettant des informations stratégiques sur leur organisation : c'est ainsi que va être mise à jour une conspiration visant à détrôner Gwendolyn, le chef de la Garde...
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Mouse Guard est une oeuvre atypique comme la bande dessinée américaine en regorge quand on s'aventure hors des sentiers battus des comics super-héroïques. A première vue, mais les apparences sont trompeuses, il s'agit d'un livre pour enfants, avec ces charmantes petites souris. En vérité, c'est une transposition dans le monde animal des récits chevaleresques, avec une intrigue politique, non dénuée de cruauté. 
En France, l'oeuvre de David Petersen a eu les honneurs d'une traduction publiée par la vénérable maison Gallimard et l'album a un format à l'italienne qui confirme sa singularité. Ce format indique un découpage particulier avec des planches qui ne comportent guèrent plus de 3 ou 4 cases et régulièrement  des splash-pages, donnant un rythme soutenu à la lecture. L'alternance de vignettes horizontales et verticales, de plans généraux et des gros plans impactent aussi le tempo du récit de manière à la fois radicale et efficace : les 160 pages de l'album passent comme une lettre à la poste. 

Le scénario est au diapason de la mise en images : la douceur supposée du projet cache une trame dont ne sont pas exemptes des scènes violentes et mémorables (comme des combats contre un serpent ou des crabes), et les personnages n'en sortent pas tous indemnes.
L'ambiance est aussi soigneusement traduite et la cruauté se teinte d'une mélancolie tenace, confirmée par l'épilogue qui résume les conséquences des évènements sur ses protagonistes.
Petersen a eu visiblement à coeur de bien planter son univers en agrémentant son histoire d'appendices comme une carte des territoires habités par les souris, des documents sur la ville de Blarkstone, de ses artisans (maçon, charpentier, potier, meunier, boulanger..., ou encore un petit cahier digne des eluminures d'époque résumant le destin de la Hâche Noire, le plus valeureux des membres de la Garde.
Chaque chapitre s'ouvre par texte recontextualisant les évènements et quelques vers bien tournés ("La mort est une arme puissante / Comme elle est une fuite facile / Les héros deviennent des légendes / Les légendes deviennent les mythes / Les mythes créent de nouveaux héros" - Dernières paroles connues de la Hache Noire, héros légendaire de la Garde).
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Un album étonnant, très efficace et original, une expérience singulière.

vendredi 2 décembre 2011

Critique 290 : JSA BOOK 7 - PRINCES OF DARKNESS, de Geoff Johns, Leonard Kirk, Sal Velluto et Don Kramer

JSA Booke 7 : Princes of Darkness rassemble les épisodes 46 à 55 de la série, écrits par Geoff Johns et David Goyer (jusqu'au #51) et dessinés par Sal Velluto (#46), Leonard Kirk (#47-51, 55) et Don Kramer (#52-54), publiés en 2003 et 2004 par DC Comics.
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- Princes of Darkness (JSA #46-51) : l'histoire démarre sur les chapeaux de roue avec l'attaque de Mordru, qui a pris possession de l'enveloppe physique du Dr Fate, contre la JSA. Il neutralise facilement les plus puissants membres de l'équipe (Sentinel, Thunderbolt, Shazam) en étant aidé par Eclipso et Obsidian, le fils d'Alan Scott/Sentinel, à nouveau en proie à une crise de démence.
La JSA bat le rappel des troupes : avec le concours d'autres héros (comme les Freedom Fighters), elle tente de contenir des émeutes provoquées par l'organisation terroriste Kobra tandis que, dans les ténèbres et la dimension magique de l'amulette du Dr Fate, Hector Hall, guidé par son mentor Nabu, prépare la contre-attaque.
Le conflit prend une tournure dramatique lorsqu'Alan Scott, réchappant in extremis à la mort, doit maîtriser Obsidian...

Brand New Day - Blinded (JSA # 52-53) : ce dyptique dénoue le subplot (datant de JSA Book 5 : Stealing Thunder) impliquant la nouvelle incarnation du Crimson Avenger. Cette jeune femme, en possession de deux pistolets magiques avec lesquels elle abat les coupables de crime toujours en liberté, en a après Wildcat. Mais qu'arrivera-t-il si, pour une fois, la culpabilité de sa cible n'est pas évidente ? Ted Grant va devoir compter sur les neuf vies d'un chat dont il a héritées - et beaucoup de persuasion - pour se se sortir de ce mauvais pas...

