dimanche 27 septembre 2015

Critique 714 : SPIROU N° 4041 (23 Septembre 2015)


Enfin, cette semaine, nous voilà débarrassés pour un bon moment des stupides Nombrils (ce dernier épisode est au diapason des précédents : d'une bêtise crasse dont je me demande qui elle peut faire rire, même si ses auteurs visent plus haut...). Boni figure sur le bandeau mais la création de Ian Fortin, compatriote de Dubuc et Delaf s'en sort un peu mieux.
J'ai aimé :

- Dad. L'art de la chute n'aura jamais été mieux mis en scène que dans ce nouveau gag de la série de Nob, absente depuis deux semaines de la revue.

- Seuls : Avant l'Enfant-Minuit (3/7). La situation devient critique pour les jeunes héros qui sont capturés par leurs ennemis. L'occasion pour les plus petits de la bande de briller...
Tant bien que mal, j'arrive à peu près à comprendre le récit, son contexte, ses enjeux. Vehlmann et Gazzotti donnent des clés pour cela dans l'interview passionnante qui ouvre l'épisode de cette semaine. 
L'atout majeur de Seuls demeure surtout son efficacité narrative et graphique : même si on est perdu, le récit vous accroche et ne vous lâche plus.

- Boni : Le Chien en ballon. Le petit lapin essaie de convaincre son acariâtre grand-père de lui façonner un chien avec un ballon gonflable : c'est pas gagné... Si je continue à croire que le titre gagnerait beaucoup à diversifier son casting en l'élargissant pour créer de nouveaux gags, Bon reste marrant, même si le rire qu'il suscite joue sur un sadisme étonnant.

- Les Poissards : L'Immortel. Les vikings pillent un château dans les Carpates et les jumeaux vont délivrer le propriétaire de l'endroit : mauvaise idée... Après son excellent stripbook offert aux abonnés la semaine dernière, Thierry Martin revient avec ce nouveau récit de 5 pages tout aussi jubilatoire : ce gars-là est (trop) rare mais vraiment brillant, avec un sens du gag que son art du découpage (un gaufrier fabuleusement exploité) rend irrésistible. De la très belle ouvrage, qu'on souhaiterait voir plus souvent.

- Kinky & Cosy. Nix a un humour très spécial qui ne me touche pas toujours, mais ses quatre strips de la semaine sont réjouissants, avec une noirceur épatante.

- Happy Birds. En fait, je me rends compte que les comic-strips sont redevenus très tendance : l'exercice est pourtant périlleux, exigeant une économie narrative et graphique stricte. Mais quand c'est bien fait, c'est incomparablement rafraîchissant, à l'image de la production de Trondheim (plus inspiré qu'avec son Ralph Azham qui se traîne) et Piette.

- L'Atelier Mastodonte. Jousselin et Jouvray sont à la manoeuvre cette semaine : L'Atelier Colosse est au centre des deux doubles strips, et la mise en abyme est renforcée par l'évocation du Gang Mazda (une ancienne bande animée par Darasse, Hislaire et Tome). Mastodonte ou Colosse ? J'ai choisi.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris sont très en forme : deux cases leurs suffisent chacun pour des gags toujours aussi absurdes et drôles.

- Game Over. Midam invente une marelle explosive. Avec un dessin plus original, ses gags seraient fabuleux, mais l'exercice reste plaisant.  

En direct de la rédak donne la parole à Dubuc et Delaf qui reviennent donc sur la conclusion des Nombrils : rien de passionnant. Dans deux semaines, la revue consacrera un n° spécial à l'occasion de la Fête des Sciences (avec Gaston en couverture, pour la première fois dessiné par Yoann). La semaine prochaine, début de la pré-publication d'une nouvelle aventure du Marsupilami.
Les aventures d'un journal revient sur l'arrivée dans la revue de Germain et nous de Jannin, accueilli au départ dans Le trombone illustré de Franquin et Delporte, soit en pleine guerre interne (puisque le rédac'chef détestait cette publication dissidente).

Le bonus pour les abonnés est consternant et résulte d'un embrouillamini incroyable : il devait s'agir d'un tattoo des Nombrils, mais à la suite d'une erreur de fabrication, c'est un sticker (d'une invraisemblable mocheté). Le tatto sera offert avec le n° 4044 (était-ce bien nécessaire ?)... Tout ça donne l'impression que la rédaction ne sait plus quoi ajouter en supplément pour les abonnés.

Pour la route, une info que la revue ne donne pas mais que j'ai apprise sur spirou reporter : le prochain tome de Spirou et Fantasio, par Vehlmann et Yoann, ne sera pré-publié que début 2016, mais comptera 56 pages pour le retour attendu du Marsupilami aux côtés des héros.

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