vendredi 12 août 2011

Critique 250 : MARVEL LES GRANDES SAGAS 7 - CAPTAIN AMERICA, de Mark Waid et Andy Kubert

Marvel : Les Grandes Sagas 7 rassemble les épisodes 9 à 12 du volume 3 de la série Captain America, écrits par Mark Waid et dessinés par Andy Kubert, et l'Annual de 1998, Iron Man/Captain America, écrit par Mark Waid, d'après un synopsis de Kurt Busiek et Roger Stern, et dessiné par Patrick Zircher, publiés par Marvel Comics en 1998 et Janvier 1999.
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Le Cauchemar Americain (Captain America, vol. 3, 9-12) raconte comment Cauchemar, le maître des mauvais rêves, possède plusieurs personnalités symbolisant l'idéal américain pour les pervertir. Il jette son dévolu sur Captain America et tente alors de déclencher une nouvelle guerre mondiale. Le Vengeur étoilé réussira-t-il à résister à cette emprise et sauver le monde d'un conflit nucléaire ?
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Après la saga Heroes Reborn, Marvel confie à sa vedette Rob Liefeld les commandes de la série Captain America. Malgré la popularité de cet auteur (dont la réputation a depuis été, fort heureusement, révisée), c'est une levée de boucliers (facile, certes, mais véridique) de la part des fans qui réclament - et obtiennent le retour du scénariste Mark Waid.
Waid avait en effet repris en main le titre quelque temps avant, en compagnie du dessinateur Ron Garney, et Captain America, dont les ventes étaient médiocres, était redevenu un best-seller.
Les épisodes présentés dans cet album sont donc issus du run de l'auteur et donnent à voir le héros dans des situations très différentes de celles explorées aujourd'hui par Ed Brubaker. Waid embarque en effet Captain America dans une aventure trépidante, dans une veine fantastique, où il n'affronte pas des nazis ou d'autres sinistres comploteurs en relation avec son tortueux passé, mais Cauchemar, qu'on est plus habitué à croiser dans les pages de Dr Strange ou Defenders.
Treize après leur parution, ce récit produit un effet étrange chez le lecteur qui, comme moi, a vraiment appris à apprécier le héros avec ce qu'en a fait Brubaker : ce n'est pas désagrèable à lire mais c'est déroutant. La briéveté de cet arc, ses rebondissements, l'alternance des séquences dans la dimension de Cauchemar et la notre, l'association de Cap avec Sharon Carter (qui donne à l'histoire l'aspect d'une team-up comme dans The Brave and The Bold), tranchent radicalement avec les spy-stories introspectives qu'on lit aujourd'hui dans la revue "Marvel Icons".
J'aime beaucoup Waid, mais je crois que je préfère quand même la version Brubaker, plus noire et réaliste, et certains éléments cosmétiques et narratifs rendent ces épisodes un brin datés, vestiges d'une époque où les comics étaient en pleine mutation après avoir traversé une grave crise commerciale et artistique.

La partie graphique est donc assurée par Andy Kubert, encré par Jess Delperdang. Je n'ai jamais été très fan des fils du légendaire Joe Kubert, même si Andy a un style efficace, qui convient bien au caractère échevelé du script de Waid. Les personnages y sont bondissants, toujours saisis dans l'effort, le trait flirte avec la caricature avec des expressions tour à tour figées et exagérées. Là encore, on sent la marque des 90's, l'école Image, avec des héros musclés, des filles outrageusement sexys et pourtant aussi "couillues" que leurs partenaires, sans parler de méchants grotesques, dont la moindre attitude est outrée.
Tout ça est un poil too much, et n'a pas l'élégance cartoony d'un Wieringo.
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L'Annual met également en scène Cap' avec un partenaire, Iron Man, mais malgré sa prestigieuse réunion de scénaristes - idée de Busiek et Stern (le duo gagnant d'Avengers Forever) et traitement de Waid - l'histoire est très décevante - et le choix de Paninicomics de la présenter très contestable puisque des élements nécessaires à sa bonne compréhension appartiennent plus à Iron Man qu'à Captain America (un comble).
Historiquement, son seul véritable intérêt réside dans le fait qu'elle apprendra aux amateurs que les dissensions philosophiques entre les deux Vengeurs ne datent pas du crossover Civil War, Iron Man y apparaissant déjà comme un manipulateur sécuritariste prononcé et Cap' comme le défenseur absolu des libertés individuelles. Mais sinon, c'est très dispensable.