- Virtue, Vice and Pumpkin Pie (JSA #54) est un épisode spécial pour célèbrer Thanksgiving, l'occasion pour la JLA et la JSA de se réunir. Hawkman et Green Arrow se châmaillent pour une cuisse de dinde, et Batman se méfie de la tranquillité de cette soirée...

- Be Good for Goodness Sake (JSA #55) est un autre numéro spécial, cette fois-ci pour fêter Noël. Les vétérans de la JSA (Sentinel, Flash, Wildcat et Hawkman) vont solliciter les services d'une vieille amie, Ma Huncle...
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Il y a vraiment quelque chose d'unique dans ces épisodes de JSA (comme plus tard, lors du relaunch de la série, retitrée Justice Society of America) dans la mesure où son scénariste principal, Geoff Johns, s'y montrait sous son meilleur jour, pas encore dévoré par toutes les facilités dont son écriture souffre depuis. Son partenariat avec David Goyer (qui faisait, lors de cet arc, ses adieux à la série, après avoir co-rédigé plus de 50 "issues") devait y être pour quelque chose, ce dernier jugulant sans doute la fougue de Johns (chez qui on voit poindre quelques défauts devenus récurrents, comme une violence gratuite et inutile ou la platitude des dialogues).
Par ailleurs, dans la série JSA, Geoff Johns semblait s'exercer à la discipline du crossover, tout en faisant preuve de plus de maîtrise que sur les sagas évènementielles qu'il a depuis pilotées (comme Infinite Crisis ou Blackest Night). En effet, il y a là un foisonnement de péripéties, de rebondissements, de séquences spectaculaires, dignes d'un event mais beaucoup mieux répartis.
En vérité, ce qui distingue le Johns de JSA de celui de Green Lantern et des crossovers récents, c'est l'affection qu'il porte pour les personnages et la force du thème fondateur de la série (l'héritage et ses affres). A bien des égards, cette équipe géante de super-héros ressemble à une armée mexicaine, un mélange improbable d'éléments très anciens et plus récents de la continuité DC, mais le script exploite avec habileté la dynamique du groupe, en rapprochant certains membres (comme Stargirl et Billy Batson/Shazam) ou en opposant d'autres (comme Alan Scott et Obsidian - même si la récurrence de la menace représenté par ce dernier était un peu abusive).
Paradoxalement, alors qu'il est devenu un auteur renommé, jusqu'à être un des (sinon LE) pilotes de l'écurie DC, en présidant à la destinée de titres avec un seul héros (comme Green Lantern et Flash), Johns me paraît meilleur quand il est à la manoeuvre avec une série d'équipe, sans lésiner sur un casting pléthorique, avec une formule d'event permanent en quelque sorte (et la JSA sauvant quasiment le monde à chaque aventure se prêtait parfaitement à cela).
Après l'arc Princes of Darkness, épique à souhait (à la limite de la rupture), la suite du programme de ce recueil est plus ordinaire mais sans être dénué d'intérêt : un subplot lancé de longue date (avec Crimson Avenger) y trouve son dénouement avec une histoire très efficace ; la fête de Thanksgiving offre un clin d'oeil malicieux au grand classique JLA-JSA : Vice and Vertue (par Goyer-Johns-Pacheco), et le numéro de Noël est assez touchant.
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Graphiquement, la série bénéficiait alors de son meilleur artiste avec Leonard Kirk, qui signe cinq des six épisodes de l'histoire principale plus le n° spécial Noël. Encré par Wade Von Grawbadger (le partenaire d'Immonen) et Keith Champagne, son trait vif et élégant donne une belle allure à cette collection, après l'arc Stealing Thunder.
Il est bien dommage que Kirk n'ait pas été le dessinateur régulier de la série.

Don Kramer s'occupe des trois épisodes avec Crimson Avenger et Thanksgiving. Le résulat est assez plat et souffre de la comparaison avec Kirk.

