dimanche 9 juin 2013

LA COUVERTURE DU MOIS "FORUM COMICS" : AVRIL - MAI - JUIN 2013

J'avais complètement oublié de poster les résultats des votes pour La Couverture du Mois "Forum Comics" depuis le mois de Mars. Il est temps de corriger ça avec cette triple dose couvrant les mois d'Avril, Mai et Juin.
Le procédé n'a pas changé : je pioche dans les sollicitations de tous les éditeurs américains (Marvel, DC, Image, Dark Horse, Boom !, Aspen, etc) et j'établis une sélection. Il s'agit de couvertures avec un graphisme original, qui donnerait envie d'acheter la série ou accroche le regard. Ensuite, les membres inscrits sur Forum Comics votent, je m'abstiens (car je ne veux pas être juge et parti). Après une période de trois semaines, le verdict tombe.
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AVRIL 2013 (8 couvertures, 11 votants) :

 1/ Fables #128 (Joao Roas / DC) : 3 voix.
 2/ Animal Man #19 (Jae Lee / DC) : 2 voix.
 3/ Sex #2 (Piotr Kowalski / Image) : 2 voix.
 4/ Venom #34 (Declan Shalvey / Marvel) : 2 voix.
 5/ I Love Trouble #5 (Mark Robinson / Image) : 1 voix.
 6/ The Massive #11 (John Paul Leon / Dark Horse) : 1 voix.
 7/ G.I. Joe : Cobra Files #1 (Michael Lark / IDW) : 0 voix.
 8/ Young Avengers #4 (Jamie McKelvie / Marvel) : 0 voix.

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MAI 2013 (14 couvertures, 17 votants) :

 1/ X-Men #1 (Olivier Coipel / Marvel) : 5 voix.
 2/ Uncanny X-Force #5 (Kris Anka / Marvel) : 4 voix.
 3/ X-Men Legacy #10 (Mike Del Mundo / Marvel) : 3 voix.

 4/ Animal Man #20 (Jae Lee / DC) : 3 voix.
 5/ Conan #16 (Massimo Carnevale / Dark Horse) : 1 voix.
 6/ All-New X-Men #11 (Stuart Immonen / Marvel) : 1 voix.
 7/ Mister X #1 (Hamid Baharami / Dark Horse) : 0 voix.
 8/ Batwoman #20 (J.H. Williams III / DC) : 0 voix.
 9/ G.I. Joe : Cobra Files #2 (Michael Lark / IDW) : 0 voix.
 10/ Half Past Danger #1 (Stephen Mooney / IDW) : 0 voix.
 11/ East of West #3 (Nick Dragotta / Image) : 0 voix.
 12/ Mara #6 (Ming Doyle / Image) : 0 voix.
 13/ Sex #3 (Piotr Kowalski / Image) : 0 voix.
14/ Young Avengers #5 (Jamie McKelvie / Marvel) : 0 voix.

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JUIN 2013 (16 couvertures, 15 votants) :

 1/ Fearless Defenders # 5 (Mark Brooks/Marvel) : 6 voix.
 2/ Mister X #2 (Hamid Baharami/Dark Horse) : 2 voix.
 3/ Lazarus #1 (Michael Lark / Image) : 2 voix.
 4/ Thor : God of Thunder #9 (Esad Ribic / Image) : 2 voix.
 5/ Superior Spider-Man #11 (Guiseppe Camuncoli / Marvel) : 1 voix.
 6/ Gambit #14 (Stéphane Roux / Marvel) : 1 voix.
 7/ Peanuts #9 (Charles M. Schulz / Boom !) : 1 voix.
 8/ Charismagic #2 (Amanda Conner / Aspen) : 0 voix.
 9/ The Massive #13 (John Paul Leon / Dark Horse) : 0 voix.
10/ Astro City #1 (Alex Ross / DC) : 0 voix.
 11/ Batman : Lil' Gotham #3 (Dustin N'Guyen / DC) : 0 voix.
 12/ Looney Tunes #213 (Robert Pope / DC) : 0 voix.
 13/ Superman-Batman #1 (Jae Lee / DC) : 0 voix.
 14/ Peter Panzerfaust #11 (Tyler Jenkins / Image) : 0 voix.
 15/ Fury Max #13 (Dave Johnson / Marvel) : 0 voix.
16/ Hawkeye #11 (David Aja / Marvel) : 0 voix.