Les dessins de Patrick Zircher, encrés par Randy Emberlin, sont quant à eux très moyens, à l'image de cet artiste capable de produire des planches parfois fantastiques, parfois affreuses - là, c'est juste quelconque, pas inspiré.
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Un album mitigé, dans une collection qui, elle-même, jusqu'à présent, a été très inégale, mal conçue pour initier des néophytes. Heureusement, le prochain numéro est un vrai grand classique : l'arc Renaissance de la série Daredevil par le mythique tandem Frank Miller-David Mazzucchelli !

lundi 8 août 2011

LUMIERE SUR... DAVE JOHNSON (2/2)




Dave Johnson : designer.






Ben 10 : AXLR (XLR8) Ben 10 : Sauvage (Wild Mutt)

Ben 10 : Le Dard (Stink Fly)


Ben 10 : La Mâchoire (Rip Jaw)




Ben 10 : Inferno (Heat Blast)


Ben 10 : Le Tétard Gris (Grey Matter)



Ben 10 : Spectral (Ghost Freak)



Ben 10 : Quad (Four Arms)



Ben 10 : Incassable (Diamond Head)




Ben 10 : Boulet de canon (Cannonball)

L'autre grand talent de Dave Johnson s'exprime dans le design. C'est ainsi que j'ai découvert sa contribution à la série de dessins animés réalisée par le collectif Man of action (formé par Joe Kelly, Duncan Rouleau, Steven Seagle et Joe Casey) et diffusé aux Etats-Unis sur Cartoon Network (en France sur France 3).
Johnson a conçu avec Duncan Rouleau aux designs d'une dizaine de créatures aliens, les alter-ego du héros de la série, le jeune Ben Tennyson qui a découvert un bracelet d'une technologie alien.
Ben 10 compte quatre saisons et 49 épisodes. Une suite, avec le même héros devenu adolescent, et des avatars supplémentaires, intitulée Ben 10 : Alien Force a été produite, ainsi que des adaptations "live" (avec notamment Lee Majors, l'ex-Bionic Man/L'Homme qui valait trois milliards dans le rôle de Max, le grand-père de Ben).
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Le site de Man of action : http://www.manofaction.tv/
Le site de Ben 10 : www.ben10.net

LUMIERE SUR... DAVE JOHNSON (1/2)


Dave Johnson : cover-artist.
























Naissance aux Etats-Unis.
Dessinateur, encreur, coloriste, designer, cover-artist... Et révérend !
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Le blog de l'artiste : http://www.666devilpig.blogspot.com/
La page Deviant Art l'artiste : http://www.devilpig.deviantart.com/

lundi 1 août 2011

Critiques 249 : CRUX, de Mark Waid, Chuck Dixon et Steve Epting

Crux est une série créée et écrite par Mark Waid en 2001 et publiée par CrossGeneration Comics. A partir du #13, Chuck Dixon remplace Waid comme scénariste. Steve Epting signe les dessins (avec des fill-in assurés par Paul Pelletier, Andy Smith et Paul Ryan). La série compte trente épisodes, mais seuls les 18 premiers ont été collectés en trois albums (deux autres avaient été annoncés mais n'ont jamais été publiés), et a été interrompue en 2004, suite à la banqueroute de l'éditeur.
Crux, Volume 1 : Atlantis Rising.

