mardi 26 avril 2011

Critique 223 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 1 - SPIDER-MAN, de J. Michael Straczynski et John Romita Jr

Alors que de nombreuses adaptations cinématographiques de comics Marvel vont sortir en salles (Thor, Captain America, X-Men : First Class, Avengers...) dans les prochains mois, Panini propose aux amateurs et aux connaisseurs une nouvelle collection de dix livres (assortis à chaque fois d'un fascicule reprenant la mini-série Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross) en format softcover de 144 pages.
Le premier volume met évidemment en vedette Spider-Man, dont une nouvelle version filmée vient d'être tournée (réalisée par Marc Webb, avec Andrew Garfield, sortie prévue le 4 Juillet 2012), et reprenant les épisodes 57-58-500-501-502 du run de J. Michael Straczynski et John Romita Jr, datant d'Octobre 2003 à Février 2004.
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- Joyeux Anniversaire (1-3) est un récit se situant après la découverte de la double identité de Peter Parker par sa tante May. Assistant, une nuit d'orage, à l'invasion de New York par les sans-esprits (les lecteurs de Nextwave se souviendront de ces créatures auxquelles Ellis et Immonen faisaient subir un sort hilarant), Spider-Man rejoint dans la bataille les 4 Fantastiques, Iron Man, Thor, Cyclope et Dr Strange. Le sorcier suprême comprend qu'il s'agit d'une manoeuvre de Dormammu pour contrôler cette dimension, mais dans le feu du combat, Spidey trouble Strange et doit faire face à la fois à son passé et à son futur - l'occasion de croiser ses pires ennemis et de revivre des choix douloureux...

- Un samedi au parc avec May met en parallèle les doutes qui assaillent la tante de Peter Parker depuis qu'elle a appris qu'il était Spider-Man, tout en sachant qu'elle ne peut rien faire pour qu'il change de vie.

- Vous prendrez bien un pantalon avec ça ? présente la rencontre entre Spidey et le tailleur Leo Zelinsky qui travaille à la fois pour repriser les vêtements de super-héros et de super-vilains - rencontre dont le dénouement renvoie le Tisseur à une des scènes du futur qu'il a vue lors de son voyage dans le temps durant le combat entre Dormammu et Dr Strange.
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A ces 5 épisodes, s'ajoutent deux courts chapitres dispensables (Le fils de mon frère et Si j'étais Spider-Man), des back-ups du n° 600 de la série, dont on se demande ce qu'ils font là, si ce n'est complèter le sommaire pour que l'album compte 144 pages...
Les histoires du duo JMS-JR Jr ont marqué une étape dans la publication du titre puisque Marvel décida à l'époque de renuméroter la série en effaçant le volume 2 et en la reprenant au n°500 - ce qui donna lieu à un épisode exceptionnel de 30 pages (dont les quatre dernières dessinées par John Romita Sr).
Comme d'habitude avec JMS, l'histoire, même si elle n'est pas avare en action, fournit le prétexte à une réflexion subtile sur la condition de héros et la situation de Peter Parker. Auparavant, le scénariste avait osé ce qu'aucun avant lui n'avait écrit - May découvrant la double vie de son neveu - et cela allait impacter durablement la série, comme en témoigne Un samedi au parc avec May.
Mais Straczynski en profite aussi pour s'amuser avec la chronologie de la série, en revenant sur des séquences mémorables et en en montrant d'autres dans un des futurs possibles : on y voit un Tisseur vieilli, devenu fugitif, affrontant la police et même trouver la mort. Bien qu'il soit resté six ans sur le titre, ce genre d'anticipations prouvait que JMS avait des projets à très long terme pour le personnage - malheureusement, son run s'achèvera à cause d'un caprice d'éditeur (Joe Quesada ne supportant plus le mariage de Peter et MJ Watson) et depuis la série a perdu beaucoup de son intérêt.
Néanmoins, le choix de ces épisodes, pourtant agrèables, ne constitue pas le sommet de la période Straczynski et reste discutable pour initier de nouveaux lecteurs. Panini serait plus inspiré de rééditer tout ça dans une vraie collection consacrée au lieu de disséminer ça au gré de best-of désordonnés.
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John Romita Jr, parfaitement encré par Scott Hanna (un partenaire qui le met bien mieux en valeur que Klaus Janson) et mis en couleurs par Matt Milla (là aussi pour un bien meilleur résultat que Dean White), y livre des planches d'une énergie folle, qui donne un rythme infernal à ces épisodes. Et, au milieu de tout cela, il y a des double-pages proprement ahurissantes, sur lesquelles il faut s'attarder pour en profiter pleinement.
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Prochain album de ces "Grandes Sagas" : Thor par Dan Jurgens et (encore) Romita Jr. A suivre donc.

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