samedi 8 juin 2013

Critique 399 : NEW AVENGERS (VOL. 2) #31-34 - END TIMES, de Brian Michael Bendis, Michael Gaydos, Carlos Pacheco, Mike Avon Oeming et Mike Deodato


New Avengers : End Times est le 7ème et dernierc arc du volume 2 de la série, rassemblant les épisodes 31 à 34, publiés en Décembre 2012 et Janvier 2013 par Marvel Comics, écrits par Brian Michael Bendis. Les dessins sont signés Michael Gaydos (#31), Carlos Pacheco (#32), Mike Avon Oeming (#33) et Mike Deodato (#34, auquel participent aussi, pour une page chacun Chuck BB, Farel Dalrymple, Ming Doyle, Lucy Knisley, Becky Cloonan et Yves Bigerel).
The New Avengers a toujours été une série à part. Il ne s'agit pas d'une série "Avengers" classique, traditionnelle, "old school". Bien sûr, il y a des membres historiques du titre, mais quand on y repense, l'avoir appelée "New" Avengers marquait une rupture avec les "Old" ou "Classic" Avengers.
Aujourd'hui, avec cet arc sobrement intitulé End times, un chapitre se clôt. C'est non seulement la fin du volume 2 de la série mais surtout la fin du run de son scénariste, Brian Michael Bendis, aux commandes depuis 2005.

Quand vous pensez aux Avengers, vous pensez à ses trois piliers : Captain America, Iron Man, Thor. Mais aucun d'eux ne se trouve dans cette série désormais (même s'ils font quand même une apparition dans le dernier épisode). Les New Avengers, c'étaient d'abord Luke Cage, Jessica Jones, Iron Fist, Dr Strange : des outsiders, promus au premier rang.

Au lendemain de la saga Avengers vs. X-Men, les New Avengers apprennent que leur leader, Luke Cage, quitte l'équipe pour protéger sa famille. Mais ces choses-là ne se déroulent jamais comme prévu dans un comic-book, et pour son chant du cygne, Brian Michael Bendis en profite pour conclure plusieurs intrigues en cours depuis longtemps.

Examiner la composition du groupe donne une indication claire de son aspect atypique, hors norme : il y a aussi bien Luke Cage et sa femme Jessica Jones, Captain Marvel (Carol Danvers), la Chose, Iron Fist, Spider-Man, Wolverine, Dr Strange, Mockingbird, Daredevil que Victoria Hand, sans compter la "nanny" de la fille de Cage et Jones, Squirrel Girl. Cela a toujours contribué à assimiler davantage cette équipe de Vengeurs à celle des Défenseurs, la "non-équipe" par excellence : il y a fort à penser d'ailleurs que si la série et l'équipe s'étaient appelées ainsi, les détracteurs de Bendis et autres gardiens du temple des Vengeurs classiques auraient été moins virulents, tous si appliqués à reprocher à l'auteur de ne pas raconter ce titre comme une pseudo-tradition l'imposait.
 

End Times revient sur les évènements du story-arc Possession (NA, vol. 2, #1-6, 2010).
Jericho Drumm alias Frère Voodoo était alors devenu le nouveau Sorcier Suprême, maître des arts mystiques, mais trouva la mort dans un combat contre Agamotto. Sob frère, le spectre Daniel Drumm, promit aux Nouveaux Vengeurs et au Dr Strange en particulier de revenir se venger.
C'est ainsi qu'il prend possession du corps et de l'esprit de Virginia Hand et s'en prend à Daimon Hellstrom, le Fils de Satan, allié de longue date de Strange et des Défenseurs (et ex-époux d'Hellcat, membre des Vengeurs), puis Jennifer Kale, autre magicienne, avec le projet de faire croire que Strange les a tués. Le SHIELD en la personne de sa directrice Maria Hill et le FBI s'en mêlent. Luke Cage et Jessica Jones prennent la fuite, sur le conseil de Captain Marvel...


Les Vengeurs arrivent au Manoir où tout se joue, après que Strange ait découvert que Daniel Drumm ait resurgi. Il prend successivement possession de plusieurs d'entre eux pour malmener Strange, après avoir tué Victoria Hand....