Les Atlantes vivent à l'abri des regards humains dont ils se sont auto-proclamés les protecteurs et guides, en raison de leurs supériorités physique, technologique et scientifique. Ce peuple se prépare à un rituel, la "transition", censé accéler encore leur évolution. Mais le processus déraille et la civilisation atlante est détruite. Un mystérieux étranger réveille six d'entre eux, qui découvre que dix mille ans se sont écoulés, que la race humaine a disparu, que des monstres les pourchassent et que la Terre est devenu un parc touristique exploité par la compagnie Terra Cognito. Alors qu'ils ne sont pas des guerriers, Capricia (une métamorphe), Tug (un colosse télékinésiste), Zephyre (dôtée d'un hypermétabolisme lui permettant de se déplacer et d'apprendre à grande vitesse), Galvan et Gammid (deux jumeaux maîtrisant le spectre électromagnétique) et Verytin (un gamin médium) tentent de comprendre ce qui s'est passé...
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Parmi toutes les séries éditées par CrossGen, Crux était la plus proche du registre super-héroïque et il n'est donc pas étonnant que ce soit une création du scénariste Mark Waid, auteur rompu à ce genre (on lui doit entre autres de fameux runs sur Flash pour DC Comics ou Fantastic Four pour Marvel Comics). La série est un team-book avec son lot de personnages dôtés de pouvoirs extraordinaires, issus d'une civilisation avancée et exotique (les Atlantes), obligés de s'allier pour faire face à une menace de grande ampleur.
Le style de Waid est reconnaissable : il excelle à camper des héros qui sont davantage des aventuriers, des explorateurs, des savants, que de purs justiciers, aux caractères affirmés et avec une dynamique de groupe très vivante. Une autre des originalités de Crux vient du fait que le leader de l'équipe est une femme (Capricia) qui apprend à diriger ses compagnons au fil de leurs aventures, en commettant des erreurs, et ignorant que l'étranger à qui elle doit, comme ses partenaires, son réveil est en fait son ancien compatriote Danik.
Waid utilise le personnage de Geromi, employé de la compagnie Terra Cognito, comme un point d'ancrage pour le lecteur, un individu normal auquel chacun peut s'identifier, qui prête assistance au groupe tout en n'en sachant guère plus qu'eux sur les raisons du cataclysme s'étant abattu sur la Terre. Le procédé n'est pas nouveau mais efficace, à l'image de l'entreprise.
Car, en vérité, Crux, si elle n'est pas une série désagrèable à lire, ne décolle pas vraiment (un comble pour un volume inaugural qui s'intitule Atlantis Rising, soit l'ascension d'Atlantis). Ces six premiers épisodes posent beaucoup de questions mais n'apportent aucune réponse (ou si peu) : comme exposition, c'est un peu long, même si on ne s'ennuie pas trop. Alors que Waid n'est pas un adepte de la narration décompressée, son écriture ici tourne au ralenti. C'est un mélange curieux de mythologie, de folklore, de fantastique et de super-héroïsme, mais où les combats d'usage sont rares, l'introspection domine (au point qu'un épisode entier s'attarde sur les pertes subies par chaque membre à cause de la "transition"). Tous ces éléments ne produisent pas vraiment d'éclats, manquent un peu de nerf et de relief, même si c'est juste assez intriguant pour continuer. En vérité, on a l'impression d'une série et d'un auteur qui s'économise... En attendant de grandes manoeuvres pour la suite ?
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Steve Epting dessine les cinq premiers chapitres, encré par Rick Magyar et mis en couleurs par Frank D'Armata : l'artiste livre des planches magnifiques qui sont pour beaucoup (l'essentiel même) dans l'intérêt qu'on peut accorder à Crux. Les personnages ont cette allure propre aux créatures d'Epting, inspiré par des classiques comme Alex Raymond, Nick Cardy, John Bellamy, ou John Buscema. Les décors sont également sompteux, donnant lieu à des double-pages mémorables. Et le découpage est à la fois simple et très élaboré, avec des compositions très intelligentes. Paul Pelletier assure une prestation digne du titulaire au 6ème numéro, plus sobre que ses récents (et indigestes) travaux.
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Comme souvent avec les productions CrossGen, c'est visuellement épatant mais narrativement plus incertain. Néanmoins, Crux est assez atypique pour faire l'effort de lire la suite, pour savoir si le projet tient ou non les promesses avancées par une équipe créative de premier plan.  
Crux, Volume 2 : Test of Time.