Sal Velluto, encré par Bob Almond, ouvre le bal, dans un style chargé, assez pénible (d'autant que la colorisation n'est pas réussie -mais c'est le point noir de tout l'album, tout comme la pauvre qualité du papier de ces recueils softcovers...).
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Un des meilleurs volumes de la série, qui a aussi valeur de document pour ceux qui regrettent que Geoff Johns ait à la fois abandonné ce titre et ait sombré dans des productions moins attachantes.

Critiques 289 : REVUES VF DECEMBRE 2011


Marvel Heroes 11 :

- Les Vengeurs 12.1 : Le Chevalier de l'Espace. Spider-Woman, en mission secrète pour le S.W.O.R.D. (l'équivalent du S.H.I.E.L.D. pour les menaces aliens), découvre une armure au fond d'une grotte. Mais celle-ci est également convoîtée par l'Intelligentsia, ce groupuscule de vilains mené par le Penseur Fou et le Sorcier (avec M.O.D.O.K., le Fantôme Rouge, Klaw...) qui kidnappe la super-héroïne. L'Agent Brand, sa supérieure, demande alors l'aide des diverses équipes de Vengeurs pour retrouver son employée et leur amie. Ils retrouvent facilement sa piste mais vont se retrouver face-à-face avec une vieille (et désagrèable) connaissance...

Cet épisode spécial, plus long que d'habitude (une trentaine de pages), était originellement conçu dans le cadre de l'opération ".1" par laquelle Marvel voulait offrir à de potentiels nouveaux lecteurs une entrée facile pour leurs séries-phares. Brian Bendis s'acquitte de la tâche avec une malice certaine puisqu'il en profite aussi pour poser la base d'une future saga (dans le cadre d'une future opération baptisée... "Point One"), à paraître dans quelques mois.
Pour la peine, le scénariste convoque un impressionnant aéropage de héros, mais sans s'en servir complètement (en prévision pour la suite ?). Néanmoins, l'histoire est efficacement menée et sa conclusion promet un second acte spectaculaire, avec le retour d'un vieil ennemi des Vengeurs.

L'autre "attraction" de cet épisode est la présence au dessin de Bryan Hitch, qui fait à nouveau équipe avec Bendis (après le "Finale" de New Avengers, volume 1, et avant le futur "Point One"). Encré par Paul Neary (comme à l'époque glorieuse des Ultimates), l'artiste livre des planches puissantes, sans toutefois retrouver toute son explosivité d'antan (mais Hitch l'a retrouvera-t-il jamais ?).

- Les Vengeurs 13 : Fear itself (1). A travers une succession rapide de témoignages de divers Vengeurs, et à plusieurs époques différentes, les héros font le point sur leur rôle social, leur valeur symbolique, mais aussi sur l'impact des évènements de la saga Fear Itself. Et entre quelques moments légers, la gravité finit par l'emporter, suggérant que le conflit a laissé des traces profondes et durables...

Dans cet épisode annexe à la saga Fear Itself - un des rares events qu'il n'a pas écrit -, Bendis doit tenir compte d'une histoire impliquant ses personnages sans trop en dire mais en faisant comprendre que la situation (individuelle ou plus générale) de ses héros est impactée.
Le moyen auquel a recours Bendis est particulièrement habile et nécessite une certaine attention car il rappelle des scènes du passé (visibles au costume porté par l'un ou l'autre - comme Captain America/Steve Rogers), du présent et du futur, via une série de témoignages. Il ponctue ces vignettes par une séquence dans les ruines d'Asgard, juste avant qu'Odin n'ordonne à ses sujets de quitter la Terre : c'est l'occasion de mettre en scène le rapprochement entre deux membres de l'équipe, amené à se développer.
Le dialogue est brillant et le rythme imparable tout en conservant à l'épisode une étonnante densité.

Au dessin, Chris Bachalo, dont je suis pourtant loin d'être un fan, livre une copie inspirée, visiblement bien guidé par un script détaillé. Lorsque ses délires visuels sont contenus, cet artiste peut encore produire des planches intéressantes et lisibles (même s'il lui manque un grand encreur, comme à l'époque où Mark Buckingham l'assistait sur Death ou Génération X).
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- Loki (Journey into Mystery 622) : Voyage vers l'inconnu (1). Réincarné dans le corps d'un jeune voyou adolescent, Loki a donc recouvré la vie et une partie de sa mémoire grâce à Thor, après avoir été exécuté par Sentry (lors de la saga Siege). Il va découvrir de nouveaux secrets et une nouvelle voie à suivre grâce à une série d'énigmes, tout en s'efforçant de regagner le confiance des asgardiens - et alors qu'Odin ordonne le retrait de ses sujets de la Terre...