Strange défie Drumm tandis que Luke Cage, qui a assisté à la bataille en regardant la télé, a rejoint le champ ses amis. Qui va gagner ce face-à-face magique ? Notre dimension regagnera-t-elle un Sorcier Suprême ? Et Luke Cage survivra-t-il à l'épreuve ?
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Plus qu'apprécier l'histoire et en analyser les défauts et les qualités, il faut d'abord en souligner la brièveté : Bendis termine son run en quatre épisodes (même si le dernier est plus long qu'à l'accoutumée). Celui à qui on a souvent reproché ses arcs trop longs, aux dénouements expéditifs, a bouclé la boucle de manière concise, efficace, en renouant avec sa passion pour la série noire (la première partie où Strange identifie le coupable, fuit, est accusé, revient se battre) et les codes élémentaires des récits super-héroïques (le combat final spectaculaire et décisif). 
Par ailleurs, chaque épisode est illustré par un artiste différent, chacun avec un style fort et original, et l'épisode 34 accueille même 6 invités, venant tous des comics indés, pour dessiner une page chacun. 
Michael Gaydos livre une copie un peu décevante, visiblement peu à l'aise. 
Carlos Pacheco n'est plus, depuis belle lurette, le grand dessinateur qu'il fut (qui plus est avec trois encreurs peu inspirés), mais il réussit quelques belles pages. 
Mike Avon Oeming détone lui aussi dans ce registre mais son énergie visuelle contrebalance et sa complicité avec le scénariste est palpable. 
Quand à Mike Deodato, le recordman d'épisodes dessinés pour ce titre, il signe un superbe dernier effort, très puissant. 
Les contributions de Chuck BB, Ming Doyle, Farel Dalrymple, Becky Cloonan, Yves Bigerel et Lucy Kinsley sont inégales mais utilisées de manière très astucieuse. C'est audacieux de laisser un espace à des styles si atypiques dans une série mainstream, qui plus est pour le finale de ce volume.

Tout cela contribue à rendre cette histoire tout à fait surprenante, comme si, une dernière fois, Bendis avait voulu montrer sa différence, surprendre son monde, bousculer aussi bien ses fans que dérouter les puristes.

Ce récit met l'accent sur la face mystique et même spirituelle de la série telle qu'écrite par Bendis : ce n'est pas un hasard si les deux vedettes ici sont Stephen Strange d'un côté et Luke Cage de l'autre. Le premier doit affronter celui qui a juré sa perte, lui imputant la mort de son frère, qui fut lui-même le successeur du Docteur comme Sorcier Suprême. Le second doit composer entre son choix de quitter sa vie de Vengeur et celui de les aider une dernière fois, éternellement tiraillé entre son devoir de héros et celui de mari-père de famille. 

Il y a manifestement chez Bendis, dans ce dernier arc (tout comme dans la fin de son run sur Avengers) une volonté à la fois de tourner la page tout en rangeant les jouets qu'il a utilisés. Il restaure un personnage important (Strange) dans son statut historique, il éloigne le personnage le plus emblématique de son run, l'âme, la conscience du groupe (Cage) en laissant ouverte la porte vers de nouvelles aventures, un nouveau projet (il a été question d'un relaunch de Heroes for Hire, avec Mike Deodato, mais rien n'a été communiqué officiellement depuis, et désormais Bendis est bien occupé avec deux séries mutantes tandis que Deodato alterne épisodes des Avengers et New Avengers écrits par Jonathan Hickman).

Comme toute fin, surtout après un run aussi long (le plus long effectué par un auteur avec un titre "Avengers"), il flotte sur ces épisodes et sur leur dénouement un parfum mélancolique, mais néanmoins serein. Le scénariste a eu ce privilège de choisir le moment de partir, privilège mérité (quoi qu'on en dise) car il a fait de ce titre un succès commercial et de la franchise "Avengers" une marque à la popularité telle qu'elle a permise d'aboutir au film sorti l'an dernier. Grâce à Bendis, les Nouveaux Vengeurs ont conquis quantité de lecteurs, et finalement suscité des réactions passionnées comme seuls les runs historiques en engendrent.