Avec l'aide de Geromi, l'employé de Terra Cognito, les sept Atlantes découvrent la présence d'humains en Australie. Ces derniers construisent un portail censé leur permettre d'accomplir la "transition". Mais les soldats de Negation sont toujours dans les parages et mènent la vie dure aux héros. Finalement, Gammid suit les humains tandis que ses camarades capturent un des soldats de Negation. Interrogé par Tug, il réussit à s'échapper après avoir collecté des informations sur les Atlantes...
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Ce deuxième tome ne vient, hélas ! pas redresser le cap du premier. L'histoire piétine, quand bien même Mark Waid évoque à plusieurs reprises un "grand plan" dont Capricia serait un des rouages essentiels, et qui, par conséquent, suggèrerait que la série suit aussi une direction pré-établie et de grande envergure. Il semble évident pourtant que le scénariste navigue à vue, manque d'inspiration et que son récit souffre d'un manque de souffle.
Un curieux intermède, à l'épisode 11 (dessiné par Andy Smith), sépare le tandem Verytin-Danik pour un retour dans le passé où Waid laisse entrevoir une sorte de révision de toute l'aventure, mais c'est un subterfuge qui ne fait que ralentir le déroulement de l'action. Or, Crux a déjà un gros problème de rythme et le dénouement de ce volume ne relève pas l'intérêt du lecteur.
Waid va d'ailleurs quitter le titre au terme de ce 12ème épisode. J'ignore les raisons de cette défection, même s'il est connu que plusieurs auteurs et artistes ont déserté CrossGen à cause de la personnalité de Mark Alessi, son co-fondateur. En tout cas, Waid a échoué à donner de l'intérêt à ce projet qui était pourtant son oeuvre et correspondait à ce qu'il sait si bien faire : un team-book d'aventures fantastiques. C'est Chuck Dixon, qui a écrit le magnifique El Cazador chez le même éditeur, qui le remplacera - mais on en reparlera avec le tome 3.
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La partie graphique est elle toujours impeccable et Steve Epting porte littéralement la série, même si, du coup, on a l'impression frustrante de lire un beau livre d'images plus qu'une bande dessinée digne de ce nom. Ses planches sont remarquablement ouvragées, et même la colorisation trop sombre et uniforme de Frank D'Armata ne suffit pas à gâcher le plaisir (pas plus que le fill-in très quelconque d'Andy Smith).
Dommage toutefois que Steve Epting n'ait pas collaboré avec un Mark Waid plus inspiré : un tel dessinateur avec un scénariste de ce calibre ressemblait à une de ces dream-team comme les comics en offrent parfois...
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A suivre avec les 6 derniers volets collectés en tpb, et un nouvel auteur aux commandes. 
Crux, Volume 3 : Strangers in Atlantis.

Les Atlantes rencontrent Aristophanes, qui est leur ancêtre, un moine-guerrier déterminé, et Thraxis, le dernier survivant d'une race extra-terrestre ayant combattu Aristophanes et ses troupes dans le passé. Avec ses renforts, Capricia et ses amis vont-ils pouvoir ranimer leurs semblables ? Cependant, Geromi se réfugie dans un village de style western, restauré par Terra Cognito, où il invite Zephyre et Verytin, mais où les attendent aussi Danik et deux mystérieux indigènes, aux projets inquiétants...
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C'est à partir de ce troisième tome que Chuck Dixon remplace donc Mark Waid à l'écriture de la série : dans un premier temps, son arrivée redynamise le récit où il introduit les personnages d'Aristophanes et Thraxis et dévoile un pan entier des origines des Atlantes. Mais le soufflé, en vérité, retombe vite et l'histoire sombre dans des directions fumeuses, ajoutant de nouvelles énigmes à celles initiées par Waid sans apporter de solutions, et surtout sans que le rythme soit plus trépidant, la narration étant aussi (sinon plus) décompressée.
La fin de ce volume est intriguante avec ce décor de western, franchement décalé après l'arrière-plan plus traditionnellement fantastique de la série jusqu'ici, et c'est un peu frustrant de ne pas savoir où cela va mener. En effet, comme je l'ai dit au début de ces critiques, les derniers épisodes de Crux n'ont jamais été collectés en albums (deux recueils supplémentaires furent annoncés sans avoir été publiés, et bien que Marvel ait récemment relancé certains titres CrossGen, rien n'indique que des rééditions soient envisagées)... Mais en fin de compte, j'ai été trop déçu par l'expérience pour aller plus loin ( j'ai acquis ces trois livres d'un seul coup, pour un prix modique, mais en ignorant alors que je n'aurai pas tous les épisodes : c'est une leçon à retenir - toujours se renseigner sur le contenu avant de sauter sur une occasion).
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La réunion de Steve Epting avec son scénariste d'El Cazador s'avère donc moins satisfaisante que pour leur histoire inachevée de pirates. Néanmoins, l'artiste produit encore sur ces épisodes des planches de toute beauté, au découpage plus simple (voire plus sommaire, avec de plus grandes cases, plus de splash et double-pages).
Le chapitre 17 est dessiné par Paul Ryan, encré par le vétéran Pablo Marcos, pour un résultat, en comparaison avec le travail d'Epting, très décevant.
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Crux est donc une déception : la preuve qu'une équipe créative prometteuse ne suffit pas forcèment à produire une oeuvre à la hauteur du talent de ses créateurs. Heureusement, depuis, Waid et Epting ont prouvé que cette étape n'était qu'un faux pas, mais cela résume finalement bien ce qu'a donné CrossGen : des bandes dessinées souvent séduisantes mais pas forcèment mémorables, encore moins indispensables.