La série Thor s'apprêtant à un nouveau relaunch (sous le titre Mighty Thor, par Matt Fraction et Olivier Coipel) et déménageant dans une nouvelle revue ("Avengers", à partir de Janvier 2012), "Marvel Heroes" accueille donc le titre "historique" Journey Into Mystery où apparut le dieu du tonnerre... Mais dont Loki est devenu la vedette.
Le dieu du mensonge a à présent l'apparence d'un adolescent et son statut reste mystérieux : va-t-il continuer à comploter contre Asgard, dont il a provoqué la chute dans la saga Siege ? Ou profiter de cette nouvelle incarnation, particulièrement inattendue, pour vraiment changer (et si oui, dans quelle mesure, à quelle fin) ?
Cet épisode écrit par Kieron Gillen (qui avait brièvement succédé à J. Michael Straczynski sur Thor) est une divine surprise et donne vraiment envie de suivre cette série. L'écriture est étonnamment fluide et sophistiquée, le héros immédiatement accrocheur, et bien que le titre redémarre en étant attaché au crossover Fear Itself, l'intrigue est prenante car le point de vue est original.

Doug Braithwaite illustre, assisté par Ulises Arreola qui utilise une colorisation directe, dans une palette pastellisée de toute beauté. Le traitement graphique singulier participe pleinement au charme de l'entreprise sans être lourdement esthétisant.
Voilà une pépite à la traduction bienvenue !
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- Captain America 616 : Ombres opaques. La pagination de la revue étant déformée par la taille de l'épisode spécial des Vengeurs, Panini a cru bon de boucler le sommaire par cette back-up de Captain America (dont la parution se déroule actuellement dans des hors-séries avant que la série ne s'installe, comme Thor, dans la nouvelle revue "Avengers").

Ce complèment de programme est totalement dispensable, surtout quand on découvre la nullité de son propos et la mocheté de ses dessins, toutes deux infligées par Howard Chaykin, dont on se demande pourquoi Marvel continue à l'employer.
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Bilan : très positif - j'avais précipitamment abandonné cette revue (lui préférant, à tort, "Marvel Stars"), mais j'y reviens avec plaisir, et sinon pour de bon, en tout cas certainement pour un bon moment. 
Marvel Icons 11 :

- Les Nouveaux Vengeurs 12 : Infinité (4). De nos jours, les Nouveaux Vengeurs s'apprêtent à interroger un membre du HAMMER qu'ils ont capturé tandis que Mockingbird est à l'hôpital dans un état grave...
En 1959, les Vengeurs de Nick Fury affronte Crâne Rouge et le Captain America qu'il a créé...

Ce nouvel épisode confirme que cet arc est décevant et décousu : Brian Bendis échoue à donner de la tension à son double récit, entre passé et présent, et le lien entre les deux époques n'est toujours pas révèlé - sans qu'on n'attende quoi que ce soit. On peut raisonnablement penser qu'il s'agit de l'histoire la plus faible depuis le tout début de la série, et même les dialogues manquent d'inspiration.

Graphiquement, c'est d'autant plus pénible que, ce mois-ci, il y a plus de planches réalisées par Howard Chaykin que par Mike Deodato. Que dire de plus ? Rien sinon que j'ai hâte que cette saga se termine.
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- Iron Man 502-503 : Régénération (2-3) + Comment j'ai rencontré ta mère + Prologue. En découvrant qu'Iron Man affrontait le Dr Octopus (ennemi peu usité dans cette série, il s'agit davantage d'un adversaire historique de Spider-Man), je me suis penché sur ces deux épisodes.
Surprise : ce n'est pas désagrèable, avant tout parce que Matt Fraction boucle rapidement son affaire, ce qui rompt avantageusement avec ses arcs interminables.

 Doc Ock menace de faire sauter une bombe nuclèaire si Stark ne le guérit pas de ses lésions cérébrales, prétexte en vérité pour l'humilier en l'obligeant à admettre son infériorité intellectuelle.