Pour ma part, je n'avais jamais porté un grand intérêt aux Vengeurs avant Bendis. Je n'ai pas non plus tout aimé dans ce qu'il y a apporté - j'ai vraiment commencé à adhérer qu'à partir des tie-in à Civil War. Mais il a su me parler de ces personnages, y injecter de l'humour, ce côté "soap" et "sitcom" attachants, avec le concours d'artistes parfois moyens, parfois exceptionnels. C'est devenu une des rares séries dont j'ai lu tous les épisodes, sans décrocher.

Comme je suis d'abord les auteurs, je ne poursuivrai pas la lecture des New Avengers (qui plus est maintenant qu'ils sont pilotés, dans une incarnation très différente, par Jonathan Hickman, un auteur qui m'insupporte). Par contre, j'ai hâte de découvrir comment Bendis va diriger ses séries mutantes (All-New X-Men et Uncanny X-Men), voire cosmique (Guardians of the Galaxy), où il est graphiquement très bien accompagné (Stuart Immonen, Chris Bachalo, Frazer Irving, Steve McNiven et Sara Pichelli).
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Qu'ajouter ?
Simplement : merci. Ce fut une belle aventure, un bon moment de lecture. Oui, merci.

dimanche 2 juin 2013

Critique 398 : NEW AVENGERS (VOL. 2) #24-30 - AVENGERS VS X-MEN, de Brian Michael Bendis, Mike Deodato et Will Conrad