Critiques 248 : REVUES VF AOÛT 2011

X-Men 6 :


- X-Men Legacy 238-239 : Collision (1 & 2/4). Après la rude bataille qui a opposé les mutants à la super-sentinelle Bastion et son armée de Nemrods, Cyclope confie à Malicia le soin d'accompagner Indra en Inde où ses parents le réclament pour qu'il épouse la fille promise à son frère, mystérieusement tombé dans le coma. Sur place, Magnéto détecte des anomalies électro-magnétiques lorsque surgit une certaine Luz, poursuivie par les Enfants de la Crypte, résidant dans une dimension parallèle...




Mike Carey entame un arc en quatre parties qui entraîne le lecteur en Inde, un décor exotique parfait pour organiser la rencontre avec ses mutants favoris (le couple Malicia-Magnéto et quelques-uns de leurs élèves) avec des adversaires apparus il y a déjà quelque temps (dans des épisodes illustrés par Chris Bachalo et Clayton Henry). Legacy est un titre à part dans la galaxie mutante, qui possède une vraie voix, et dont les protagonistes ne sont pas les vedettes habituelles (Wolverine, Cyclope, Emma Frost...). Le décor, l'intrigue qui se met en place, les acteurs promettent une histoire originale (dont la fin sera publiée dès le mois prochain, avec les deux derniers actes).




Clay Mann revient au dessin et livre de très belles planches, traversées par de superbes créatures féminines (il est l'un des plus brillants dans cet exercice avec Cliff Chiang). Son style évoque celui d'Olivier Coipel, avec un trait plus épuré et un peu plus raide, bien mis en valeur par l'encreur Jay Leisten.


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- X-Men 530 : Quarantaine (1). Simultanèment, quatre récits sont exposés : dans le premier, Emma Frost avec Kitty Pryde et Fantomex exfiltrent Sebastian Shaw d'Utopia pour s'en débarrasser (mais Kitty s'oppose à son éxécution) ; dans le deuxième, une épidémie grippale touche Utopia et oblige Cyclope à mettre l'île en quarantaine ; dans le troisième, un homme multiple chinois commence à réorganiser le racket à Chinatown; et enfin, dans le quatrième, John Sublime donne à cinq cobayes des pouvoirs semblables aux premiers X-Men.




Pour son dernier arc sur la série (avant de passer le relais à Kieron Gillen), Matt Fraction étale ses défauts récurrents : ça part dans tous les sens, en proposant des idées majoritairement téléphonées (le lien entre l'épidémie et John Sublime est évident) ou prétexte à éloigner des personnages (Kitty s'opposant à Emma sur le sort de Shaw). Quant à ce mutant chinois, on se demande bien ce qu'il fait là, la barque étant déjà chargée. Le problème est qu'en multipliant les pistes, aucune d'elles ne vous accroche vraiment : qui trop embrasse, mal étreint...




Les illustrations outrancièrement photoshopées et colorisées lourdement (par Justin Ponsor) de Greg Land, avec ses éternelles personnages souriant comme des demeurés même dans des situations critiques et ses décors sans âme, ne font qu'ajouter à la médiocrité.


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- Les Nouveaux Mutants 16 : La Chute (2). Le général Ulysses, après de longues années en enfer (littéralement), revient tracasser les mutants. Il a déjà capturé Pixie et formé une équipe de soldats pourvus de pouvoirs...




Comme je n'ai pas acheté la revue le mois dernier, et donc pas lu le premier épisode de cet arc, je suis entré difficilement dans celui-ci où les héros de la série n'apparaissent pas. Zeb Wells a l'air d'avoir mis sur pied une idée intéressante, sans être renversante d'originalité, mais la suite nous dira s'il transforme l'essai.




Leonard Kirk illustre ça efficacement : ce dessinateur inégal a retrouvé du poil de la bête, il s'encre à nouveau lui-même (même s'il est meilleur quand un autre s'en charge) et la colorisation des studios Guru FX est soignée.