Néanmoins, rien d'exceptionnel non plus : le dénouement manque cruellement d'intensité, les dialogues de punch. Mais Fraction serait bien inspiré de continuer à concevoir des intrigues aussi courtes.

Marvel, lui, serait bien inspiré de dégager Salvador Larroca, dont les dessins sont toujours aussi accablants.

Deux appendices agrèmentent le programme : 9 pages dessinées par Chaykin (encore !... Hélas !) et 7 par Barry Kitson, qui annocent la publication du spin-off Iron Man 2.0 (avec War Machine en vedette), et qui sera publié dans un hors série. Tout cela est complètement dispensable et seulement édité pour assurer la pagination habituelle de la revue, dont le sommaire est toujours altéré.
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- Les Quatre Fantastiques : Oncles. Cette back-up à l'épisode 588 (le dernier de la série régulière) met en scène Spider-Man et Franklin Richards, qui ont désormais en commun d'avoir tous deux perdu leur oncle (Ben pour le premier, Johnny Storm pour le second).

Jonathan Hickman réussit à écrire une annexe simple et touchante, sobrement dialoguée, qui tranche avec bonheur avec ses scripts ampoulés et mous. Comme Fraction, il gagnerait fortement à miser sur des histoires centrés sur les personnages et moins sur des intrigues au long cours.

Mark Brooks illustre ceci très joliment, avec une belle colorisation de Paul Mounts.
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Bilan : la revue traverse un creux, entre sommaire anarchique et séries peu inspirées. Espérons que le prochain arc de New Avengers (en Fèvrier) et l'arrivée de la nouvelle série FF (le mois prochain) vont remonter le niveau.

Spider-Man Hors-Série 36 :

- La Chatte Noire : Chasseurs de trophées (1-4/4). La Chatte Noire croise lors d'un cambriolage dans un musée un autre voleur qui va bientôt la faire chanter en l'obligeant à commettre des vols sinon il exécutera sa mère. Felicia Hardy découvre progressivement que les commanditaires du maître-chanteur sont la famille Kraven en train de comploter contre Spider-Man...
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Cette mini-série a été publiée d'Août à Décembre 2010 (le dernier épisode paraissant deux mois après le troisième) en parallèle à la saga Grim Hunt (Chasse à mort en vf, écrite par Joe Kelly et dessinée par Michael Lark et Marco Checchetto) de la série Amazing Spider-Man. On y trouve en effet une partie de la toile de fond, avec les Kravinoff préparant le sacrifice du Tisseur pour ressuciter Kraven le chasseur. Pourtant, ces éléments ne gênent en rien la compréhension de cette histoire.
Jen Van Meter anime avec habileté la créature créée par Marv Wolfman et Keith Pollard en 1979 : Black Cat était à l'origine un vague décalque de la Catwoman de DC, mais le personnage a traversé régulièrement les aventures de Spider-Man avec qui elle entretient une relation à la "je t'aime, moi non plus" piquante et parfois dramatique (comme dans des épisodes des années 80 écrits par Roger Stern ou plus par Kevin Smith).
La dualité de l'héroïne est bien exploitée dans ce récit où ses talents de voleuse qui porte la poisse à ses adversaire lui permettent de sortir sa mère d'un mauvais pas. Le scénario est rythmé, avec de l'humour, une voix-off sobre et des dialogues bien troussés.
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Les dessins sont le fait de Javier Pulido, talentueux espagnol, trop discret (il a signé de superbes épisodes de Human Target chez Vertigo et assisté Marcos Martin sur Spider-Man). Son style épuré et élégant convient parfaitement à cette histoire, et même quand il est épaulé par Javier Rodriguez (sur les dernières pages des épisodes 2 et 3), la différence est quasi-imperceptible. La colorisation de Matt Holligsworth (et Javier Rodriguez sur l'épisode 3) est au diapason, simple et sobre.
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Bilan : très positif - on peut remercier Panini d'avoir, malgré le décalage avec la revue "Spider-Man", édité cette mini-série rafraîchissante.
Ultimate Spider-Man 11 :