The New Avengers : Avengers vs X-Men est le 6ème story-arc du volume 2 de la série écrite par Brian Michael Bendis, rassemblant les épisodes 24 à 30, publiés par Marvel Comics de Juin à Novembre 2012. Les dessins sont signés par Mike Deodato (#24-30) avec Will Conrad (#24-25).
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Jessica Jones retourne au manoir des Vengeurs avec son bébé, encore bouleversée par les menaces de mort proférées par Norman Osborn, même si celui-ci a été arrêté. Elle confie à Luke Cage qu'elle ne peut plus élever leur fille dans un environnement aussi dangereux et lui demande de partir avec elles. Mais Luke lui répond qu'ils ne seront de toute façon jamais en sécurité nulle part à cause de leur situation au sein des Nouveaux Vengeurs.
Leur conversation est interrompue par l'arrivée de Captain America qui leur explique que le Phénix se dirige vers la Terre et menace de la détruire. Le chef des Vengeurs redoute un conflit avec les X-Men, qui n'envisage pas l'évènement comme un danger.
C'en est trop pour Jessica qui boucle ses valises et quitte le manoir alors que Luke part pour l'île d'Utopia, au large de San Francisco, repaire des X-Men dirigés par Cyclope. Rapidement, sur place, la situation dégénère...
Plusieurs siècles auparavant, le Yu-Ti Nu-An fait le même rêve récurrent d'une jeune fille aux cheveux roux associée à un dragon et un Phénix. Des années aprés, il découvre que cette jeune fille s'appelle Fongji et vit dans les rues de la cité céleste de K'un-L'un. Il la confie aux soins de l'Iron Fist de l'époque pour qu'il l'entraîne.
A présent, alors que Lei Kung lit ce compte-rendu, Nu-An lui révèle que le Phénix est de retour et qu'il doit en avertir l'Iron Fist actuel. Autrefois, Nu-An demanda l'aide de Léonard de Vinci en le faisant venir à K'un-L'un pour préparer le retour du Phénix et protéger la Terre contre lui. Fongji fut soumis à un entraînement intensif au cours duquel ses pouvoirs pour juguler la force du Phénix se manifestèrent. Nu-An Lui ordonna alors de combattre le dragon Shao-Lao suivant le rituel du sacre de l'Iron Fist. Fongji passa cet examen avec succès et devint une Iron Fist, peu de temps avant que de Vinci prophétisa le retour du Phénix sur Terre. Fongji était désormais capable de contrôler cette force sans être corrompu par elle, mais elle sentit aussi que la Terre n'était pas encore prête pour les changements que pourrait produire sur elle le Phénix.
Aujourd'hui, l'actuel Iron Fist, Danny Rand, raconte l'histoire de Fongji à Hope Summers et la confie aux soins de l'actuel Yu-Ti, dont les visions lui indiquent que la jeune fille doit être entraînée par Spider-Man. Le Tisseur enseigne à Hope son fameux adage selon lequel "de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités" et l'incite à réfléchir sur ce que signifierait pour elle de devenir le nouvel hôte du Phénix.
Cependant, lors d'un affrontement sur la Lune contre les Vengeurs, Cyclope, Emma Frost, Colossus, Magie et Namor ont été frappés par la force du Phénix et se partagent désormais sa puissance. Grâce à ce pouvoir, ils réforment profondément l'ordre mondial, n'hésitant pas à mater les résistants par la force. C'est ainsi qu'ils incarcèrent plusieurs Vengeurs. Luke Cage, Spider-Woman et Hawkeye tentent de s'évader et malmènent plusieurs mutants, puis quittent l'île d'Utopia - mais ils découvrent ensuite que tout cela n'est qu'un mirage, une manipulation mentale de leurs geôliers.
Pendant ce temps, Captain America organise une réunion entre les Illuminati dans l'intention de raisonner Namor, l'un des Cinq Phénix. Le Professeur Charles Xavier ressent télépathiquement les émotions de chacun des Illuminati, qui se reprochent tous de n'avoir pas maîtrisé les évènements. Reed Richards pense que les cinq Phénix ne font peut-être pas tant de mal que ça à la Terre. Le Dr Strange et Iron Man, impatients, pensent que Namor ne va pas venir au rendez-vous. Et quand le Prince des Mers apparaît enfin, seul Captain America est encore là pour lui parler - hélas ! Namor refuse toute négociation, malgré l'amitié et l'estime qu'il porte au chef des Vengeurs et leur passé commun.
La force du Phénix rend progressivement fou ses cinq hôtes, qui tombent sous les coups des Vengeurs réunis. Cyclope hérite de toute la puissance de l'entité, tue le Professeur Xavier, avant d'être vaincu à son tour grâce aux interventions conjugées de Hope et de la Sorcière Rouge.
Après la défaite de Cyclope, une partie des Nouveaux Vengeurs transfèrent Emma Frost en prison, lorsque leur véhicule est attaqué par un groupe d'anti-mutants résolu à tuer la prisonnière. Les agresseurs sont facilement neutralisés mais ce combat a fait réfléchir de manière déterminante Luke Cage. Daredevil a compris, comme il l'explique aux renforts sur place, que son ami a choisi de quitter les Vengeurs...
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Suivre les épisodes d'une série qui est annexée à une saga évènementielle comme Marvel en propose une par an désormais est un exercice qui est souvent ennuyeux, rarement enthousiasmant. Lorsque Brian Michael Bendis était à la fois l'auteur de New Avengers et de l'event annuel, il a su généralement tirer profit de la situation pour que la série n'en souffre pas trop.
Avengers vs X-Men a eu ceci de particulier que c'était une saga à la fois très longue (12 épisodes, publiés sur 6 mois) et écrite collégialement par les "architectes" de Marvel (Bendis, Jason Aaron, Jonathan Hickman, Matt Fraction et Ed Brubaker - ce dernier étant sur le départ). Le résultat, pour ce que j'en ai lu, s'est avéré un hit commercial mais une lecture très inégale, qui confirment qu'il vaut mieux un event moyen mais rédigé par un seul homme qu'un best-seller partagé par plusieurs - affaire d'unité stylistique.
Pour ma part, ces sagas ont fini par me lasser, même si j'en aimé quelques-unes (comme House of M, Civil War ou Fear Itself). Trop fréquentes, elles usent les auteurs et les artistes (pas moins de trois se sont relayés sur AvX), et cassent le rythme de parution des séries qu'elles annexent. Mais leurs succès commerciaux leur assurent un bel avenir.


Ces épisodes soulignent la difficulté de raconter quelque chose qui soit, en soi, intéressant, tout en collant aux grandes lignes de la saga principale. Les tie-in d'un event sont un peu comme des scènes coupées dans l'event lui-même, censées nous faire mieux comprendre l'importance des enjeux, mettre en valeur certains personnages sur lesquels on n'a pas le temps de s'attacher dans la saga.
De ces points de vue, New Avengers #24-30 n'ont rien de honteux : on y apprend quelques éléments supplémentaires intéressants, des liens sont établis entre plusieurs faits, se référant à des points exhumés dans d'obscurs titres Marvel (comme la connexion entre le Phénix et Iron Fist).

