vendredi 8 novembre 2019

LEGION OF SUPER HEROES #1, de Brian Michael Bendis et Ryan Sook


Nous y sommes. Où ça ? Au XXXIème siècle ! Brian Michael Bendis relance Legion of Super Heroes - ou plutôt nous y introduit car sa version se veut résolument "reader's friendly", accessible pour tous. La mission est accomplie pour cet épisode mené tambour battant. Et, n'ayons pas peur de le dire, somptueusement dessiné par Ryan Sook.


Ultra Boy a pris en chasse un vaisseau Horraz, la pire espèce de la galaxie. La poursuite s'achève sur la planète Gotham quand il parvient à le stopper. Mais il est alors attaqué par Mordru qui veut récupérer le contenu du véhicule. 


Karaté Kid, Wildfire et Star Boy viennent en renfort à Ultra Boy pour empêcher cela et réussissent à éloigner leur adversaire. Dans un container du vaisseau, ils découvrent alors l'objet de sa convoitise : le trident d'Aquaman, disparu depuis un millénaire.


Pendant ce temps, Superboy débarque à New Metropolis en compagnie de Saturn Girl qui le présente à la Légion des Super Héros. Impressionné par le nombre de ses membres et leur accueil chaleureux, il est aussi dérouté par cet environnement.


Jon Kent s'envole et découvre que la ville est sous cloche et sert de quartier général à la Légion. Celle-ci lui explique alors le funeste destin de la Terre, quasiment détruite et qu'on s'emploie depuis à rebâtir. 



Superboy accepte enfin de suivre les légionnaires pour sa cérémonie d'orientation lorsqu'une alerte les oblige à gagner leur QG. Ils y retrouvent Wildfire, Star Boy, Karaté Kid et Ultra Boy qui leur montrent ce qu'ils rapportent... Et qui a attiré les Horraz, désireux de récupérer le trident d'Aquaman !

Il semble bien que la venue de Brian Michael Bendis a été conditionné à deux titres : sa volonté d'écrire Superman (et aussi Action Comics) et son souhait de relancer Legion of Super Heroes. Un an et demi après son arrivée chez son nouvel éditeur, et après avoir préparé le terrain dans les pages de Superman, Bendis exauce enfin son rêve.

Absent de "DC Rebirth" (tout comme la Justice Society of America, qui a repointé le bout de son nez dans la Justice League de Scott Snyder - avant d'avoir sa propre série en 2020 ?), la Légion n'est pourtant plus depuis belle lurette une série à succès. Mais elle a une fan base fidèle et insistante. Par ailleurs, dans sa saga Doomsday Clock, Geoff Johns (autre fan du titre) avait réintroduit Saturn Girl. Reste à savoir dans quelle mesure Bendis y fera référence (car il a affirmé que sa série n'était pas détachée de l'histoire de Johns)...

Bendis ne part pas avec un public conquis puisqu'il s'est servi de Jon Kent comme personnage relais pour initier sa version de la LoSH, et nombre de lecteurs ne lui pardonnent toujours pas d'avoir transformé le fils de Superman en ado (ces lecteurs ne lui pardonneront jamais sans doute). Et d'autres ont déjà râlé après les redesigns effectués par Ryan Sook, au prétexte qu'il aurait mieux valu conserver les costumes rétros des héros du XXXIème siècle (et tant pis si c'était absurde).

Pourtant, tous ces grincheux feraient bien de donner sa chance à cette série. D'abord parce que, sinon, les légionnaires retomberont vite dans leurs oubliettes. Et ensuite parce que le résultat est drôlement encourageant. Bendis y manifeste un amour sincère pour ces personnages et ne perd pas de temps pour situer son projet. Il y a beaucoup de rythme pour un premier numéro, de l'action, de l'émotion. Il est difficile de faire la fine bouche.

L'intrigue se concentre sur le trident d'Aquaman porté disparu depuis mille ans, et qui aurait le pouvoir de ramener les océans sur un monde qui en est privé. En effet la Terre a été quasiment anéantie et la vie s'est installée sur des mondes périphériques qui portent les noms de grandes villes de jadis (New Metropolis, Planète Gotham). Evidemment la relique attire les convoitises. Tout comme la présence de Superboy dans cette époque ne ravit pas tout le monde - la présidente des Planètes Unies la première...

Et puis cet épisode est splendide visuellement. Ryan Sook est un dessinateur de grand talent mais dont on pouvait se méfier pour un projet d'une telle ampleur. Il est évident qu'il ne dessinera pas tout seul tout, il est d'ailleurs assisté à l'encrage par l'excellent Wade von Grawbadger, mais bigre, il aligne des planches magnifiques pour ce numéro un.

La scène d'ouverture permet d'apprécier l'efficacité de son découpage dans un mouvement d'action spectaculaire. La suite fait la part belle au casting pléthorique de la Légion et, pour ma part, je suis admiratif d la variété des designs, des physionomies que Sook a su donner à tous ces personnages (une bonne trentaine). On peut y lire un manifeste, partagé avec Bendis, de faire des légionnaires des individus issus de toutes les races possibles et pas simplement une bande de post-ados caucasiens et d'aliens. 

Les décors ont aussi fait l'objet d'attentions particulières, il suffit de contempler cette vue d'ensemble de Metropolis depuis le ciel pour s'en rendre compte. La richesse des architectures futuristes est bluffante, tout comme la double-page où on découvre ce qui reste de la Terre traité dans un clair-obscur à couper le souffle. Les couleurs de Jordie Bellaire ajoutent à l'émerveillement.

C'est une très belle production que nous offrent DC, Bendis et Sook : ils frappent fort et s'il faut désormais confirmer, on se dit que tout est fait pour que vive longtemps la Légion ("Long live the Legion !" pour reprendre la devise de la série).   

La variant cover de Ryan Sook
La variant cover de Bryan Hitch

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