- Ultimate Spider-Man 155-157 : La mort de Spider-Man (Prélude 3 + Pt 1-2). J. Jonah Jameson, qui connaît désormais la double identité de Peter Parker, accepte de le réintégrer au Daily Bugle en échange de l'exclusivité sur ses photos quand il agira sous le masque de Spider-Man. Après avoir retrouvé, lors d'une bagarre contre des malfrats, Kitty Pryde, Peter l'invite chez sa tante May où celle-ci et ses locataires (Bobby Drake/Iceberg, Johnny Storm/la Torche, Mary-Jane Watson...) ont préparé une fête pour son 16ème anniversaire.
Peu après, Norman Osborn/le Super-Bouffon réussit à s'évader du Triskelion et entraîne avec lui Electro, l'Homme-Sable, Kraven le chasseur, le Vautour et le Dr Octopus. Spider-Man part à leur recherche sans les trouver alors que les deux équipes des Ultimates s'affrontent. Nick Fury a chargé le Punisher d'abattre Captain America durant le combat et le Tisseur décide de s'interposer...

La série entame sa dernière ligne droite avant son relaunch, et après un troisième prologue, Brian Bendis met en place les éléments qui vont décider du destin de son héros - destin qui s'annonce sombre, comme l'indique le titre de l'histoire et que vient confirmer la dernière page (saisissante) de l'épisode 657. Lorsqu'on sait que dans l'univers Ultimate, les personnages condamnés ne ressucitent pas, l'issue (annoncée clairement ici) compte finalement moins que les moyens d'y arriver.
Bendis affiche une forme dont la constance sur ce titre a de quoi épater même ses plus hargneux détracteurs. Le 3ème prologue en témoigne, merveille d'écriture intimiste où chaque dialogue sonne vrai, chaque situation est d'une justesse imparable. Pour ce chapitre, il est accompagné au dessin par Chris Samnee : le talent de l'artiste est connu (en tout cas pour ceux qui n'ont pas raté Thor the mighty avenger, par exemple) mais il n'empêche qu'il signe peut-être le plus bel épisode de toute la série (oui, même au-dessus d'Immonen et Pichelli). La subtilité de ses expressions, la fluidité de son découpage, l'élégance de son trait, tout enchante !

Puis, donc, l'intrigue de La mort de Spider-Man est engagée : Bendis mène son affaire tambour battant en convoquant les ennemis les plus emblématiques du héros mais aussi les Ultimates (officiels de Carol Danvers et clandestins de Nick Fury), dont la confrontation va impacter brutalement la trajectoire du Tisseur. La convergence attendue des deux récits (le sort des fugitifs et l'issue de la lutte entre les super-soldats) promet énormèment.
Mark Bagley, qui avait quitté USM (et peu après Marvel pour une aventure peu concluante chez DC) il y a quatre ans, renoue avec la série comme s'il ne l'avait jamais quitté. Encré par Andy Lanning, le dessinateur n'a rien perdu de sa vivacité et, même si, comme moi, on n'est pas toujours client de ce qu'il fait, il faut avouer qu'il est là comme un poisson dans l'eau.
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Bilan : LA revue du mois - le récit est emballant et mis en image de manière imparable, avec mention pour la contribution (formidable et superbe) de Chris Samnee.

jeudi 1 décembre 2011

Critique 288 : AVENGERS-DEFENDERS WAR, de Steve Englehart, Bob Brown et Sal Buscema

Avengers-Defenders War est un crossover entre les séries Avengers (#115-118) et Defenders (#8-11), écrit par Steve Englehart et dessiné par Bob Brown (pour les épisodes d'Avengers) et Sal Buscema (pour les épisodes des Defenders), publié en 1973 par Marvel Comics.
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L'intrigue se joue autour du plan du démoniaque Dormammu pour conquérir l'univers. Sachant qu'il ne pourra manoeuvrer sans être repéré par le Dr Strange, il requiert l'aide de Loki, devenu aveugle après un énième combat contre Thor.
Pour réaliser son projet, Dormammu, profitant de l'infortune du Chevalier Noir, pétrifié par l'Enchanteresse et dont l'esprit erre dans l'au-delà, fait croire au Dr Strange, qui a localisé l'âme du héros, que pour le sauver, il doit rassembler les six pièces d'un instrument magique, l'Oeil du Mal.
Les Défenseurs se dispersent pour récupérer les artefacts mais doivent affronter les Vengeurs qui croient que le Chevalier Noir est prisonnier de Strange et que l'équipe de ce dernier entreprend de dominer le monde grâce à l'Oeil du Mal...
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En 1973, Steve Englehart est aux commandes des séries consacrées aux Vengeurs et aux Défenseurs, et c'est durant un voyage en moto avec sa fille qu'il a l'idée de ce crossover. Roy Thomas, le mythique scénariste des Vengeurs dans les années 60, devenu editor, va superviser cet ambitieux projet, sorte de matrice pour toutes les grandes sagas comme Marvel en produit désormais annuellement (Fear Itself étant la dernière en date).
La différence majeure entre hier et aujourd'hui est que ces six épisodes sont "self-contained", et qu'il suffit de deux courts prologues de quatre pages, issus des deux séries, pour savoir où on est et où on va. A la fin de l'aventure, pas de grande révolution (si ce n'est quelques Défenseurs qui quittent l'équipe, mais leur départ était déjà dans l'air avant). On peut justement déplorer que les crossovers actuels n'aient pas conservé cette suffisance...