Mais, ensuite, sorti de cet aspect "instructif", cela fonctionne-t-il en tant que récit ? Est-ce divertissant ? La ligne narrative est-elle efficace et fluide ? A ces questions, la réponse est non.
Bendis a choisi de développer une partie spécifique de la saga en narrant la première fois que la force du Phénix et le passé de la cité céleste de K'un L'un (et donc la mythologie d'Iron Fist). Ce mélange curieux mais original entre le fantastique cosmique et le mysticisme kung-fu a du mal à passionner le lecteur (et même le fan de cosmique ou de kung-fu ou des New Avengers - si vous ne faîtes partie d'aucun des trois, vous vous ennuierez encore plus, et donc, passez votre chemin). Il s'agit d'énoncer de manière prophétique qu'une fille rousse (en l'occurrence Hope Summers aujourd'hui, Fongji hier) est la clé de l'histoire.
Le temps passé à cette partie de l'histoire peine à éveiller l'intérêt, cela traîne en longueur et produit même des moments forcés un peu absurdes (l'exemple le plus évident survient lorsque Spider-Man est désigné comme celui qui doit entraîner Hope).
Bendis n'évite pas non plus le piège, classique, prévisible, de la répétition lorsqu'il se penche sur le cas de Wolverine à un moment : bien sûr, le personnage est directement concerné par la saga puisqu'il est à la fois un X-man et un Vengeur, qu'on veut savoir quel camp il va suivre (et pourquoi), mais cela est également traité par Jason Aaron dans la série Wolverine & the X-Men.

En revanche, deux séquences relèvent le niveau de ce (trop long) arc :

- D'abord, il y a la réunion des Illuminati - Reed Richards, T'Challa, Pr Xavier, Dr. Strange, Iron Man  et Namor. Ce dernier est un des cinq mutants à avoir reçu une partie des pouvoirs du Phénix et, déjà que le bonhomme a toujours été un électron libre, son cas est encore plus épineux à présent qu'il est corrompu par cette puissance. Le dialogue entre Captain America et le Prince des Mers, autrefois alliés, amis, est un beau moment, brillamment écrit. Avant cela, les reproches adressés au Pr X pour ne pas avoir su anticiper la dérive de Cyclope (son fils spirituel) - et par extension des mutants qui lui sont restés fidèles - humanise un personnage qui a été beaucoup chargé au fil des ans (et dont le sort final dans la saga sera déterminant pour la refonte des séries Marvel).
Même si Bendis prête quelques plaisanteries un peu faciles à Tony Stark (ce qui est déplacé dans un tel contexte et ressemble grossièrement à une volonté de coller davantage à l'interprétation de Robert Downey Jr dans les films consacrés à Iron Man), la rupture consommée entre Cap et Namor et la charge contre Xavier possèdent une certaine force.

- Meilleure encore est la partie centrée sur Hawkeye, Spider-Woman et Luke Cage, qui ont été capturés et emprisonnés par les X-Men sur l'île d'Utopia. Leur tentative désespérée d'évasion, le suspense que cela génère, et le dénouement cruel de cette séquence est vraiment ce que Bendis réussit de mieux dans tout l'arc. Sans doute parce qu'il s'attache à juste quelques personnages, avec une situation dramatique forte, une ambiance sombre.

C'est tout de même bien peu. Dommage. Dommage pour la série, dommage pour le procédé - annexer des séries aux events, soit, mais sur autant d'épisodes, c'est indigeste.
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Les dessins sont assurés par Mike Deodato, seul sur 5 des 7 épisodes, et secondé par Will Conrad sur deux autres. L'artiste s'acquitte fort bien de sa tâche, même si, parfois, son traitement des décors trahit trop l'emploi de traitements informatiques (c'est particulièrement et déplaisamment remarquable dans les épisodes à K'un L'un avec De Vinci). Par contre, quand il doit illustrer des scènes aux atmosphères plus ténébreuses et tendues, comme celles de la prison d'Utopia, son style fait merveille et contribue à la réussite de l'ensemble, bonifiant encore le script.
Will Conrad n'assiste Deodato que sur quelques planches à chaque fois qu'il est crédité : on note quelques différences dans le trait, mais sans que cela ne gêne la lecture.
La colorisation de Rain Breredo est par contre excellente de bout en bout et démontre à quel point il a une influence sur le ton de ces épisodes.
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Brian Bendis prépare désormais sa sortie : son dernier arc sur la série (et sur la franchise "Avengers") va boucler la boucle avec le premier de ce deuxième volume - souvenez-vous, Daniel Drumm, le frère de Jericho, avait promis de se venger des Nouveaux Vengeurs. Suite et fin, donc, bientôt...