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Bilan : pas dit que je renoue avec la revue sur le long terme puisque seul Legacy m'a vraiment motivé à acheter ce numéro. Mais j'en serai encore le mois prochain pour la fin de Collision, et la suite de New Mutants.


X-Men Universe 6 :




- X-Men 4 : La Malédiction des Mutants (4). Wolverine a été vampirisé par Jubilé et a donc rejoint les rangs de l'armée de Xarus qui s'apprête à soumettre San Francisco et Utopia, l'île où résident les mutants. Cyclope refuse la proposition d'alliance que lui fait Xarus : les hostilités peuvent commencer...

Ce nouveau volet de la saga X-Men vs Vampires laisse aussi indifférent que les précédents. Ce n'est pas désagrèable à lire, mais c'est aussi vite oublié, et pour tout dire c'est assez grotesque quand on s'amuse à examiner certains éléments narratifs. Un exemple est éloquent : Wolverine possède un facteur auto-guérisseur, qui l'a à de maintes reprises sauvé par le passé d'agressions particulièrement grâtinées (comme d'être infecté par les Broods, des aliens - épisodes de Claremont et Smith), et de super-sens. Mais il est incapable de résister au vampirisme et avant cela de détecter la contamination de Jubilé ! Visiblement, Victor Gischler n'a pas du réviser ses classiques...

Les dessins de Paco Medina ont le mérite de ne pas s'inscrire dans la veine hyper-réaliste tellement à la mode aujourd'hui, mais il n'empêche que l'expressivité de ses personnages est très limité et que la colorisation de Marte Gracia n'arrange rien. C'est, au mieux, moyen.


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- X-Force 1 : La Solution Apocalypse (1). Wolverine, Archangel, Psylocke, Fantomex et Deadpool forment une équipe pro-active, résolue à régler certaines menaces contre les mutants par tous les moyens nécessaires - et ce bien que Cyclope ait défendu ses membres de mener leurs missions. Mais quand Archangel, grâce à Deadpool, est convaincu qu'Apocalypse, responsable de la transformation de ses pouvoirs, est sur le point de resurgir, la X-Force repart faire le ménage...



Après un prologue tout à fait dispensable (et au dessin affreux, signé Leonardo Manco), la nouvelle version d'X-Force débute donc ses aventures sous la direction de Rick Remender, le scénariste de l'épatant FrankenCastle. C'est clair qu'on n'est pas là pour rigoler, cette fois (quand bien même le personnage de Deadpool semble être là pour injecter de l'humour au projet), et cette équipe de black-ops met encore à l'honneur Wolverine (déjà présent dans X-Men, Uncanny X-Men, Avengers, New Avengers, X-Force donc et sa propre série: n'en jetez plus ! Cette surexploitation du personnage devient absurde, quand bien même on n'est pas obligé de tout lire, comment fait-il pour être partout ?). Mais ce premier épisode est accrocheur, à la hauteur de ses très bons échos.

Il faut dire que le choix de Jerome Opena pour illustrer ce titre contribue énormèment au plaisir de sa lecture : l'artiste s'y révèle un storyteller redoutablement efficace et sa collaboration avec le coloriste Dean White est une réussite exceptionnelle (étonnant quand on compare ce que ce dernier commet sur Avengers par exemple). Visuellement, c'est tout à fait bluffant.


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- Facteur-X 210 : Effacer le passé. Monet aide une cliente, hantée par ses souvenirs sur le front militaire, à se débarrasser de ses cauchemars - mais elle ignore qu'elle a libéré du même coup une mutante criminelle à la recherche de généraux ayant trafiqué sa mémoire. Pendant ce temps, Rictor accompagne Rahne Sinclair à son échographie - mais l'examen aboutit à une curieuse (et plutôt inquiètante) surprise pour les parents.



Peter David opère un break inattendu dans l'histoire qu'il avait commencé, délaissant les personnages de son équipe en mission (et en fâcheuse posture) à Las Vegas, pour s'intéresser à trois autres membres, restés en arrière. Les deux récits qu'il traite ici sont à l'évidence destinés à être développés dans le futur. C'est dans les deux cas intriguant, et la partie avec Rahne et Rictor est émaillée de dialogues vraiment bien troussés.

Valentine De Landro illustre cet épisode, dans un style proche de Maleev, avec visiblement des photos retouchées, au rendu pseudo-réaliste statique. C'est beaucoup moins attrayant que ce que fait Emanuela Lupacchino, même si ça convient à ce chapitre plus calme et introspectif.