L'argument du récit n'est qu'un vague prétexte pour opposer quatorze personnages, mais la qualité et la diversité des combats constituent un régal. Nous avons ainsi droit à Dr Strange contre la Panthère Noire et Mantis dans un champ de maïs dans l'Iowa ; la Vision et la Sorcière Ecarlate contre le Surfeur d'Argent au coeur d'un volcan ; Iron Man contre Oeil-de-Faucon à Monterrey au Mexique.
Mais les deux meilleurs face-à-face sont entre Swordsman et Valkyrie dans un hommage évident au film de cape et d'épée, et Hulk contre Thor dans un clash dévastateur en centre ville.
Bien entendu, à la fin, les héros comprennent qu'on s'est joué d'eux et s'allient contre Dormammu, après que Loki, lui-même abusé, s'est retourné contre son partenaire (le dieu asgardien du mensonge n'a finalement pas mauvais fond : dans Siege, il permettra aussi aux gentils de tenir tête à Sentry...).

Cependant, l'ultime chapitre (l'épilogue) est bizarrement plus faible et gâche un peu le climax de l'histoire, même si Englehart a tenu (et c'est tout à son honneur) à "régler" le problème du Chevalier Noir.

Cela étant dit, cette saga fait quand même son âge et trahit l'époque à laquelle elle a été conçue : les dialogues sont souvent grâtinés, émaillés de ces exclamations impossibles que tous les scénaristes donnaient aux héros (la palme revenant à "par les hordes hirsutes d'Hoggoth" prononcée par le Dr Strange). Le rythme est infernal, sans aucun temps mort, ce qui est à la fois un avantage (car on ne s'ennuie pas et que certains raccourcis risibles passent mieux - comme lorsque le Surfeur d'Argent est incommodé par l'irruption d'un volcan, alors qu'il a dû subir bien pire quand il était le héraut de Galactus...) et une faiblesse (car cette succession de scènes intenses tourne à la surenchère absurde - ainsi voit-on Thor et Hulk, s'empoignant et suant à grosses gouttes avant que Vengeurs et Défenseurs surgissent pour leur faire comprendre que leur combat n'a pas lieu d'être. Cet enragé de Hulk n'y trouve pas à redire !).
La décompression narrative moderne a au moins eu le mérite de donner à ce genre de récits un découpage un peu plus nuancé.
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La partie graphique est assurée par deux dessinateurs, qui, sans être de grands artistes, ont été des artisans efficaces et aux styles similaires, ce qui donne à la saga une certaine unité esthétique.
D'un côté, nous avons donc Bob Brown, moins inspiré que sur ses épisodes (plus tardifs) de Daredevil, mais qui a le privilège de s'occuper de deux des segments les plus intenses (le duel Swordsman-Valkyrie et la bataille des deux formations contre Dormammu).
De l'autre, il y a Sal Buscema, le légendaire dessinateur de Hulk et Rom le chevalier de l'espace, qui rend une copie pleine de vivacité, conforme à ce qu'on connaît de lui.
C'est également visuellement un peu daté, mais en même temps le graphisme (et ce qu'on en attend) a considérablement évolué.
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Une saga historique, dont certains aspects kitsch ne doivent pas occulter l'énergie et le sens du spectacle.