dimanche 26 mai 2013

Critique 397 : A + X # 003, de Jason Aaron, James Asmus, Pasqual Ferry et Billy Tan



A + X est une anthologie mensuelle, déclinée après la fin de la saga Avengers vs X-Men, publiée en 2012 par Marvel Comics. Chaque numéro contient deux récits complets de 10 pages chacun, réalisés par une équipe artistique différentes, et chaque histoire réunit un Vengeur et un X-Man (A pour Avengers, X pour X-Men).
Ce 3ème numéro, paru en Décembre 2012, propose un épisode avec La Panthère Noire et Tornade, écrit par Jason Aaron et dessiné par Pasqual Ferry, et un autre avec Hawkeye et Gambit, écrit par James Asmus et dessiné par Billy Tan.
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Black Panther + Storm. Séparé d'Ororo Munroe à cause des évènements d'Avengers vs X-Men (Namor, possédé par la force du Phénix, a dévasté le Wakanda), T'Challa est poussé par ses conseillers à choisir une nouvelle épouse. Mais Storm perturbe les rendez-vous amoureux de son ancien mari...

A la lecture de cet épisode (très) anecdotique, il semble évident que c'est d'abord l'affection qu'il porte au couple formé par Black Panther et Storm qui a inspiré Jason Aaron. Le scénariste s'amuse à réconcilier les amants que AvX a séparé, et son humour, qui fait merveille sur la série Wolverine & The X-Men, se retrouve ici (plus dans l'enchaînement des situations que dans des dialogues fadasses).
Dommage, cependant, qu'il n'ait pas pris plus de soin à orchestrer ces retrouvailles autour d'une bonne bagarre - en lieu et place, on a juste droit à un rapide affrontement de la Panthère Noire contre des agents de l'AIM puis contre un chasseur en plein safari.

Pasqual Ferry (qui signera un prochain épisode de W&TXM), artiste inégal et trop rare, se montre plus à son avantage, et on aimerait bien, après avoir vu ses planches, qu'il développe avec Aaron une vraie série autour de T'Challa (même si ce n'est pas à l'ordre du jour).

Superficiel et léger, mais très beau et assez amusant. 
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Hawkeye + Gambit. Alors qu'il assiste, en plein air, à une représentation théâtrale, Gambit entreprend de sauver des griffes d'un démon une jeune actrice. Jusqu'à ce qu'Hawkeye s'en mêle et que les deux hommes ne se chamaillent pour les faveurs de la belle...

James Asmus, qui vient d'écrire une nouvelle série consacrée au mutant louisianais Gambit (déjà promise à l'annulation après 17 épisodes), organise sa rencontre avec le tombeur de ses dames côté Vengeurs, Hawkeye. 
Hélas ! tout cela manque cruellement de piquant, et le prétexte à cet épisode est même assez navrant. Qui plus, quand on lit l'excellente série actuelle consacrée à l'archer, on mesure à quel point Asmus ne retient que le cliché du personnage (un dragueur vaniteux).

La partie graphique est calamiteuse : Billy Tan n'a jamais été un grand dessinateur, certes, mais avec un encreur solide, il lui est arrivé de produire des pages efficaces. Depuis qu'il a décidé de s'en priver (et alors qu'il était sur le point de faire ses valises pour aller chez DC), son travail révèle toutes ses faiblesses : trait mal assuré, personnages laids, découpage paresseux...

Ratage total.
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Bilan : Après un n°2 jubilatoire, l'anthologie dévoile les faiblesses inhérentes au concept : en l'absence de vraies propositions scénaristiques et visuelles, on tombe vite dans la banalité. Seul Pasqual Ferry est digne de félicitations.