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- X-Men 526 : Reconstruction. Tandis que les mutants s'affairent à des travaux de réparation sur Utopia, Magnéto apprend que Wiccan et Speed, deux des Jeunes Vengeurs, sont peut-être ses petits-fils...

Ces 9 pages sont en fait une back-up de la série Uncanny X-Men (série qui paraît dans la revue ... "X-Men" - une nouvelle excentricité éditoriale de Panini !). Ecrit par Allan Heinberg, ce segment préfigure la mini-série Young Avengers : Children's Crusade (qui sera, elle, publiée dans "Marvel Top" 4 !), et malgré sa briéveté, il est plus captivant que tout ce que j'ai pu lire de Matt Fraction sur les mutants !

Mais, là encore, c'est son dessinateur qui fait la différence : en effet, Olivier Coipel revient animer, brièvement, mais ô combien superbement, les mutants, et ses planches sont magnifiques. Ah, quel dommage que le français ne revienne pas nous gratifier d'un arc ou d'une mini-série avec les X-Men, comme lorsqu'il fit équipe avec Claremont ou Bendis (pour House of M)...


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- Rocket : Le Malentendu. Voilà un autre bouche-trou qui porte bien son titre car je me demande bien ce qu'il fait là et comment même Marvel a pu accepter de publier ces 9 pages écrites, dessinées, colorisées et lettrées par un certain Corey Lewis dont j'ai du mal à croire qu'il soit payé pour ça.


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Bilan : cette revue a des allures d'auberge espagnole avec son sommaire hétéroclite. Mais rien que pour la back-up d'Heinberg et Coipel, X-Force et Facteur-X, ça vaut l'achat.

Marvel Stars 7 :


- Les Vengeurs Secrets 8 & 9 : Les Yeux du Dragon (3 & 4). Pour capturer le fils de Zheng Zu, John Steele, Max Fury et les soldats du Conseil de l'Ombre attirent Steve Rogers et ses acolytes dans un piège, permettant d'enlever Sharon Carter pour l'échanger avec Shang-Chi. Tandis que le passé commun de Rogers et Steele se révèle, la recontre entre les deux super-soldats aboutit à un combat âpre et violent, qui tourne à l'avantage de Steele. Mais Rogers n'a pas dit son dernier mot et ce, même si Shang-Chi est désormais aux mains de son père, qui compte le sacrifier...


Ed Brubaker propose deux nouveaux épisodes magistraux où il manie des ingrédients dont il est friand, avec des coups de théâtre, des intrigues, des révèlations sur le passé de ses protagonistes. La série affiche des liens directs avec Le Projet Marvels, sa mini-série sur les origines des premiers super-héros, et donne donc une perspective épatante à tous les titres écrits par le scénariste, articulés autour de Steve Rogers.


Mike Deodato illustre ces deux chapitres (à l'exception des deux dernières planches du n° 9, par Will Conrad) avec maestria, excellant particulièrement dans les scènes d'action spectaculaires à souhait. La colorisation de Rain Breredo donne un grain magnifique à cette production, avec notamment des flashbacks sur fond sépia.


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- Thunderbolts 150 : Les Retrouvailles (1). Excédé par l'indiscipline de l'équipe, Luke Cage décide, après une dernière mission, de rendre son tablier. Il écarte Moonstone et embarque le Fléau, le Fantôme et Crossbones pour une virée en compagnie de Thor, Iron Man et Steve Rogers. Le Fantôme profite du voyage pour s'échapper avec ses partenaires mais expédie tout le monde dans une dimension parallèle...



Jeff Parker poursuit dans le registre délirant qu'il a imprimé à la série depuis le début de l' "Heroic Age" et invente une nouvelle aventure improbable à la mesure des coups tordus que jouent ses affreux jojos à leur boss. C'est, disons-le tout net, du grand n'importe quoi, mais c'est plutôt drôle.

Quel dommage alors que la série ne bénéficie pas d'un dessinateur à la hauteur ! Kev Walker reprend le crayon, après le brillant intérim de Declan Shalvey, avec toujours les mêmes faiblesses : expressivité réduite des personnages (sans parler d'une gestuelle limitée), absence de décors, découpage sommaire... Regrettable, vraiment, car avec un bon artiste, ce titre serait fantastique.



(A noter que ce 150ème épisode est stupidement coupé en deux par Panini : c'est vrai qu'il aurait été dommage de se priver des Secret Warriors...)

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- Secret Warriors 22 : La Nuit (3). J'ai survolé cet épisode dont le dessin (de Vitti) est toujours un vrai repoussoir (exception faîte des trois dernières pages, même si elles ne sont pas extraordinaires non plus). Comment j'ai appris à me méfier d'Hickman et que ni cette série ni cette histoire ne m'ont accroché, autant zapper.


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Bilan : positif - Secret Avengers reste remarquable, T-Bolts manque d'un dessinateur à la hauteur, et plus que 6 épisodes à supporter pour Secret Warriors (mais d'ici là, j'aurai sûrement cessé d'acheter la revue).


Marvel Icons 7 :


- Les Nouveaux Vengeurs 6 : Possession (6). C'est l'heure de vérité pour nos héros : Wolverine défie Agamotto dans le plan astral pour un combat à mort dont dépend la survie de notre dimension. Mais la situation, comme on pouvait le redouter, dégénère rapidement car le mutant est malmené et surtout Daniel Drumm, le frère fantôme du Dr Vaudou, se mêle à leur duel et oblige le sorcier suprême à s'engager à son tour. Tout ça ne va pas bien finir...

Retour au grand spectacle avec cet ultime chapitre de l'histoire écrite par Brian Bendis : les personnages de Wolverine et Dr Vaudou sont mis en avant et l'issue du match déjoue les règles de la happy end. En effet, le scénariste conclut son récit avec la promesse d'un troisième round magique et d'une vengeance. On pourra trouver que cet arc ait été un peu long (un épisode en moins n'aurait pas été plus mal) et mais ceux qui auront goûté à Search for the sorcerer supreme (NA, vol. 1, #51-54) et à cette Possession seront impatients d'assister à la "belle".


Stuart Immonen illustre sa partie avec sa classe habituelle, traduisant parfaitement l'aspect épique et tragique de l'affrontement. Laura Martin et Rain Breredo (le partenaire de Deodato) se sont partagés le soin de mettre cet épisode en couleurs, la contribution du brésilien étant visible dans la partie qui se déroule dans le plan astral.


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- Captain America 610 : Sans issue (5). Là où il avait affronté le premier Baron Zémo et péri durant le seconde guerre mondiale, Bucky retrouve le fils de son ennemi pour un nouveau duel. Mais le méchant cherche moins à vaincre physiquement le héros qu'à lui prouver son illégitimité à être Captain America, a fortiori depuis le retour de Steve Rogers...



Ed Brubaker revient sur les lieux du crime et impose à Bucky Barnes un véritable test qui est finalement plus éprouvant moralement que physiquement : le mobile de Zémo est de démolir psychologiquement le héros et la fin de l'épisode, où le méchant s'échappe, ne marque assurèment pas le terme des ennuis qui attendent le nouveau Captain America. C'est brillant et cela promet beaucoup pour la suite (qui sera publié dans un HS, Panini ayant chamboulé ses publications en prévision de la saga Fear Itself cet automne).

Butch Guice, encré par Rick Magyar, illustre avec beaucoup d'énergie cet épisode, dont le trait, le découpage sont clairement influencés par John Buscema (à l'évidence, l'artiste a voulu rendre hommage au maître dans cet arc, quitte à livrer une copie peu personnelle).


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Et après ? "C'est le drame..."

Parlons peu, parlons bien : je n'ai pas lu Iron Man, je ne lis plus cette série depuis de longs mois, le dessin me rebute, et même en feuilletant l'épisode, j'ai l'impression que rien ne s'y passe, en tout cas, ça ne ressemble pas à un comic-book, aucun méchant identifiable, aucune bataille digne du genre. Je ne sais pas ce que c'est, mais ça n'est pas le Iron Man que j'ai aimé.

Et Fantastic Four : là aussi, c'est mochissime, et j'en veux énormèment à Hickman d'avoir défiguré cette série que j'ai tant aimé, celle avec laquelle Byrne m'émerveillait, Waid et Wieringo m'enchantaient.


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Bilan : partagé, forcèment - New Avengers et Captain America sont les deux seules raisons qui motivent l'acquisition de la revue. Le reste est une insulte aux séries et aux auteurs qui les ont sublimés jadis.